‹ Histoire de la ville de Clermontl'Hérault et de ses environsChapitre 55 sur 58 · CHAPITRE XLVHI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVHI

VI site do Comte. — Extinction de rtoéré»le.- Dernfter» «ulUiem».

Depuis que le Comte Louis Guilhem avait succédé à Gabriel Aldouce , il n'avait pas encore daigné honorer d'une visite ses vassaux de Clermont; seulement , il était venu jusqu'à Montpellier, Fan 1695, à l'occasion d'une assemblée des Etats, et là une députation clermontaise avait pu lui présenter l'hommage, et lui adresser des requêtes. Cinq ans après, en 1700, il se décida à venir reconnaître ses vassaux et ses domaines , et les Clermontais lui firent le plus gracieux accueil. Il visita le château , qu'il trouva bien déchu de son ancienne splendeur. Ce n'était plus alors ce délicieux séjour, où le voluptueux Des-Barreaux aimait à passer une partie de l'année , et dont il faisait sa maison

favorite, parce que, disait-il, cest là vraiment que la bonne chère et la liberté sont sur leur trône. Les temps étaient bien changés ! La demeure des Guilhems , autrefois si animée, si brillante , était devenue déserte, silencieuse; tout y dépérissait d xrtie manière déplorable. Louis Guilhem la laissa dans son état de délabrement, et en repartit bientôt , sans être tenté seulement de secouer la poussière qui envahissait le noble manoir de ses prédécesseurs. 1

Cependant l'hérésie ae relevait dans les Cévennes : une bande de fanatiques , appelés Camisards , se répandaient dans les montagnes , semant partout l'incendie, la désolation et la mort. Mais Qermont , quoiqu'il comptât encore un certain nombre de protestants , n éprouva pas le moindre contre-coup de cette nouvelle guerre. Au contraire , vaincus par les prédications des Récollets et des Dominicains, les hérétiques clermontais abandonnaient insensiblement Terreur , et rentraient dans le sein de FE^lise, en sorte que le moment n était pas loin où BOtre Ville ne devait plus avoir , comme jadis,, qu'une seule foi, la foi catholique. 2

Le sexe, toujours si zélé quand il s agit de quelque bonne œuvre, voulut avoir sa ;>art dans ce triomphe pacifique de la foi sur Fhéi ;sie.

1 jérch. de la Ville. 2 jérch. Mes Réc.

Une demoiselle pieuse de la Ville, nommée Isabeau de Giscard, après avoir essayé la fondation d'une communauté pour l'éducation du sexe et le soin des malades, jeta en mourant les fondements d'une autre communauté , qui réussit mieux que> la première. Au moyen des ressources léguées par la pieuse fondatrice, la communauté fut établie dans le quartier de Rougas , sous le nom de Propagation de la foi, pour l'instruction des jeunes filles nouvellement converties. Les premières Religieuses se nommaient : Catherine Astrugue , Marguerite Fargues, et Marie Angerly. Elles ouvrirent solennellement leur école le 6 août 1704; et cette école devint une ressource éminemment utile pour l'instruction religieuse du sexe <jue l'hérésie rendait chaque jour à l'Eglise. Quand le protestantisme eut disparu de chez nous, la mission de la Propagation de la foi fut finie, et alors, c'est-à-dire en 1749, l'établissement fut dissous et réuni à l'hôpital. 1

Ce n'était pas seulement l'hérésie qui était en décadence à Clermont, au commencemeut du dix-huitième siècle; la dynastie des Guilhems allait aussi tomber elle-même. Ses domaines se rétrécissaient tous les jours ; son pouvoir s'effaçait devant celui du Gouverneur et du Maire , créés

I Arch. de Vhôpital.

par édit du roi ; enfin , les Guilhems allaient aussi disparaître par l'extinction de leur race. Le Comte Louis Guilhem mourut en 1705; son unique fils, le jeune marquis de Seyssac, le suivit dix ans après dans la tombe, avant d'avoir atteint sa majorité; et par cette double mort, l'ancienne et illustre dynastie des Guilhems cessa de donner des maîtres à notre Ville. 1 M. Castanié d'Àuriac acheta la Seigneurie et la transmit , quelques années après , à la marquise de Poulpry, qui la conserva jusqu'à la révolution.

1 Hist. du Long. — On trouve plus tard , dans le comtat Venaissin, une branche des Guilhems de Clermont, de laquelle on voit sortir le chevalier de Ste.-Croix, maréchal de camp, célèbre par sa défense de Belle-île contre les Anglais , et le baron de Ste.-Groix, membre de l'académie des inscriptions, illustre par son Examen critique des historiens a? Alexandre. Cette branche s'est éteinte en 1 809.

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