et
prudent d'attendre le résultat d'une attaque qui prenait un caractère si sérieux, et par une issue secrète ils s'évadèrent.
Après un travail de quelques heures, désespérant de réussir, les mutins abandonnent enfin leur projet, et se décident à redescendre dans la Ville. Ils vont de quartier en quartier assaillir le domicile de tous ceux qui peuvent encore embarrasser les consuls, et que ceux-ci désignent comme traîtres et partisans de l'Anglais. Heusement aucun n'a attendu l'approche des assassins. Ceux-ci se vengent de leur fuite par le pillage, la dévastation, l'incendie ; plusieurs maisons deviennent la proie des flammes. Quelle nuit que celle qui vit se consommer tant d'horreurs !
Le calme cependant revint après ces tristes scènes , et alors commença , de la part du Baron , quelque chose de plus tragique encore. Rentré dans son château, Déodé de Guilhem fait informer immédiatement contre les auteurs delà sédition, et convoque un conseil de noblesse pour les juger. La sentence fut promptement rendue ; elle fut terrible. Elle portait que dix-huit Clermontais, entre lesquels les deux consuls , meneurs principaux de l'émeute, seraient saisis la nuit suivante dans leur domicile , et pendus chacun devant leur porte. Tout se fit avec tant de célérité , procédure ,
jugement, exécution, que les coupables n'eurent pas le temps de s'évader, et le matin même du jour où ils auraient songé à le faire, on trouva leurs cadavres suspendus en différents quartiers de la Ville. 1
Tel fut l'épouvantable dénouement du drame joué par l'ambition de Royre et de Cayrel : drame atroce, où tout avait été hideux, depuis la calomnie qui avait noirci des hommes honorables, jusqu'aux excès qui en avaient été le malheureux résultat.
1 Hist . des Seig.