ARQUEBUSIERS
L'invention des armes a feu amena la dissolution des compagnies d'arbalétriers comme l'usage de l'arbalète avait amené celle des compagnies d'archers. 11 se forma dans toutes les villes des associations dont les membres avaient pour but l'exercice et le maniement des nouvelles armes.
L'établissement d'une compagnie d'arquebusiers a Laon lut autorisé par Louis XIÎI , en Uîli. Elle se forma par les soins de M. de Vassan , lieutenant au gouvernement de la ville, et non de M. Regnault- Branche qui en fut seulement le premier capitaine. Chaque chevalier payait en entrant dans la compagnie «ne somme destinée a pourvoir aux dépenses co?nmunes. Qn^nd il venait à niourir, son ai'nie appartenait ;i la compagnie, qui faisait faire a ses frais un service auquel assistaient tous les «hrvaliors.
it2 LIVRE VII.
La compagnie se rassemblait tous les dimanches pour se livrer à ses exercices, et l'on tirait chaque année six prix de la valeur de 3 liv., indépendamment du grand prix de l'oiseau qui se tirait le premier dimanche de juin.
Chaque ville d'ailleurs proposait tous les ans a tour de rôle un grand prix au tirage duquel étaient invitées les compagnies des villes voisines. En 1687, la compagnie de Laon gagna le bouquet a Reims. On fit à cette occasion de grandes réjouissances dans la ville : à leur retour les chevaliers furent reçus 'avec beaucoup d'honneur ; la milice bourgeoise alla au devant d'eux ; on lira les boites et on leur donna un grand bal.
Le capitaine des arquebusiers de Laon jouissait de l'exemption de tailles , de logements militaires , du droit des aides et de ceux de huitième et de vingtième sur quarante pièces de vin par an. Le roi de l'oiseau, c'est-a-dire , celui qui l'avait abattu, avait les mêmes privilèges.
En I7i28, un nouveau règlement réduisit le nombre des chevaliers a vingt- huit, y compris les sept officiers, savoir : capitaine, lieutenant, enseigne, connétable, sergent -major, receveur et secrétaire.
Au moment de sa formation, la compagnie de Laon acheta à l'abbaye de St-Jean pour se livrer à ses exercices, un jardin situé sous les murs de cette maison, moyennant un surcens de 3 liv. La suppression de cette compagnie ayant été prononcée en 173o , la maison et le jardin des chevaliers furent réunis au domaine de la ville.
Le nombre des chevaliers de l'arquebuse ayant toujours été limité, 200 jeunes gens de Laon qui n'avaient pu entrer dans cette compagnie s'étaient, au moment même de sa formation , associés entre eux et dans le même but. Mais cette seconde Hssociation dura peu et ne reçut jamais une sanction légale.