‹ Histoire de la ville de Laon et de ses institutionsChapitre 24 sur 90 · AUTRES ÉGLISES · texte numérisé non relu

AUTRES ÉGLISES

Saint-Martin : époque de sa construction; description : portail ', fenêtres ; tours. Sinistres qu'elles ont essuyés. Intérieur: nef; trans.sops; chœur. Chapelles. Statue d'une al)besse. Statue d'un chevalier. Recherches stir le seigneur qu'elle représente. Dimension» de l'église Saint-Martin, — Eglise de Vaux :

description. Epoque de construction. — Eglise d'Ardon. — Eglise de Lcuilly. — Chapelle des Templiers : valeur artistique de ce monument: sa description : pierres tombales. Epoque de construction.

Eglise St-Martin. — Herman, historien du IS"® siècle, en nous racontant le dessein qu'avait formé Barthélemi, évêque de Laon , de ramener la régularité parmi les chanoines de Saint-Martin , en plaçant saint Norbert à leur tête , nous apprend que l'église de cette maison était alors de petites proportions , une simple chapelle en quelque sorte , puistpi'il ne la nomme pas autrement que la petite église, ecclesiola (1).

Ces expressions ne sauraient convenir au vaisseau actuel de l'église Saint-Martin , dont les proportions , sans être aussi vastes que celles de la cathédrale, sont néanmoins celles d'une église ordinaire , et elles conduisent naturellement à l'idée que ce vaisseau a été bâti postérieurement à cette époque.

En effet, lorsque, en 1124, des Norbertins furent substitués aux chanoines de Saint-Martin par ce même Barthélemi, ces nouveaux religieux, pleins de l'enthousiasme et de l'activité qui ont signalé les commencements de tous les ordres monastiques, pensèrent aussitôt a se construire une église plus vaste et plus belle que celle dont ils entraient en possession. Ils s'adressèrent donc à l'abbaye de Saint-Vincent, et en obtinrent gratuitement un terrain contigu k leur maison, pour y jeter les fondements de la nouvelle église qu'ils projetaient.

D'après ces renseignements, on ne saurait douter que l'église Saint-Martin n'ait été construite, en tout ou en majeure partie, dans la première moitié du 12™'' siècle. Reste a savoir quand les travaux en ont été terminés : c'est ce que nous ne saurions dire. Nous avons bien une charte de Barthélemi , datée de 1152, dans laquelle il la nomme la nouvelle église {noi^^a ecclesia) : mais ces termes, tout en confirmant les in-

(1) Ce vaisseau est peut-être celui auquel Guibert fait allusion, lorsqu'il dit que Gaudri , quoique suspendu , consacra une certaine église. Dans ce cas , sa construction remonterait aux dix premières années du 12'n« siècle,

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(lications précédentes sur une reconstruction totale ou paj lieMe fie l'église Saint-Martin , ne peuvent rigoureusement signifier qu'elle ait été terminée en huit années.

Avant d'examiner si le style de cet édifice , d'ailleurs trèsremarquable, vient appuyer ces premières données, il convient de faire connaître l'ordonnance générale de ce monument religieux, et d'en étudier les principaux détails.

Le portail se compose de trois portes, dont une grande centrale et deux petites sur les côtés, lesquelles sont séparées par des pieds droits en saillie qui soutiennent les clochetons dont nous parlerons tout a l'heure. Les jambages de la grand'porle sont ornés de deux consoles supportant des statues représentant des religieux. Elle est de plus encadrée de colonnettes et son archivolte est simplement form.ée de nervures qui , au lieu d'être rondes, portent une arête en dessous. Le tympan est creusé d'ornements figurant les meneaux d'une fenêtre , et deux anges agenouillés tiennent dans les mains un encensoir avec lequel ils paraissent encenser une statue qui, placée en saillie au centre du tympan, a disparu.

Les portes latérales, dans le même style, sont néanmoins ornées de plus de sculptures. Le tympan de la porte de droite présente un tableau en bas-relief composé de sept personnages. D'abord , un enfant est agenouillé auprès de deux autres personnages qui se tiennent debout; un quatrième au milieu, parait danser en s'accompagnant d'un instrument de musique. Des deux autres placés à sa gauche, l'un semble frapper un septième personnage dont la tête seule sort d'une espèce de tour carrée; au-dessus, un ange se montre dans des nuages.

En haut des baies de cette même porte, existent deux petites sculptures charmantes, que nous avons vues entières il y a à peine quelques années, et qui depuis ont été affreusement mulilécs â coups de pierres. D'un côté , le diable faisant de hideuses grimaces, regarde fixement une femme placée vis-àvis : c'est la Religion qui, assise sur un nid d'où sortent les

MONUMKNTS ET ANTIQUITÉS. \Ar>

têtes de plusieurs poussins , dierche a les détendre contre l'ennemi de leur salut.

Le tableau sculpté sur ie tympan de la porte gauche représente le martyre de saint Laurent. Le saint est étendu sur ni» gril, et plusieurs hommes sont à Tentour occupés a souiller et attiser le l'eu qui brûle sous lui. Au-dessus, deux anges tiennent les quatre coins d'un drap dans lequel se trouve un objet dillicile a reconnaitre , et un troisième personnage , Dieu sans doute , semble s'apprêter h le recevoir. Les baies de cette même porte sont également ornées de deux sculptures ; d'un côté, c'est encore le diable; de l'autre, un homme accroupi, vêtu d'une blouse et coifl'é d'un bonnet phrygien.

Toutes ces sculptures sont d'un bon style et de belles proportions, et les chapiteaux des colonnes, les consoles et les dais des grandes statues qui ornent la principale porte , sont remarquables par la pureté du dessin et la (inesse de l'exécution. Les tympans et les archivoltes, ainsi que les personnages, portent des traces d'anciennes et vives couleurs.

Au-dessus de la grande porte, règne une petite galerie surmontée d'une large arcade ogivale, occupée par une fenêtre; celle-ci est divisée en deux grandes ogives subdivisées en deux trilobées, avec une cinquième trilobée entre elles deux. Pardessus, une grande rosace dans laquelle est inscrite une double gloire entrecroisée, et sur les côtés, deux autres rosaces plus petites.

Au-dessus de cette fenêtre, règne une seconde galerie, puis vient un fronton aigu flanqué d'arcatures trilobées^ et dont le centre est occupé par un tambour circulaire dans lequel on voit, en grande ronde bosse, saint Martin à cheval, coupant son manteau pour en donner un morceau au diable déguisé en mendiant. Le tout est surmonté de deux clochetons octogones divisés en deux étages : l'inférieur est percé de longues et étroites ouvertures inscrites dans des arcatures trilobées; le

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