‹ Histoire de la ville de Laon et de ses institutionsChapitre 32 sur 90 · USAGES FÉODAUX · texte numérisé non relu

USAGES FÉODAUX

Hommage des vassaux de l'égliso catlu'drale. Hommage des subordonnés du vidame.

Laon ayant toujours été une ville du domaine delà couronne, ceux qui l'habitaient ne furent par conséquent jamais soumis à ces obligations féodales plus ou moins bizarres ou humiliantes dont la plupart des serfs et vassaux étaient autrefois tenus envers leurs seigneurs. Aussi ne connaissons-nous que deux usages de ce genre qui étaient pratiqués, l'un par les vassaux de l'église, l'autre par les subordonnés du vidame.

Tous les ans, le jour de la Purification ou de la Chandeleur^ a l'offertoire , les officiers de la justice du chapitre appelaieul

à hante voix ceux qui tenaient des liefs de l'église. Tous étaient obligés de comparaître et d'offrir un flambeau de cire. Si quelqu'un manquait à l'appel , il était donné défaut contre lui , et un huissier criait à haute voix : Conlumace.

Ces feudataires, au nombre de dix -sept, était appelés dans l'ordre suivant : le chapitre, pour la terre de Barenton-Cel, un cierge de 47 livres pesant; le même, pour la terre de Mortiers, un cierge de 40 livres; le seigneur de Clacy , un cierge de 10 livres; le roi, pour le comté de La Fère, un de 35 livres; le seigneur de Montaigu , un de iO ; celui de Pierrepont , un de 55; ceux [d'Aulnois et de Sissonne, chacun un de 20; celui de Montchâlons , un de 40 ; celui de Soupir , un de 20 ; ceux de Mortiers et de Martigny, chacun un de 10; celui de Lierval, un de 20 ; les abbayes de St-Martin , St-Vincent et Bohéries , pour des lîefs h Lesquielles, chacune un de 11 livres; et celle de Foigny, un de 17; enfin, le domaine, au lieu de cierge, une somme de 45 livres. Tous ces fieffés devaient marcher en tète de la procession avant la messe, avec leur cierge allumé à la main.

Depuis longtemps, le nom du roi figurait, comme nous venons de le voir, sur la liste des vassaux de l'église de Laon, lorsque, vers 1780, le procureur du roi au bailliage de cette ville se choqua de l'irrévérence d'un tel usage. Il se rendit à l'église, et au moment où le nom du prince fut appelé , il fit une protestation h haute voix et menaça même d'un appel comme d'abus. Il parait que, dès ce moment , le roi cessa de figurer parmi les vassaux de l'église de Laon.

Les subordonnés du vidame de Laon devaient annuellement, à ce seigneur, une redevance pour les charges qu'ils tenaient de lui , et ils l'acquittaient avec un grand appareil. La veille de la Nativité , le vidame tenait une cour à cet effet : le prévôt y venait a cheval , accompagné de cinq sergents ; le doyen de Presles, avec un sergent; celui de Mons-en-Laonnois, de même; le mayeur do (-hovrogny, avec doux sergents; son cellerier et

MOEURS ET USAGÉS. lî)r.

son doyen , avec chacun un ; le mayeur de Vaux , avec deux , et son doyen, avec un.

Tous apportaient leur redevance au vidame : le prévôt et les deux doyens de Presles et de Mons-en-Laonnois, lui donnaient 24 sous de bonne monnaie, deux muids d'avoine à raz, mesure de Laon, et deux muids de vin, du meilleur qui se vendait en cette ville; le mayeur de Chevregny, son cellerier et son doyen, 12 sous, deux muids d'avoine et un muid de vin; le mayeur de Lizy, son cellerier et son doyen, autant ; enfin, le mayeur de Vaux et son doyen, 42 sous seulement.

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