LES FAUBOURGS
Vaux : son origine, son hôpital, la Grauge-rEvèquc. Ardon. La Neuville. Saint- Marcel. Semilly. Leuilly. Fermes et maisons isolées.
Laon a six faubourgs qui sont : Vaux , Ardon , La Neuville , Saint-Marcel, Semilly et Leuilly. Ils sont tous situés au bas
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de la colline et même à une assez grande distance de la ville , comme ceux d'Ardon et de Leuilly.
L'histoire de ces faubourgs se trouvant intimement liée à celle de Laon , nous aurons peu de chose à en dire ici ; elle se retrouvera dans le cours de cet ouvraare.
Vaux ( Vallès). — Ce faubourg est le plus important, et l'un des plus anciens de Laon. Son nom indique assez sa position : Vallès, Vaux, vallées. On ignore l'époque où il a pris naissance, mais son nom laisse douter qu'il remonte beaucoup au-delà du 7""' siècle.
En effet , selon une ancienne tradition , saint Fiacre , qui vivait en l'an 650, venait souvent a Laon, et se retirait dans le bois de Breuil près de Vaux. Après sa mort, les habitants de ce faubourg lui auraient fait bâtir une chapelle et auraient fondé en son honneur un hôpital destiné a recevoir les étrangers. Il fallait que la population de Vaux fût encore bien faible , et l'établissement de ce faubourg bien récent , pour qu'il ne possédât pas une chapelle au milieu du 7™^ siècle. Quoi qu'il en soit, il s'y voyait autrefois un hôpital dit de Saint-Fiacre, dont la création remontait â l'époque la plus reculée ; il fut supprimé en 1666, après que ses biens eurent été réunis à ceux de l'hôpital général.
Avant la révolution. Vaux appartenait en partie aux évoques de Laon , qui y avaient un pressoir et une petite ferme dite encore aujourd'hui la Grange-VEi'éque. Une tradition populaire raconte ainsi l'origine de ce nom : en 1112, à la suite des troubles suscités par la mauvaise foi de l'évêque Gaudri , qui voulait enlever aux habitants de Laon leurs franchises et libertés communales (voyez histoire, livre ÏX , chap. IV), les bourgeois assiégèrent ce prélat dans son palais , et parvinrent à l'y forcer en proférant des cris de mort contre lui. Gaudri effrayé se réfugia dans une cave , et se blottit dans un tonneau ; mais il y fut bientôt découvert. Toutes ses supplications et ses
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promesses pour sauver sa vie furent inutiles. On garnit de pointes de fer l'intérieur de ce même tonneau ; on y remit l'évêque; on en ferma sur lui le couvercle ; puis roulant ce tonneau jusqu'au bord de la colline au-dessus de Vaux , on le lança dans l'espace. Le tonneau parcourut la pente avec rapidité , tantôt roulant, tantôt tournant sur lui même, tantôt bondissant comme un rocher qui s'est détaché des lianes d'une montagne escarpée ; il s'arrêta enfm , a moitié brisé , près de la ferme en question , qui prit dès-lors le nom de Grange-l'Éçéque; quant à Gaudri il avait été mis en pièces. 11 est tout- à-fait inutile de réfuter cette tradition: si elle témoigne de la haine vivace et profonde du peuple contre cet évêque , elle n'en est pas moins fausse : des auteurs contemporains nous ont laissé le récit détaillé de la mort de Gaudri , mort bien misérable sans doute, mais très différente de celle-ci.
Les rehgieux de Saint-Michel en Thiérache avaient autrefois, dans ce faubourg, une maison de refuge où ils se retiraient dans les temps de guerre.
En 1766, on ne comptait a Vaux que 151 feux, c'est-à-dire environ 660 habitants; en 1790, il s'y trouvait 157 maisons habitées par 685 personnes. Depuis , ce faubourg a pris beaucoup d'accroissement, et l'on y comptait, en 1811 , 938 habitants.
Ardon (Ardo). — Ce faubourg est certainement très-ancien , plus ancien même que celui de Vaux, et dès le 7""" siècle, il y est question de la culture des légumes.
Selon dom Grenier, ce nom dériverait du mot latin ardere , brûler, à cause de son exposition au sud. Il nous semble plus convenable de la foire venir du celtique ar , sous, au pied, et dfi/i montagne, c'est-à-dire sous ou au pied de la montagne ; ou mieux, de ar , lent, et don rivière, rivière lente ou stagnante, par allusion à la petite rivière d'Ardon dont l'écoulement est peu sensible.
Depuis 1766, la population de ce faubourg a augmente de moitié : il s'y trouvait alors 440 habitants; on y compte maintenant 630 âmes.
La Neuville-sous-Laon (iVova Villa sub Laudimo). — Malgré son nom, ce faubourg est très-ancien, et il existait déjà au 10" siècle. Au Î2'"% Barlliélemi, évêque de Laon, y fonda un hôpital pour les lépreux, qui exista jusqu'au milieu du IT""". A cette époque, les religieuses de Montreuil en Thiérache, chassées de leur maison , vinrent s'établir dans les bâtiments de cette léproserie ; ils leur furent accordés à la condition qu'elles fourniraient , au besoin , les salles nécessaires aux malades attaqués de la lèpre. En 169o, cette léproserie ayant été supprimée , on réunit définitivement ses biens a l'hôpital de Laon.
Depuis moins de cent ans , la population de ce faubourg a plutôt perdu que gagné. En 1766, on y comptait environ 270 habitants; d'après le recensement de 1841, il ne s'y trouve plus que 22o habitants, non compris le dépôt.
La Neuville avait autrefois une église paroissiale qui a été abattue dans la révolution.
Saint-Marcel {Sanctiis Marcellus). — Ce faubourg appartenait autrefois aux religieux de Saint - Martin , ainsi que les terres de Champ -Leu [campas lupi) situées aux environs. Très -anciennement il s'y trouvait un fort qui avait été établi pour sa défense.
Avant la révolution, St-Marcel avait une église paroissiale. En 1766, on comptait environ 1 70 habitants dans ce faubourg; il y en a maintenant 240.
Semilly [Semeleus, Semiliacum). — Ce faubourg est trèsancien. Avant la fin du 14"'^ siècle , il était de la paroisse Saint-Hilaire (près Saint-Vincent). En 1590, sa chapelle, sous le vocable de saint Jacques , fut érigée en paroisse ; elle a été abattue dans la révolution.
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(le faubourg comptait 235 habitants en 17G6; il n'y en a plus que 200.
Leuilly [Loliacum). — Ce faubouri^ est l'un des plus anciens (le Laon , ainsi que l'indique son nom tout celtique. Cependant, il ne l'ut longtemps et il n'était encore qu'une terme au lO"- siècle, avec moulin et terres. On y montre un champ dit de la bataille , où se serait livré , au 8'"" siècle , un combat entre l'accusateur d'un évéque de Laon , et son champion , et où ces deux derniers auraient été écartelés ( voyez livre VIII, chap. II).
En 1521 , la ville et le chapitre de la cathédrale lirent construire à frais communs, dans ce faubourg, une maison pour recevoir les pestiférés. Elle exista deux siècles en ce lieu , sous le nom de maison de santé.
Leuilly a toujours été peu important : on y comptait 200 habhants en 1766; il n'y en a plus maintenant que 145.
Indépendamment de ces faulwurgs , on compte encore sur le terroir de Laon sept fermes isolées. Ce sont : Allemagne , Avin , qui appartenait autrefois à l'abbaye de Saint-Martin, Courdeau , Cohayon , Pré-Robert , Horsdevoie et le Sauvoir , ancienne abbaye de fdles. Plus, cinq écarts : La Maison-Neuve» la Mal-Bàtie , la Tuilerie, les Blancs-Monts et Polton.