‹ Histoire de la ville de Laon et de ses institutionsChapitre 75 sur 90 · JURIDICTIONS DES ABBAYES · texte numérisé non relu

JURIDICTIONS DES ABBAYES

Les cinq abbayes situées à Laon et sur son terroir possédaient toutes, sans doute, le droit de juridiction; néanmoins l'histoire ne nous dit pas si la maison de filles de Montreuil , établie beaucoup plus tard que les autres, en jouissait aussi, et nos renseignements à l'égard de celle du Sauvoir, maison de fdles également, se bornent à nous apprendre quelle en était en possession. Comme signe extérieur de ce droit, ces établissements religieux avaient chacun , au milieu de la grande cour de leur maison , une échelle , un pilori et un carcan haut élevé.

Il ne nous est resté aucun acte qui puisse faire apprécier la manière dont la justice était rendue dans ces divers tribunaux. Deux condamnations émanées de la justice de Si-Martin nous montrent, l'une la sévérité de ces tribunaux envers les laïcs qui se rendaient coupables d'un vol au préjudice d'une communauté religieuse et avec celle circonstance aggravante que le vol avait été commis dans un lieu consacré au culte ; l'autre, qu'au lo""" siècle, on condamnait encore au dernier supplice les animaux qui avaient occasionné la mort d'une personne.

En 1541, un certain Jean Daulerive, domestique de l'abbaye, fut condamné à mort pour avoir volé avec effraction des fromages renfermés dans une armoire placée dans l'église de cette maison. Nous racontons ailleurs (voyez mœurs et usages. Livre III) comment sa peine lui fut remise par le grand bailli du Vermandois.

En 1494, un pourceau ayant mangé la figure et fait mourir un enfant dans la ferme de Clermont , qui appartenait à cette même abbaye, fut condamné par Jean le Voirier, licencié èslois et grand mayeur de cette maison : « Adfin de exemplaire » cl gardes justices, avons dit , jugié , senlencié, i)rononcé et

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» appointé que ledit pourceau estant détenu prisonnier et enï fernné en ladite abbaye, sera par le maître des hautes-œuvres » pendu et estranglé en une fourche de bois, auprès de la » censé d'Avains. » Ce qui fut exécuté.

Abbaye de Sainl-Vincent. — Sa juridiction s'étendait à Laon sur tout le bras de la nriontagne où elle était assise , sur les deux quartiers de la Villette et sur tout le terroir situé entre Semilly et Clacy. La justice y était rendue par un grand mayeur qui tenait ses audiences dans la maison du Petit-Sl-Vincent, rue St-Martin. Il était assisté de plusieurs échevins.

Abbaye de Saint- Jean. — Sa juridiction ne s'étendait à Laon que sur l'enceinte du monastère.

Abbaye de Saint -Martin. — L'étendue de sa juridiction comprenait l'enceinte du monastère, tout le Champ-St-Martin, et sous le nom de mairie de Chamlca , une partie du faubourg de Saint-Marcel qui lui appartenait. Une autre partie du territoire qui s'étendait vers Clacy-et-Thierret se trouvait aussi sous sa juridiction. La justice était rendue par un grand mayeur assisté de quatre échevins.

Il paraît, par un titre de 1501 , que les condamnés de ce tribunal étaient renfermés dans une cage de bois placée dans l'église même de l'abbaye.

Abbaye du Sauvoir. — Sa juridiction comprenait l'enceinte du monastère et toute la terre de la Ramée.

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