‹ Histoire de la ville de Laon et de ses institutionsChapitre 40 sur 90 · POPULATION · texte numérisé non relu

POPULATION

Premiers habitants de Laon. Causes qui en accrurent la population durant le moyen âge. Causes principales de la dépopulation de cette ville. Nombre d'habitants en 1750. Idem de feux par paroisse, en 1766. Décroissance continue de la population dans la révolution et sous l'empire. Population en 1841. Nombre de maîtres de professions en 1789; de maîtres, ouvriers, femmes et enfants en 18il. Consommation de la population en 1802.

Nous avons raconté ailleurs les humbles commencements de la ville de Laon : on peut donc facilement se faire une idée du petit nombre de personnes qui habitaient son enceinte du temps où ce n'était qu'un oppide. Mais les garnisons romaines d'abord , ensuite la création de l'évêché et de deux abbayes y attirèrent un certain nombre d'habitants aux 4™" , 5°'^ et 6"" siècles, de sorte que, dès le siècle suivant, Laon devait déjà prendre l'apparence d'une petite ville.

Bientôt après, cette citée devint la capitale du royaume, et garda ce beau privilège pendant près d'un siècle. Le royaume, il est vrai , par suite des vicissitudes de la fortune , se trouvait alors réduit à un bien petit territoire; mais enlin le séjour de

celui que les peuples considéraient toujours comme leur souverain, et auquel ils se plaisaient à recourir dans leur détresse, devait fixer dans la ville une certaine cour, y attirer une certaine quantité de seigneurs et d'étrangers qui en augmentaient la population.

Une autre cause contribuait alors plus puissamment peutêtre à accroître cette population : c'était la force naturelle, l'assiette de la place. Dans ces temps de guerre et de troubles incessants, les peuples des campagnes avaient a tout moment besoin de se réfugier dans les forteresses d'alentour, pour sauver leur iortune et leur vie ; or , Laon passait avec raison pour une forteresse imprenable , car les Gaulois du temps de Jules-César , ensuite les Alains , les Vendales et les Huns , et après eux les Normands , avaient successivement échoué sous ses murs. Aussi, au premier bruit de guerre ou de trouble, s'empressait-on de toute part de venir s'enfermer dans ses murs; et quand le danger était passé, beaucoup se fixaient dans une ville oii ils trouvaient une sécurité qu'ils n'avaient pas l'espoir de rencontrer ailleurs.

L'établissement de la commune, au IS""" siècle, fut surtout pour Laon une époque de prospérité et d'accroissement. C'est alors que nous voyons se former le Bourg et les quartiers voisins; c'est alors que s'entourant de murs, ils deviennent partie intégrante de la ville. En même temps, le commerce des grains et du vin prenait une grande extension; les communautés religieuses acquéraient d'immenses richesses, ce qui, en répandant l'aisance parmi le peuple , facilitait le développement de la population. Aussi avons-nous de fortes raisons de croire que, au IS""^ et au 14"® siècles, cette population pouvait s'élever de 14 à 15,000 âmes pour cette ville et son territoire.

Les événements dont Laon fut le théâtre en l'année 1112, c'est-à-dire la sédition des bourgeois, l'incendie de la ville et la fuite d'un grand nombre d'habitants , ne réduisirent beaucoup sa population que ))our un temps. Grâce h la restitulioa

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