HOPITAL
Des différents asiles ouverts aux mendiants, aux infirmes et aux vieillards, un seul était resté debout au milieu du 47"'" siècle, lorsque César d'Estrées monta sur le siège épiscopal de Laon. Ce prélat conçut aussitôt le dessein d'éteindre la mendicité qui était grande alors , en renfermant tous les pauvres dans une maison commune, et il se mit à l'œuvre en 1665.
Il y consacra d'abord 18,000 livres de sa bourse, et obtint encore du roi 2,000 liv. provenant de l'économat des bénéfices consistoriaux du diocèse. Avec ces premiers fonds, un emplacement fut acheté et l'on jeta les fondements de la nouvelle maison. Bientôt, une foule de personnes charitables vinrent en aide à l'évêque de Laon, et firent au nouvel établissement de nombreuses donations. Une demoiselle nommée Marie Gérault, lui fit don d'une maison estimée 4,000 livres; deux prêtres, Adrien et Jacques Boulanger, lui donnèrent 100 pistoles et sept maisons dans la ville, à la seule charge d'une rente viagère de 200 liv.; un chanoine nommé Pichelin, donna aussi deux maisons sous la réserve d'une rente viagère; M. François Marquette, un jardin contigu à l'emplacement où l'on élevait la nouvelle maison; Antoinette Vuarnet, veuve d'Antoine Beuvelet, se voyant sans enfant, lui légua 16,000 liv. et à l'Hôtel-Dieu li,660 liv. qui composaient toute sa fortune; enfin, le fonds qu'un curé de Voyenne avait laissé à sa paroisse pour la rente en être distribuée chaque année aux pauvres de ce village , fut uni à cet hôpital du consentement des habitants de Voyenne, à la condition qu'on y entretiendrait perpétuellement un pauvre de ce village.
En même temps, le roi Louis XIV prenait sous sa protection spéciale le nouvel établissement, auquel on donna le nom <\liôpital de Saint- Louis et de Sainte- Anne. Les lettres patentes qu'il accorda en 1669, afin de lui faciliter les donations e( de lui créer des revenus, amortissaient tous les biens
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qu'on lui donnerait, exemptaient de tout droit les ouvrages confectionnés dans l'intérieur par les pauvres, lui attribuaient le tiers des amendes et confiscations de marchandises, et obligeaient tous les officiers du présidial , de l'élection et du grenier à sel de lui payer, en entrant en charge, une certaine somme à titre d'aumône (1).
La direction et l'administration intérieure de l'hôpital furent confiées à douze personnes nommées par les ecclésiastiques et les notables de la ville. Cette commission était renouvelée par tiers tous les trois ans. Indépendamment de l'administration , elle avait encore la police et conduite dans la maison , le droit d'avoir poteau et carcan, et deux archers ou gardes.
Dès l'année suivante de sa fondation , on compta environ 50 pauvres à l'hôpital. Les recettes de cet établissement étaient alors de 6,578 livres et se composaient des revenus de l'ancienne association de la confrérie de la paix (voyez bureau de bienfaisance), de petites redevances en grains, des revenus de l'ancien hôpital Saint -Fiacre, et surtout des quêtes et aumônes qui dépassaient 4,600 iiv.
Pour bannir l'oisiveté de la maison et lui créer des ressources si nécessaires à son existence, on y établit bientôt après une manufacture de draperies a laquelle étaient employés tous les pauvres en état de travailler. En 1675, on remplaça cette manufacture par des ateliers de bonneterie.
Cependant, les dons et legs à cette maison continuaient. Dans la disette de 1684, une veuve Ledoux lui donna 1,200 sacs de blé pour nourrir les pauvres, et Antoine Lèvent, doyen de la cathédrale, lui légua dix ans après une somme de 10,000 Iiv.
(1) Cette aumône était ainsi fixée : les officiers du bailliage et des finances, chacun 12 Iiv.; les greffiers, 9 Iiv.; les baillis de justice seigneuriale, 3 iiv., etc.
Le roi avait aussi accordé à rhôpilal les aumônes de fondation en argent ou en grains à la charge des communautés religieuses. Les abbayes de Saint- Martin, Saint-Vincent et Saint-Jean qui devaient à elles trois CO asnées d<! grains, ac<juiltèrent d'abord cette, redevance pendant quelques annc:s; puis s'y refusèrent. Il s'en suivit un procès où l'bôpilal eut gain de cause.
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à partager avec l'Hôlel-Dieu. Néanmoins, les revenus fixes de l'hôpital ne s'élevaient encore, en 1098, qu'a la somme de 12 à 5,000 liv.
Mais ils ne lardèrent pas à s'accroître rapidement : d'abord on lui donna, en 1708, les biens des religionnaires fugitifs par suite de la révocation de l'édit de Nantes; ensuite les libéralités des particuliers et des communautés religieuses étaient intarissables. Ainsi, en 1704, une demoiselle Marie Danyelui avait légué 475 liv. de rente, au capital de plus de 10,000 fr., à la charge néanmoins de nourrir et entretenir trois garçons et trois filles pauvres appartenant au bourg d'Anizy et aux villages de Martigny et Cuiry. D'ailleurs , on créa de nouveaux revenus à cet établissement en lui accordant, en 1725, le droit de percevoir h son profit la moitié des taxes qui se levaient alors à l'entrée de la ville, savoir : 2 liv. par pièce d'eau-de-vie de 30 veltes environ, 10 sous par muid de vin étranger et 5 sous par muid de vin provenant des vignes du pays. De plus , il fut établi en sa faveur un impôt de 3,000 livres sur les communautés religieuses du diocèse. Ses revenus s'élevèrent alors à 12,000 liv. environ, dont 7,000 liv. de rentes et 155 asnées de blé; le reste en aumônes.
En 1781 , le soin des pauvres jusque là confié à des séculières , fut donné a des sœurs de charité de Saint-Yincent-de- Paule. Cette substitution eut lieu aux conditions suivantes : Ces religieuses s'engagèrent à être toujours au moins huit pour servir et soulager les pauvres des deux sexes, malades, infirmes, vieillards ou enfants; de se charger de la pharmacie; de composer les médicaments, soupes, tisanes et infusions; de s'occuper de l'éducation des filles, et de préposer un homme à celle des garçons, sous leur surveillance et autorité. Elles n'étaient point tenues de soigner les pensionnaires, ni les pauvres attaqués de maladies incurables. Pour le spirituel, elles furent soumises h l'évéque. En échange de ces soins, l'établissrmenl s'engagea à les traiter en cas de maladie; a ne les
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jamais renvoyer sous prétexte d'infirmités; à leur fournir un logement décent et séparé ; a les nourrir, vêtir, chauffer, etc. ; enfin , à payer à chacune d'elles une somme annuelle de 100 liv.
Dans le temps où les sœurs de St-Yincent-de-Paule étaient ainsi introduites à l'hôpital de Laon , le gouvernement chargeait les hôpitaux de recevoir et élever les enfants trouvés aux frais de l'état. Il en vint aussitôt de toute part , môme de l'étranger , et l'on vit hientôt plus de 200 pauvres et enfants soignés dans cet établissement, que l'on nommait depuis longtemps Hôpital général. Il jouissait alors de 17 à 18,000 liv. de revenus.
Au moment où éclata la révolution française, ses revenus étaient de où6 asnées de grains de toute sorte, de GO pièces de vin et de 11,675 livres en argent; a quoi il faut ajouter 8,000 Hv. d'aumônes et 5,145 liv. de pensions. Mais les événements de cette époque portèrent à cet établissement un coup funeste : ils lui firent d'abord perdre les aumônes, puis les 3,000 liv. payées par le clergé en échange de l'exemption du droit d'aide, 1,800 liv. dont se composaient les dispenses du diocèse , 200 liv. qui lui étaient payées par les récipiendaires aux offices et 500 liv. par ceux aux chapitres; enfin, exempt jusque la de toute contribution , il fut alors imposé à i, 01 8 liv.
Cependant, ses charges étaient alors considérables : il devait 4,277 liv. de rentes viagères, 812 liv. de fondations, 150 liv. pour frais de régie, et l'entretien des bâtiments lui coûtait 12,000 liv. De plus, il lui fallait pour sa consommation 515 asnées de blé , 60 pièces de vin , et pour les approvisionnements, le chauffage, l'entretien du mobilier, etc., une somme de 22,000 liv. Ses ressources furent donc dès lors au-dessous de ses besoins de plus de 14,000 liv.
Sa gêne devint bientôt plus grande encore , tant à cause de la misère du temps , que do la succession rapide des événements. Bientôt , le dornit-r conj) lui fut porté par lo gouverne-
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ment qui, ayant besoin d'argent, s'empara de ses biens, à la condition, il est vrai, de lui payer une somme annuelle pour pourvoir à son entretien : mais il se trouva hors d'état de remplir ses engagements.
On prit alors dans l'établissement toutes les mesures possibles d'économie : on supprima même la place d'économe dont les fonctions furent remplies par une dame de charité. Mais tout cela restant insuffisant, on s'adressa à la ville qui prêta du blé et du riz , et au gouvernement qui envoya enfin une somme de 40,000 liv. Il était temps : il ne se trouvait plus dans l'hôpital que pour cinq jours de vivres.
La tempête révolutionnaire passée, l'hôpital de Laon, après avoir aussi perdu son nom pendant quelques années et porté celui ù^ Hospice de V humanité , se releva peu à peu. D'abord le gouvernement lui rendit, en 1797, en dédommagement des biens qu'il lui avait pris, d'autres biens d'un revenu franc d'impôt, de 0,545 fr. ; ensuite les donations et aumônes particulières, longtemps suspendues, recommencèrent, de sorte qu'en 1800, ses revenus furent de 27,000 fr. Mais cette somme était encore insuffisante à couvrir ses dépenses qui s'élevaient a 57,000 fr. Il y avait alors dans cet établissement 22 employés, 6 pensionnaires, 100 pauvres, 97 enfants trouvés et 40 orphelins ou enfants de la patrie.
On compte que, de 1780 à 1800, l'hôpital de Laon a reçu 4,180 enfants, et que dans le même espace de temps il en est mort 2,G91 , c'est-à-dire plus de la moitié. Cette effrayante mortalité fut sans doute due en grande partie aux circonstances. Dès lors , les enfants abandonnés étaient reçus dans un tour , et l'on tenait un registre pour constater jour par jour, leur arrivée , leur sexe et leur âge apparent , et pour décrire les marques naturelles et les langes qui pouvaient servir à les faire reconnaître ; puis , ils étaient mis en nourrice jusqu'à l'âge de six ans; on les reprenait ensuite dans l'établissement jusqu'à 10 ans, époque à laquelle on les plaçait chez des cultivateurs
OU des artisans : mais à dater de 1800, on ne les conserva plus que jusqu'à 12 ans, âge où les garçons étaient mis à la disposition du ministre de la marine.
En 1799, on avait conçu le projet de réunir les deux hospices dans les bâtiments de Saint-Martin. Ceux de l'hôpital devaient servir au casernement de la gendarmerie. Le manque de fonds fit renoncer à ce projet.
Jusqu'en 1797, l'hôpital avait été administré, comme on l'a vu, par une commission particulière composée de 12 membres. Cette commission fut alors supprimée, et l'administration de l'hôpital réunie à celle de l'Hôtel-Dieu et confiée à cinq personnes choisies par l'autorité dans le sein des habitants de la ville.
Du temps de l'empire, les congrégations hospitalières de femmes furent mises sous la protection de Madame , mère de Napoléon, et de nouvelles conditions d'admission imposées à celles qui voulaient y entrer. Les novices ne purent contracter de vœux qu'à l'âge de 16 ans accomplis et jusqu'à 21; ces vœux n'étaient d'ailleurs que pour un an. Elles pouvaient ensuite s'engager pour cinq ans. Elles étaient encore tenues de présenter, en entrant, le consentement que la loi demande pour le mariage, et elles conservaient la propriété de leurs biens et de leurs revenus.
En 1812, les dames de l'hôpital étaient au nombre de 9. On entretenait alors dans cet établissement 120 vieillards des deux sexes, 50 enfants trouvés et GO orphelins. En outre ,^ l'hôpital mettait en nourrice plus de 500 enfants. Les filles cousaient et tricotaient; les garçons au-dessous de 12 ans travaillaient à la bonneterie.
L'hôpital de Laon renferme actuellement (1845) 123 vieillards, 20 enfants de familles indigentes ou prisonnières, 80 enfants trouvés ou orphelins et 10 préposés. Cet étabhssement tient de plus 560 enfants en nourrice ou en pension. Ses dépenses s'élèvent à 77,000 fr., dont 6i,000 fr. pour l'entretien des vieillards et des enfants; le surplus on frais divers.
BDREAU DE BIENFAISANCE.
Jusqu'à la fin du 18"® siècle , il n'y eut k Laon aucun service public organisé pour venir d'une manière régulière au secours des pauvres de la ville , surtout dans les temps de cherté de vivres et de disette. Autrefois, les habitants se cotisaient, le corps de ville et les communautés rehgieuses donnaient des sommes plus ou moins importantes pour le soulagement des nécessiteux ; mais ces secours, toujours temporaires, ne remédiaient au mal qu'en partie , et dans les temps ordinaires les pauvres n'avaient d'autre ressource que la charité publique.
Dans la disette de 1520, les abbayes, les curés et les officiers municipaux prirent ensemble quelques mesures pour subvenir aux besoins des pauvres; et dans celle de 1539, le chapitre fit, dans le même but, une retenue de 10 liv. tournois sur les revenus de son église, exemple qui fut aussitôt suivi par les autres communautés religieuses (1).
Durant la disette de 1585, on fit dans la ville chaque semaine une levée de 500 liv. d'argent destinée à procurer la subsistance aux pauvres , à qui l'on accorda avec ce fonds une demilivre de pain par jour.
On songea enfin, vers le milieu du IT""" siècle, à organiser un service régulier pour venir au secours des nécessiteux. Il se forma à cet eflet , en 1 642 , une association sous le nom de Confrérie de Notre-Dame-de-la~Paix, laquelle se proposa pour but non-seulement le soulagement des pauvres et des malades, mais encore leur instruction.
Les confrères de la paix étaient au nombre de dix-huit. Toute personne pouvait l'être , après avoir produit un certificat du curé de sa paroisse constatant qu'elle était bonne catholique
(1) Ces mesures générales n'empêcliaient pas les legs particuliers dictés par le mèrae esprit de bienfaisance. C'est ainsi qu'en 1631, Nicolas Triplot, grand archidiacre et principal du collège, laissa à la paroisse Saint-Remi-Porte un legs de 2,000 liv., à la condition de doter tliaquc année d'une somme de 50 liv. un jeune garçon ou une jeune fille pour apprendre un élat ou se marier.
Vue inlérieure de la Callh-ilralf de Laon , cùlé naïuin'
INSTITUTIONS CIVILES. 30rî
et qu'elle s'était réconciliée avec ses ennemis ; d'où venait le nom (le Confrères de la Paix. Les confrères choisissaient parmi eux trois directeurs chargés de l'administration de la société, deux receveurs qui avaient pour mission de recueillir les aumônes, et un secrétaire. La distribution de ces aumônes se faisait par eux à domicile.
Pendant plusieurs années , les confrères remplirent avec le plus grand zèle la mission qu'ils s'étaient donnée ; mais insensil>lement ils y mirent de la négligence, en sorte que, vers 1G60, la confrérie était à peu près dissoute. Dans cet espace de temps, elle avait recueilli et distribué une somme de 56,000 liv.
César d'Estrées, alors évêque de Laon, crut ranimer leur zèle en leur donnant l'administration de l'hôpital de St- Fiacre à Vaux. Ce moyen n'ayant point réussi, il revint à l'idée de secourir les nécessiteux à domicile; puis, enfin, il résolut de construire un hôpital général pour les renfermer, et l'hôpital fut fondé en IGlio (voyez Hôpitaux).
Mais les revenus de cet établissement ne permettant d'y admettre que les nécessiteux infirmes ou âgés, les autres pauvres de la ville ne purent en attendre de soulagement dans les temps de cherté de grains. Cependant, durant la disette de 4085, on ht tous les jours à l'hôpital des distributions de pain aux pauvres de la ville et des faubourgs. En même temps , une somme de 2,000 liv. fut votée pour procurer du travail aux plus valides d'entre eux , et on distribua quatre asnées de blé méteil aux pauvres honteux.
Deux ans après, la disette continuant, on fit le dénombrement des nécessiteux de la ville et des faubourgs : on trouva 4,300 pauvres dans une grande misère sans compter les pauvres honteux. On fit alors un fonds de 10,000 liv. pour acheter du blé et venir à leur secours, et Ton établit trois bureaux dans la ville où du pain leur fut chaque jour distribué.
La misère étant devenue plus grande encore en î()î)2 , Antoine Lèvent, archidiacre, se chargea de noiirrir do ses
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seuls deniers tous les pauvres de la ville et des faubourgs, jusqu'à ce qu'on eût trouvé les moyens de les secourir.
Pour arriver à ce but, l'évêque et les trois abbayes de Saint- Vincent , Saint-Jean et Saint-Martin s'engagèrent à iournir GOO livres de pain par jour. De son côté, le chapitre donna 4,500 livres en argent; des quêtes laites dans la cathédrale produisirent la même somme, et celles des paroisses 1,700 liv.; l'abbaye du Sauvoir s'engagea a nourrir une partie des pauvres de Vaux; celle de Montreuil, les pauvres de La Neuville.
Cependant, les récoltes ayant presque manqué en 1G05, la disette devint plus grande encore. Le parlement publia alors un arrêt qui établissait une taxe sur les fonds de terre, à l'effet de nourrir les pauvres des villes et des campagnes. Néanmoins, malgré ce sage règlement, la misère était extrême. D'ailleurs, on ne s'y conforma pas a la lettre : on fit un fonds de 18,000 liv., \lont le clergé donna 10,400 liv., et l'on nomma des commissaires pour son emploi.
On se servit encore à peu près des mêmes moyens dans la grande disette de 1709.
En 17i20, pour mettre un frein à la mendicité qui était devenue très -grande, on établit un conducteur des pauvres. C'était une espèce de sergent de ville dont les fonctions consistaient à parcourir sans cesse les rues, a y arrêter les mendiants étrangers et h les conduire au dehors.
En 1758, la misère étant toujours la même, l'intendant de Soissons ordonna que la ville verserait dorénavant chaque année une somme de 000 liv. dans les mains du doyen, lequel fut en même temps chargé de les distribuer aux pauvres. Ce secours ne fut acquitté que pendant deux ou trois années. Depuis longtemps déjà, la ville entretenait à ses frais un médecin pour donner gratuitement des soins aux pauvres, et une sage-femme chargée d'accoucher les femmes des malheureux de la ville et des faubourgs. Les gages de celle-ci étaient de lo liv. au 17"'* siècle, et ceux du médecin, de 400 liv. en 1758.
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A celle époque , M. de Rochechouarl , évêque de Laoïi , songea à assurer le sort des nécessileux en leur procurant du travail dont il voulut faire seul tous les frais. A cet effet, il plaça 80,000 liv. sur le clergé et en affecta la rente à cette destination , tant pour les indigents de Laon que pour ceux du reste de son diocèse. Ces vues bienfaisantes furent- elles remplies? Ces secours lurent- ils continués jusqu'à la mort de ce prélat? C'est ce que l'on ignore. Mais à son tour, M. le duc d'Orléans, prince apanagiste de Laon, s'intéressant vivement au sort des malheureux dont la ville se trouvait encore remplie en 1788, s'occupa de créer pour eux un établissement permanent dans lequel ils fussent assurés de trouver des secours quotidiens. Il proposa donc au corps de ville de former à Laon une maison philantropique ^ et offrit une somme de 2,000 liv. pour concourir à sa fondation.
La maison philan tropique avait pour but de distribuer des secours aux pauvres en nature et à domicile. Elle devait être formée d'une société composée de trois classes de membres : les philanlropes résidants, les associés régnicoles et les associés à la bienfaisance. Ces derniers étaient des bienfaiteurs qui voulaient garder l'anonyme. Tout le monde pouvait être reçu dans la société, à la condition de payer en entrant une somme de 24 livres, plus, une cotisation annuelle de pareille somme. Un tronc a deux clefs devait, en outre, être placé h l'hôtelde-ville pour recevoir les offrandes du public.
La société , présidée par l'évêque de Laon , devait nommer un bureau et des comités pour la distribution dos secours. Les gens nés à Laon ou domiciliés en cette ville depuis plusieurs années, y avaient seuls droit, et s'ils mendiaient après leur inscription sur le registre de la société, ils devaient cesser de partager ses secours. Tout nécessiteux qui les recevait, ne pouvait d'ailleurs être contraint d'entrer à l'hôpital.
Accueilli avec faveur par le corps de ville et les habitants de Laon , le projet d'clablissemeiit d'une maison philan(ro|)i(|ii('
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échoua , parce que le clergé ne voulut point y prêter son concours. Le chapitre invité à s'y associer répondit qu'il préiérait s'en tenir à l'ancien usage de distribuer lui-même ses aumônes ; l'évêque de Laon prétendit de son côté qu'il serait plus utile de former un bureau de charité. An résumé , la ville privée de la coopération des communautés religieuses, se trouva dans l'impossibilité de réaliser les vues bienfaisantes du duc d'Orléans , et rien ne se fit.
La suppression des ordres religieux , prononcée en 1 700 y plongea dans la dernière détresse cette partie de la population sur laquelle s'étendait les aumônes du clergé. On estime, en effet, que ce dernier distribuait chaque année une somme de 20,000 liv. aux nécessiteux de la ville. Cette ressource leur manquant tout-à-coup , ils s'adressèrent à elle pour en obtenir de l'ouvrage ou du pain. Des commissaires nommés pour aviser aux moyens de venir a leur secours, constatèrent d'abord qu'il se trouvait 300 chefs déménage sans ouvrage, et plus de 1 ,200 personnes dans une grande nécessité , et ils estimèrent qu'il fallait une somme de 40,000 liv. pour pourvoir à leurs besoins les plus pressants pendant l'hiver.
Différents moyens furent proposés pour se procurer cette somme. On demanda d'abord a l'assemblée nationale l'autorisation de prélever 20,000 livres sur les revenus des biens nationaux; on pensa à faire rentrer le 16' sur la vente de ces mêmes biens qui était dû à la ville, etc. En attendant, des quêtes furent faites dans toutes les paroisses : elles produisirent 6,546 liv. Avec cette somme on ouvrit des ateliers où fut occupée la majeure partie des pauvres valides.
Enfin, l'hiver se passa non sans que les classes nécessiteuses aient eu a souffrir de grandes privations, et le retour de la belle saison leur rendit du travail et du pain ; mais les mêmes misères revinrent avec l'hiver de 1791 , et il fallut encore recourir a la bienfaisance publique. Cette fois, le conseil général du département vint en aide à la ville en lui avançant une
somme de iO,(XM) liv. (ieslinée à satisfaire les premiers besoins de ses pauvres.
Cet état de choses qui était le même par toute la France, attira enliu Tatlention du gouvernement. Pour améliorer le sort des classes nécessiteuses et assurer leur existence, il rendit, le 27 novembre 1796, une loi qui instituait dans chaque district (canton) un bureau de bienfaisance, à l'effet d'administrer le bien des pauvres provenant de fondations , de recueillir les dons volontaires et d'en faire la distribution aux indigents à domicile, et autant que possible en nature.
On s'occupa donc de former a Laon un bureau de bienfaisance pour tout le district; mais, d'une part, le manque de dotation , de l'autre , la dilliculté de faire parvenir et distribuer les secours dans les diverses communes, lirent échouer cette tentative.
Cependant, la misère était devenue d'autant plus grande que, par suite des événements de l'époque, les objets de première nécessité se trouvaient portés à un prix excessif. Mais de son côté, la charité publique continuait à être intarissable, et, indépendamment des aumônes journalières , différentes personnes disposaient encore avant de mourir de sommes plus ou moins importantes pour les consacrer au soulagement des malheureux. Ainsi, en l'an 5, un ancien prêtre de Valenciennes, nommé Maximilien Boucher, étant mort à Laon , légua aux pauvres de cette ville CUO liv. pour leur acheter du pain.
Quatre ans après, la position des classes nécessiteuses fut encore aggravée par les rigueurs inusitées de l'hiver. Alin de venir au secours de ceux qui n'avaient pns les moyens de faire du feu chez eux, on établit un chaulfoir public dans l'une des salles de la mairie; un poêle y brûlait de liuit heures du matin à huit heures du soir, et permettait aux iîidigents de s'y chauffer et de s'y livrer à quelques travaux manuels.
Kiiliii, en !<S0:2, sur les pressantes soliicitalions de l'auto-
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filé supérieure, on lit de nouvelles lenlalives j)our élal)lir à Laon un bureau de bienfaisance. Un projet de rèii;lenient fut rédigé, le préfet nomma un bureau d'administration, la ville lit quelques avances de fonds, et les citoyens s'empressèrent de concourir par des dons volontaires à la fondation d'un établissement dont chacun comprenait l'urgente nécessité.
La direction en fut confiée ^ deux commissions différentes : le bureau central gérait ses biens et revenus, veillait à leur conservation, à leur accroissement, ordonnait les dépenses et les distributions. Le bureau auxiliaire établi à la mairie avait pour fonctions de faire connaître l'état des indigents, proposer les secours a accorder, en faire la distribution, recevoir les aumônes et presser la rentrée des revenus.
Ces dernières fonctions furent , quelques années plus tard , confiées aux soins de plusieurs dames patronesses choisies parmi les classes aisées de la société. Après avoir rempli cette mission avec le plus grand zèle pendant tant d'années , la difficulté de rencontrer des personnes en position de consacrer leur temps à l'exercice de fonctions aussi pénibles, a décidé le bureau à substituer des sœurs aux dames de charité. Depuis 1844', deux sœurs de Saint-Vincent-de-Paule sont chargées de constater la position des indigents, d'apprécier et de proposer la nature des secours à leur accorder, de donner des soins à ceux qui , en cas de maladie peu grave , ne doivent pas être conduits à l'IIôtel-Dieu ; enfin, de porter aux malheureux les consolations propres à adoucir l'amertume de leur position.
L'établissement d'un bureau de bienfaisance à Laon se fit d'autant plus h propos qu'une forte gelée tardive, arrivée le 12 mai de cette année, en détruisant les vignes et en portant un grand préjudice aux récoltes, avait considérablement augmenté la misère. En effet, au lieu de 50 à 40 mendiants qui auparavant parcouraient journellement les rues, il s'en trouva tout à coup do 7y îi iOO, a qui il fallut délivrer dos cartes (]c mondicilt'.
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Cependant, le bureau de bienfaisance de Laon n'avait encore aucun revenu fixe : mais, quand on vit les services qu'il était appelé à rendre , des dons nombreux ne tardèrent pas à assurer son existence. Dès la même année , un sieur Davin lui donna 200 francs et M. Marquette une somme de 400 francs. Un prêtre nommé Pierrotin, et un notaire de Pierrepont, du nom de Douvillers, lui léguèrent en même temps chacun une somme de 1,000 fr. ; enfin, l'année suivante, un sieur Gallois lui laissa par son testament une autre somme de 12,000 fr. Les intérêts de ces capitaux, ajoutés aux aumônes volontaires que les habitants acquittaient de leur côté avec beaucoup d'empressement , portèrent les recettes de cet établissement à 5,44G fr. en 1807. En présence de ces beaux résultats, on crut pouvoir prendre une mesure par suite de laquelle la mendicité fut absolument interdite dans la ville.
Néanmoins, les premiers legs faits au bureau de bienfaisance ne constituant encore pour lui qu'une faible dotation , on dut songer à mettre de l'économie dans les dépenses. C'est ce qui lit adopter en 1815 l'usage des soupes économiques dites à ta Rumfort. Elles se composaient d'un mélange de pommes de terre, de riz, mais, lentilles, pois, fèves, et surtout de haricots , carottes , choux , etc. avec une demi-livre de graisse par cent soupes du poids d'une livre et demie, et une once de pain. Chaque soupe revenait à sept centimes environ. La disette de légumes lit renoncer plus tard à ce régime.
Les legs au bureau de bienfaisance un instant suspendus durant les plus fortes guerres de l'empire, et les événements qui précédèrent la restauration, recommencèrent quand la paix fut rétablie. En 1817, madame Lecarlier lui légua 1,200 fr., et l'année suivante, M. Coquillielte, une rente de 50 fr. sur l'état. En 1820, M. de Sars de la Suze lui laissa par son testament une somme de 2,000 fr., et en 1821, M'"" de liuzerolle, celle de 2i,000 francs. Les legs devinrent encore plus iiombi'oux les armées suivantes. En IS27, M. Philijtpy d
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Valineoiirl lui laissa VAM) fr., et deux aîis après, M. Duveul", la somme de îO,OW) Ir. Eu 18^9, Charles X lui donna 1 ,500 IV. En 1850, M'"« Levoirier lui légua GOO ii'., M'"*^ de Monlbasin, ■iOO fr.; en 1852, M""" Piquet, une somme de 400 fr., et M. l'abbé Desprez de Beauregard , de Soissons , des effets mobiliers dont la vente produisit 9,278 francs (1). En 1850, M. d'Y de Résigny lui laissa encore 2,000 (r. ; M. Ancelot, 1,000 fr. en 1859; M"'*^ Marrast, pareille somme en 1841; et enfin, en 4845, M. l'abbé Grard, une somme de 27,000 fr. environ. Au résumé, on compte que le bureau de bienfaisance de Laon a reçu pour les pauvres, depuis sa création jusqu'i la présente année (1844), une somme de plus de 275, 000 fr., dont près de 100,000 en legs, 100,000 en dons, aumônes et collectes , et 12,000 fr. de la ville; le reste provient des troncs et quêtes dans les églises, droits sur les spectacles, bals, concerts, etc.
Ces chiffres font î'éîoge des habitants de Laon , mieux que lout ce qu'on pourrait en dire. Grâce à ces libéralités, les revenus du bureau de bienfaisance n'ont cessé de s'accroître. Ils étaient, comme nous l'avons vu, de 5,446 francs, en 1807, et ils s'élevaient en 1827 à 0,207 fr. ; ils sont aujourd'hui de plus de 9,000 fr. Ils se composent d'abord de 5,085 fr. de rentes sur l'état; ensuite, la vi!!e alloue chaque année une somme de 1 ,000 fr. à prendre sur ses octrois ; les dons, aumônes et collectes produisent celle de 5 à 4,000 fr. ; les quêtes et les troncs dans les églises, 100 fr.; les droits sur les spectacles, bals et concerts, 550 fr. ; enlin, la portion attribuée aux pauvres dans le produit des concessions de terrain au cimetière, s'élève de iOO a 120 fr. par année.
Avec ces ressources, cet établissement doit faire face aux dépenses suivantes : deux sœurs de charité lui coûtent 1 ,000 fr., les frais de bureau , AiU) fr, et il doit acquitter des rentes via-
(1) A ré|)Of|iic (lii cIidIi'I';; , on lit dans lus maisons de la viile, alin devenir au sccour.'- des niallieureux , des(iiiètcs qui produi.sn-eiit une soDiinedi' S,l iJ IV.
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gères pour pareille somme. Il dépense ensuite plus de 4,0<X) l'r. en achat de pain pour les pauvres et 1 ,200 fr. pour leur chauffage ; enfin , il leur donne encore de 4 à oOO fr. de secours en argent.
Salle d'asile. — La création des salles d'asile est toute récente en France, et ne remonte guère au -delà de l'année 1827. Une double pensée a présidé à leur établissement : en ouvrant un asile commun aux enfants en bas âge des classes laborieuses, on a voulu, d'une part, les garantir du danger résultant de leur abandon dans l'habitation paternelle, par suite de la nécessité où se trouvent beaucoup de personnes d'aller au dehors se livrer à leurs occupations journalières; et de Tautre, favoriser le développement physique, moral et intellectuel de ces mêmes enfants dès leur plus jeune âge.
Les salles d'asile sont donc en même temps des établissements charitables et des écoles gratuites pour les enfants des deux sexes, depuis l'âge de deux ans, jusqu'à celui de six. A cet effet , on y voit un préau en partie couvert où ils peuvent se livrer aux jeux de l'enfance dans les moments de récréation, et des salles destinées h leurs exercices. Ces exercices sont de trois sortes : les premiers consistent dans des jeux en rapport avec l'âge des enfants; les seconds, dans des réflexions morales et religieuses à leur portée qui leur sont faites par la directrice de l'établissement ; les troisièmes , dans les leçons d'instruction la plus élémentaire. Ces exercices sont constamment variés et entremêlés de manière à ne point dépasser les forces de ces enfants, ni fatiguer leur intelligence.
Une salle d'asile de ce genre a été ouverte à Laon en 1812. Tous les enfants des classes laborieuses y sont reçus sous les conditions posées par les règlements. Cet établissement qui rend de véritables services, est aujourd'hui fréquenté par plus de 80 enfants.
Bépôl de mrndicifr de MonlrenU. — Après la 'lisî^orsion
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des anciennes religieuses à l'époque de la révolution, les bâtiments de l'abbaye de Montreuil-sous-Laon reçurent successi vement différentes destinations. D'abord occupés par un parc d'artillerie , durant les guerres de la république , ils lurent ensuite, dans les premières années de l'empire , changés en hôpital militaire; enfin, dans le but de détruire la mendicité, un décret de Napoléon les transforma, en 1811 , en un dépôt où devaient être reçus oOO mendiants de l'un et l'autre sexes, appartenant au département. Dès l'année suivante, on y comptait iOi individus, dont 251 hommes ou garçons et 175 femmes ou filles.
A leur arrivée à Montreuil , les mendiants étaient dépouillés de leurs vêtements, lavés et revêtus du costume de la maison. On leur coupait les cheveux court, et l'on donnait à chacun d'eux les petits meubles nécessaires à la propreté.
En même temps, des ateliers furent établis pour les deux sexes : les hommes valides se livraient, les uns aux travaux du jardin , les autres à diverses occupations dans l'intérieur de la maison, ou à la tisseranderie , aux ateliers de lainage, etc. Les garçons et les filles furent tenus de carder, filer et tricoter la laine; les femmes , de filer du chanvre et des étoupes pour la fabrication des toiles nécessaires au service de la maison , de faire les lessives, raccommoder le linge, etc.
Il y fut aussi ouvert un magasin pour la vente des objets non employés dans l'établissement : c'étaient des bas, des chaussons fins et communs, des mitaines, mouffles, gants et bonnets de laine filée. Dès la première année , la vente de ces objets produisit un bénéfice net de 4,400 fr.
En outre du tiers du prix de leur travail , les mendiants recevaient tous les jours pour nourriture ordinaire une livre et demie de pain moitié froment et moitié seigle , et dans la soupe un quart de pain blanc. Ils avaient deux fois par semaine une soupe grasse et une demi-livre de viande. On leur distribuait
iNSTiTUTios civiLKS. r»i:;
d'ailleurs deux l'ois par jour, des légumes, du riz, du fromage et des fruits secs.
Il y avait dans l'établissement sept dortoirs pour les hommes et dix pour les femmes. Tous couchaient seuls sur un lit en bois de chêne peint, une paillasse, un matelas, une paire de draps et une couverture.
Les personnes attaquées de démence y étaient aussi traitées dans un quartier séparé , où l'on comptait alors douze loges pour les hommes et quatorze pour les femmes.
Cet établissement fut confié aux soins d'un directeur, un commis aux réceptions, seize préposés, deux contre-maîtres, un médecin , un chirurgien et un aumônier. Il fut en outre créé un conseil d'inspection et de surveillance composé de cinq membres choisis parmi les habitants de la ville.
Pendant les événements de 1814 et 1815, les bâtiments de Montreuil furent transformés en hôpital militaire et les mendiants renvoyés. Ils y rentrèrent en 1816; mais h la fin de cette année , on n'y comptait encore que 227 individus.
Deux ans après, on y introduisit Fusage du bouillon d'os. La commission des hospices de Laon concourut à cette mesure en y faisant porter les os de la viande consommée dans ces établissements. Cette ressource permit d'abord de faire une économie de deux à trois mille francs par an sur les dépenses de la maison ; mais la quantité d'os que l'on recevait ayant insensiblement diminué , l'usage du bouillon d'os s'en trouva tellement réduit, que l'économie devint elle-même insignifiante, ce qui fit renoncer tout-à-fait à ces soupes , deux ans seulement après leur introduction dans l'établissement.
En 1820, on comptait à Montreuil, 545 reclus, dont 145 aliénés. A cette époque , il s'y trouvait 50 loges construites sur le modèle de celles des maisons de ce genre les mieux organisées. Aujourd'hui , on n'y reçoit plus les aliénés : ils sont conduits, les hommes à Armcntières et les femmes à Lille, déparlemonl du Nord.
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