‹ Histoire de la Ville de LaonChapitre 11 sur 58 · LIVRE CINQUIEME* €t · texte numérisé non relu

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forent détruites ; et la chute d'an pan de mur ouvrit une brèche de cinquante pas.

Vers les sept heures du soir , après une seconde sommation aussi vaine que la première, St Ravy eut ordre de monter a l'assaut avec son régiment et quelques cuirassiers. Il était protégé par une double attaque ^ que le Duc de Bouillon et le Maréchal de Biron faisaient à droite et à gauche, St Ravy et les siens agirent avec beaucoup de résolution^ malgré l'escarpement du terrain que la pluie avait rendu tiès-glissant ; sans s'effrayer du feu des assiégés ^ ils parvinrent jusqu'au haut du rempart Mais un obstacle imprévu ne leur permit pas de s'y établir* Ils trouvèrent , derrière la brèche , un retranchement qu'ils ne pouvaient^ ni renverser^ ni franchir ^ et qui les força de se retirer; ce qu'ils firent sans trop de perte ^ à travers une grêle de balles. •

Fendant qu'on se battait à S. Just , les assiégeans faisaient jouer des mines pratiquées dans divers endroits. Deux seulement réussirent, l'une à la Moncelle^ l'autre sous la tour de Chevresson (24), Le grand Ecuyer Bellegarde, Grillon, Thorigny et Monligny^ s'élancèrent à-la-fois vers la brèche de la MonceHe , et l'ardeur de leur troupe étonna d'abord l'ennemi. Mais ceux qui étaient en

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àvjanty tombèreni! dans., un souterraiii quâ Texplosiori de la mine avait découvert ; et cet accident suspendit la marche des autres qi4 crurent que c'était TefFet d'un fouineau préparé par les assiégés. Ceux-ci, revenus de leur trouble ^ se rassemblèrent en force sur la brèche^ et; par la chaude réception qu'ils firent aux royalistes , les contraignirent de reculer.

L attaque de Chevresson était commandée par Balagny, qui avait quitté la Ligue, et qui y pour prix de sa défection , s'était fait reconnaître comme Souverain de Cambrai.

Quoique plus opiniâtre que les autres , cette attaque ne fut pas plu& heureuse. Quand les assaillans furent arrivés au haut du rempart; il s'engagea un combat furieux, où de part et d'autre on fit des merveilles. Mais les royalistes, ayant à lutter aussi contre le désa-* vantege du terrain , s'épuisaient en vains efforts; et une grosse pluie survint à propos, avec la nuit, pour favoriser leur retraite.

Xies trois attaques coûtèrent beaucoup de monde au Roi. Les assiégés^ au contraire, n'y perdirent que douze hommes , parmi lesquels se trouva le Capitaine Boyn , l'un des meilleurs Officiers de ' la garnison. La nuit se passa de leur part à réparer les brèches, et le lendemain matin les assié-^

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geans ne virent point sans surprise qu'elles avaient disparu.

Cet échec , qui reculait leurs espérances , Embarras mit la désertion parmi eux ^ sans que Henri et de eût d'autre moyen que la persuasion pour ^^'^'^^^'fi» s'y opposer. Car il ne &ut pas croire que tout ce qu'il y avait de Français dans son armée dépendit entièrement de lui. Bouillon et Batagny, qiii étaient venus le joindre depuis peu, ne se regardaient que comme ses alliés, parce qu'ils étaient Souverains; Lies Princes du sang et les principaux Seigneurs servaient dans ce temps-là , comme volontaires, avec, les troupes qu'ails avaient sous leurs ordres ,- et il y avait aussi de simples gentilshommes, qui enrôlaient des compagnies sous leur nom et les entretenaient à leurs ^i frais. Tout ce monde-là n'^était retenu sous ^ les drapeaux de Henri 3> que par les liens de * l'intérêt ou de l'honneur , et au premier mécontentement , se croyait en droit de se retirer. Pour surcroit d'embarras^ Biron , qui avait le principal commandement sous le Roi, était piqué de ce qu'on lui refusait le gouvernement de Laon ; et il servait de mauvaise grâce , quand l'ardeur de se signaler par quelque action d'éclat n'exaltait point son ame saperbe et avide de toutes les distinctions.

Cependant , quelque di£5cile que fût la

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position de Henri ^ celle de Dubourg Tétait bien davantage La garnison s'affaiblissait de jour en jour : la poudre était à la veille de manquer; et il se tenait ^ parmi les habitans, des conventicules où Ton parlait de se rendre* Fipemont^ gentilhomme aussi brave que sage, se laissa même persuader de faire en leur nom des remontrances sur le danger de tenir 4>lus long-temps. Elles furent très-mal reçues, et n'aboutirent qu'à faire arrêter vingt-deux des principaux Bourgeois, qu'on accusait d'éclairer le peuple sur le but coupable de la sainte, union. Dubourg, dans un premier mouvement de colère, voulut même en faire pendre deux qui avaient manifesté leur opinion sans ménagement (25). Cependant les factieux redoublaient de zèle. Us épiaient les uns ; ils exhortaient les autres* A les entendre, le Roi, désespérant d'emporter la place , n'attendait qu'un prétexte pour se retirer ; et l'arrivée d'une armée de secours ne larderait pas à le lui fournir. L'ardeur de l'Evêque se faisait surtout remarquer.

Secondé de Jacob , qui, depuis le départ de Toulousain , avait recouvré la parole , il parcourait Ictus les postes, armé de pied, en cap ; et partout il se déchaînait contre l'idée de «e soumettre à un hérétique. Mais le temps était passé où les têtes s'échauffaient

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