M HISTOIRE
fol eonslniit au 13* siècle (i), était tombé dans le domaine royal par folte d'acquisition. Tliévart le jugea admîrablefAent
bien situé pour l'établissement de ses ateliers, et il demanda au roi la permission de les y -placer. Louis XI V avait trois faisons ponr la Ini accorder : d'abord , le désir de fiiToriser riodostrie encore timide de la fabrication des glaces dans le royaume; ensuite, la perspective de vendre avantageusement sur piace le bois provenant de la lorét de Saint-Gobaia qui loi appart^it ; enfin celle de se défaire de ruines dont il ne pouvait autrement Urer parti. Il autorisa donc Thévart a se loger provisoirement dans le château de Sainl-GobaÎD, et celui-ci vint s'v installer en 1689.
Une fois bien établi « Tbévart ne tarda pas k faire &ife de notables progrès ë la fabrication des glaces. Il parvint d'abord à leur donner une plus belle eau en employant dans leur coulage le sel extrait de la soude d'Alicante ; puis , il agrandit peu k peu leurs dimensions « de telle sorte qu'il réussit II en couler de 190 pouces de haut sur 72 de large.
La prospérité du nouvel clablisseraent excita bientôt la jalousie de celui de Tour-la- Ville, et la mésintelligence éclata entre les deui usines rivales. Louis XtV craignant que cette dis-^ corde ne fllt fatale li Uune comme li Pautre, publia en IGdS, pour y mettre un terme, des lettres patentes dans lesquelles il déclarait que : c Voulant conserver dans le royaume une entreprise aussi importante, et l'empêcher de s'aller établir dans les états voisins, il arrête quMI n'y aura plus en France qu'une seule et unique manufacture de glaces. » Les deux sociétés furent dès-lors réunies kSaint-Gobain , dont le roi , quatre ans après, leur vendit le château. Mais cette réunion, par le moyen de laquelle Louis XIV avait cru fiier à ja^
(I) Voyes notre Hittoirede Caucy^ page 369.
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mais rindttsirie deé glaces dans h royanme « eot on effet
tout coniraire et faillit causer sa ruine.
Le privilège des deux compagoies réunies , fut accordé pour trente ans sons le Dom de François Plâtrier. On s'aperçot bien vite qae Thévart n'dlait plus b la téte de Tentreprise, car la mauvaise adAfinislralion de Pialrier ne tarda pas à porter des fruits amers. Dès Tannée 1701, ou se vit dans la nécessité d'éteindre plusieurs foars et de congédier nne partie des ouvriers; et, coaraie depuis le moment encore peu éloigné de sa formation, la compagnie nouvelle s'était endettée, eUe fut encore contrainte de solliciter un arrêt desniséance pendant deux ans pour pouvoir payerses dettes.
Ce moment fut des plus critiques pour Pindustrie des glaces en France. Les onvriers congédiés de Saint-Gobaia par suite du manque d'ouvrage , passèrent à l'élranger et tentèrent d'y fonder des établissemens rivaux. Heureusement dillërentes causes les empêchèrent de réussir. Une partie d'entre eux se retira alors dans la principauté de Dombes, où, sous la protection du dac de Maine, ils établirent la manufacture de Montmerie. Heureusement encore, et par snîte sans doute d'une mauvaise administration , la compagnie s'endetta, et le roi ayant, en 1708, refusé l'entrée du royaume à Técoulement de ses produits, elle se vit contrainte d'éteindre ses fours et de se dissoudre.
Pendant ce temps , nne autre compagnie s'était formée pour l'exploitation de la manu[actufc de Saint - Gobain. Louis XI Y lui avait encore accordé, en 1702 un privilège, de trente années, sous le nom d'Antoine d'Agincourt. Cette nouvelle compagnie parvint k ramener la prospérité dans
rétablissement. Les ouvriers dont l'expatriation volontaire était une menace incessante de concarrence fâcheuse, revinrent peu k peu, et| avec eux , les beaux produits et les
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commandes nombreuses. CcUc usine atteignit dès-lors dc<< proportions qu'elle n'avait jamais eues : sa prospérité peut être soupçonnée par le chiffire do bois et des antres objets qu'elle eonsommaît dans sa fabricalion : il lui fallait par
année, quinze mille cordes de bois de lu'tre, quinine milUohs de livres pesant de soude, deux millions de livres de sable et qainssê mUle Iwrn pesant de terre réfractaire.
Dès les premiers temps de l'étabtissemettt de la manufiieture de glaces à Saint-Gobain , ce village elanl éloigné de toute voie de communication , on sentit ie besoin d'établir è proximité des magasins d'où ses prodoits pussent être fecilement expédiés sur tous les points de la France , el particulièrement sur Paris, seule ville où se lit longiemiis le polissage des glaces. Le port de Chauny, éloigné de trob lieues k peine de Saint-Gobain , offrait tous les avan-^ tages désirables ; on y établit cet entrepôt. Peu à peu , son importance s'accrut «des développemens et de la prospérité de la manufacture» de sorte qu'on finit par songer à y établir le polissage lui-même. La réalisation de ce projet n'ent cependant lieu que dans la seconde moitié du W siède; car en 1755, les glaces étaient encore envoyées à Paris pour y être polies.
Depuis lors» les ateliers de Cbauny n'ont cessé de s'é* tendre. Les beaux produits de cette usine sont devenus si recherchés , qu'on a été obhgé d'abandonner l'ancienne méthode du poli à bras, devenue insuûisante, et de la remplacer par des machines. La première machine de ce genre tut construiteà6hauny enl^ sur la chûte d'un moulin. On en dut, dit-on, l'idée et le plan à un simple charpentier de rétablissement, nommé Brancourt, lequel était né k Cbauny. Ce perfectionnement étant k son tour devenu insufiisant pour fournir aux demandes du commerce , on y ajouta en
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lââi , de nouvelles macliines perfeciionnées offrant le double avanta^ de polir un plus grand nombre de glaces dans un temps donné , et d'exiger un moindre volume d'eau pour meure la roue motrice en mouvement. D'autres perfeclionnemens et plus considérables encore, n'ont cessé depuis d'être introduits dans les usines de Gbauny et d^augmenler leur importance. On y transféra en i 822 , la fabrique de soude de Charles-Fontaine, et eu 1840, on y établit un atelier pour le sou£Qage des glaces minces ei des verres à vitre; on y voyait déjà depuis longtemps une liibrique d'acide sulfurique et muriatique. Bref, la compagnie a concentré dans cette usine tous les travaux nécessaires k la fabrication des glaces « de manière à pouvoir se passer des produits étrangers t et se soustraire aux éventualités des évènemens. Aussi, les bâiiincus de cette manufacture, semblables à une petite viUe par leur étendue, occupent aujourd'hui un emplacement considérable sur la rive gauche de l'Oise et renferment plus de ISO0 ouvriers*
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