‹ Histoire de la Ville de LaonChapitre 18 sur 58 · DIT I.IVRE CINQUIÈME. ^J · texte numérisé non relu

DIT I.IVRE CINQUIÈME. ^J

» désavanbgeuse et tellement éminente de tous côtés*, n qu elle semble avoir été posée là par la nature, pour

7» dominer tout son voisinage Toutes les forces

» d'Espagne, des Pays-fias, et celles des Figueurs de » France conjointement, portèrent toutes leurs affecn dons , industries et puissances pour secourir cette 3t place ; et il s*est passé tant de fictions , actions et il choses notables et dignes de remarque durant ce grand » et long siège , que qui en voudrait représenter toutes n les circonstances et particularités , il s'en pourrait faire 99 un gros volume, n

(il) Le Comte de Sommerive "mourut en 1609 , sans avoir été marié. Il était alors éloigné de la Cour, pour s^être Ëiît aimer de la Comtesse de Moret , (maîtresse de Henri IV). Il avait répondu à des personnes qui lui représentaient que ses assiduités , auprès de la favorite, déplaisaient au Roi. n Comment morbleu ! il a couché avec nos mères et nos sœurs > et il voudrait nous interdire ses gare....

Henri de Lorraine , Duc du Maine, son frère , tué en i6ii au siège de Montaub^h ; ne laissa point d^enfàn^ Ainsi la branche de Mayenne s'éteignit en eux.

(la) Charles D'Humières , qui fut tué l'année suivante à la prise de Ham , et dont Henri IV pleura la mort , était un des Lieutenans du Diic de Longueville. Deux des lettres, que Henri lui écrivit pendant le siège de Laon , l'une le 28 Mai , l'autre le 7 Juin , feront preuve de ce que nous disons de la prévoyance du Rqi , et de la diligence avec laquelle ses ordres étaient exécutés.

Première Lettre.

» Monsieur D'Humières , vous savez de quelle imjt portance est pour le bien et avancement de mes a&iires, « l'exécution de la commission que je vous envpie , pour

.99 le recouvrement de gnons pour b nourrinife de toon 9» armée; qui est cause , aVec l'assurance que j'ai que ». vous serez très-aise d'être le solliciteur d'un si recomn mandaUe secours , qui même ^ attendu l'assignation n que j en donne dès maintenant , ne tournera aux four- )> nisseurs à aucune charge que d'avance , que je me n repose du tout sur vous du soin que requiert cette ff affaire pour mon service-, dont la nécessité vous » fournira de la recommandation que je vous ferais en » moindre besoin. Au camp devant Laon , le 28/ jour

V de Mai. HENRI , et plus bas RuzÉ.

Deuxième Lettre»

n Monsieur D'Humières , j'ai avis que l'armée de mes M ennemis marche. Je crois que c'est pour, venir à La n Fère. Je me délibère de continuer le siège , ce néan- >i moins ne perdre l'occasion de les combattre, quand elle » s'offrira. £t parce qu'il est nécessaire de Ëiire provi- » sion de grande quantité de pain , j'envoie les mulets » et charrettes de vivres , pour apporter le pain qui a

V été laissé à Attichy et ce qui s'en pourra apporter de » Compiègne ; et les faire accompagner d'une bojine et yy forte escorte , laquelle a commandement d'aller audit » Attichy , et de passer outre , si vous leur mandez qu'il i> en soit besoin. C'est le Sieur Du RoUet , auquel j'ai 37 donné charge de faire cette escorte, lequel attendra n de vos nouvelles demain matin audit Attichy. Je renvoie

V les charrettes qu'aviez &it bailler à Compiègne , afin » qu'elles servent à amener du pain parla même voiture; n et d autant qu'il n'y a qu'un cheval à chacune desdites

V charrettes , je vous prie de faire amener ce qu'il âudra 9> de chevaux audit Attichy, pour servir à apporter ce pain i> en ce lieu. Partez incontinent et amenez toute votre » troupe et tout ce qu'il y a de mes serviteurs par delà; car » à ce coup nous verrons les ennemis , et crois que nous

DU lilVHE CINQUIEME* 89

s» ne les laisserons éloigner sans combattre* Venez donc n le plutôt que vous pourrez; à que» m'assurant que vous 9 ne ferez £iute , je prie EMeu , etc. D*Anizy , ce 7.* » jour de Jjuin 1 594. HENRI, et plus bas Potier. »

(i 3) François (TAngennes « Seigneur de Monlouet , était un des neuf fils de Jacques d'Angennes , un des avons de François I.*'. Aucun d*eux ne fîit ligueur , et tous rendirent des services Astingués à leurs Rois.

( 14 ) Le bois , que Henri IV fit occuper par Mpnlouet , est situé entre Cerny et Molinchart , et se nomme le bois de Cerny. La tradition du combat , qui s'y donna, s*est conservée dans le canton. Les terres qui le bordent du côté de Laon , se nomment encore le champ de la bataille.

(15) Claude La Bourlptte, Capitaine renommé par sa bravoure, était né de*paiens fort obscurs. Son père était valet dechambre chirur^en dans la madson du Comte de Mansfdd. Bayle lui a consacré un arfide dans son dictionnaire.

^ 16 ) Devic est ce brave et fidèle Officier , qui , passant dans la rue de la Ferronnerie , quelques jours après Tassassinat de Henri IV , tomba sans connaissance , en regardant la place où son Roi avai( été frappé , et mourut le lendemain.

( 17 ) Jacques Colas , plus connu sous le titre de Sénéchal de Montelimart, est un exemple notable des succès que i'audace peut obtenir dans les temps de trou* Mes. C'était un Dauphinois sans naissance , mais non pas sans courage ; et d'ailleurs sans scrupule sur les moyens fe satis^re uoe ambition sans bo^n^. Non content,

go NOTES

dTavoir obtenu le commandement de La Fère , pour piK de l'assassinat de celui qui l'avait , il se mit en tête de se &îre Seigneur de cette ville , à llmitanon de son compatriote Balagny , qui s'était Êdt Prince de Cambrai ; et il y parvînt , par la Ëiveur des Espagnols à qui il se vendit. Lorsque La Fère rentra sous Fobéîssance du Roi , à qiû la seigneurie en appartenmt aussi , il eut rimpudence d'en signer la captulation , avec la qualité de Comte de La Fére. H sordt de France avec les Espagnols , et se fit .tuer à leur servicç.

(i8) François Delagrange, Seigneur deMontîgny, est celui que Henri IV embrasssdt , lorsqu'il fut frappé par Jean Châtel. Marie-Casimire Delagrange d'Arquien, qm épousa Jean SôbiesU , et devint Reine de Pologne, était sa petite nièce.

(19) Gilbert Filhet de La Curée , l'un des meilleurs et des plus conistdérctbles Officiers de l'armée royale , et dont les historiens parlent trop peu , était fort aimé de Henri IV , pour son désintéressement et sa valeur. H n'y a guères d'action de quelqu'importance , où il ne soit cité d*une mamère distinguée par les journaux du temps, n fut blessé deux fois dans l'allure du grand convoi. Il était vraisemblablement fils de ce Gilbert de La Curée , Gouverneur du Vendômois , ausisi illustre , dit l'historien De Thou, par sa vertu qiie par sa noblesse , et que les Catholiques avaient assassiné , en 1564, parce qu'il leur paraissait trop Êivorable aux Protestans.

(ao) Henri IV instruisit Messieurs D'O et D'Omano, de la défaite du grand convoi et de la retraite des alliés , par des lettres du 18 Juin i594> qui furent aussitôt rendues publiques. Celle à M. D'O , a été recueillie au tome 6 des mémoires de la Ligue. Elle se retrouve dan&

Page 1