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des inconvénients de cet état de choses, résolut d'y mettre un terme. A cet effet , il fit venir de Mirecourt et de Cliâlons , deux sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, pour leur faire tenir , à Laon , des écoles destinées aux filles seules , et où celles-ci pussent apprendre à lire , à écrire et les principes de la religion. Il donna à ces religieuses l'emplacement d'un hôpital situé près du rempart, et auquel un citoyen ajouta un grand jardin; et en attendant que les bâtiments en fussent appropriés, il les plaça dans la maison de refuge de Saint-Vincent , rue St-Martin. Ensuite , on fit une assemblée générale pour obtenir l'agrément des Laonnois : ceux-ci se trouvèrent partagés d'opinion sur l'utilité de cet établissement. Néanmoins, des lettres patentes du 9 mars 10:25 le confirmèrent. On fit aussitôt construire , pour les dames de la congrégation , un petit couvent et une chapelle qui furent achevés en 1G31. Ces religieuses furent alors cloîtrées.
Cette institution prospéra si rapidement que, dès 1630, on y comptait vingt religieuses professes, six novices, six postulantes et deux tourrières. Cette maison, où l'on recevait aussi des pensionnaires, devint alors la mère de plusieurs autres, telles que celles de Paris, Corbeil, Rethel, etc. A la fin du 17"'^ siècle, elle possédait 10,000 liv. de revenus.
A la suppression des ordres monastiques , en i 789 , les religieuses de la Congrégation furent dispersées. Elles étaient au nombre de vingt-six religieuses de chœur et huit novices , et jouissaient alors de 15,000 liv, de revenus.
Sœurs Marquette. — En 1685, deux personnes de Laon, les demoiselles Marquette et Marie Valet, s'associèrent à l'effet de procurer une éducation gratuite aux jeunes filles de la ville et des faubourgs. La première consacra tous ses biens à cet établissement et plaça les écoles dans sa propre maison au Champ-Saint-Marlin, en imposant aux sœurs Marquette la condition de rester a perpétuité dans ce lieu , sous peine de perdre le fruit qu'elle leur léguait.
Les sœurs Marquette vivaient en communauté et faisaient des vœux simples; elles choisissaient leur supérieure tous les trois ans. On tirait de leur maison des maîtresses d'école que l'on distribuait dans les bourgs et villages voisins.
Pendant l'épiscopat de M. de La Fare, de 1725 à 1741, les sœurs Marquette furent dispersées et obligées de se cacher pour échapper à la persécution que les jansénistes, dont elles étaient accusées de partager les opinions , eurent à souffrir à cette époque.
Au moment de la révolution, les sœurs Marquette avaient environ 2,000 liv. de revenus. Leur communauté fut détruite peu de temps après, et remplacée en 1805 par une autre communauté dont les religieuses prirent le nom de sœurs de la Providence.
Sœurs de la Providence. — Quand la tourmente révolutionnaire fut passée et le calme intérieur rétabli, plusieurs personnes éclairées de la ville , à la tète desquelles étaient M. Méchin, préfet du département, et MM. Mignot et Patouillard, l'un curé et l'autre vicaire de la cathédrale, songèrent à relever l'institution des sœurs Marquette , afin de rendre aux enfants des classes pauvres le moyen d'acquérir une instruction gratuite.
A cet effet, ils firent choix de M*""* Laurent en qui ils avaient reconnu la vocation et la capacité nécessaires, lui adjoignirent deux autres personnes, M*"" Catherine Berleux et Sophie Noiron , et louèrent deux maisons , l'une dans la rue du Cloître pour loger la communauté et tenir une classe, l'autre dans la rue Saint - Martin , destinée à recevoir une seconde classe pour les enfants de ce quartier.
La ville , de son côté , s'empressa de venir au secours do l'établissement naissant dont chacun appréciait l'utilité, et elle accorda aux sœurs une rétribution annuelle de 1 ,500 fr. ( Depuis 1841 , cette rétribution est réduite à 750 fr.) Les classes en furent ouvertes le 18 novembre 1805 , et au bout de deux mois seulement , on y comptait près de 200 élèves.
L'année suivante , le sort de cet établissement paraissant assuré et le nombre des sœurs s'élevant déjà à quatre , on dut songer à leur donner une supérieure et à leur faire prononcer le vœu d'obéissance , conformément à la règle des anciennes sœurs Marquette, laquelle avait été adoptée pour la nouvelle institution. La cérémonie s'en lit le 25 avril , et sœur Berleux fut nommée supérieure.
La communauté des sœurs de la Providence ne tarda pas à pousser des ramifications au dehors de la ville de Laon. Dès 1807, elle forma un établissement à Marie, et les années suivantes à Ilirson, Rozoy, Blérancourt et Crécy-sur-Serre. La maison-mère fut elle-même transportée dans un plus vaste local en 1812, et la communauté prit possession , cette année, des bâtiments de l'ancien Hôtel-Dieu.
L'invasion de 1814 trouva les sœurs de la Providence au nombre d'une trentaine, et leurs écoles fréquentées par 220 iilles. Les classes n'y furent interrompues que pendant quinze jours. Durant l'occupation , leur maison fut respectée et servit de refuge à beaucoup de jeunes personnes , à des femmes et même à des ménages entiers.
Aujourd'hui , les sœurs de la Providence tiennent à Laon cinq classes où 170 enfants reçoivent une instruction gratuite. Elles ont en outre un pensionnat dans lequel on compte plus de 50 pensionnaires et de 80 externes.
Cette maison compte encore quinze colonies au dehors. Celles-ci se trouvent placées à Dizy, Festieux, Cormicy, Bruyères, Thenelles, Pierrepont, où sont de simples écoles gratuites, à Montcornet , Rozoy , Sissonne , Anizy et Ribemont où il existe en outre un pensionnat , enfin , à Marie où les sœurs tiennent de plus l'hospice des malades, à Blérancourt où elles sont chargées du soin des orphelins , à Crécy où on leur a confié l'hospice des vieillards, et a Saint-Médard où elles se livrent à l'instruction des sourdes-muettes. Au résumé, les divers pensionnats des sœurs de la Providence renfermaient, en i8i5.
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environ 140 pensionnaires et ô40 externes, et leurs classes gratuites étaient iréquentées par 950 entants. Ces religieuses se trouvaient elles-même au nombre de quarante-six, plus, dix novices et douze postulantes.
Indépendamment de la Providence, on voyait encore à Laon, en 181 1 , trois pensions de filles, qui se trouvèrent réduites à deux en 1815, à une en 181G. Elles remontèrent à deux en 1828, et sont maintenant au nombre de trois. On compte dans ces différents établissements environ 150 élèves, dont quarante pensionnaires.