‹ Histoire de la Ville de LaonChapitre 21 sur 58 · livre aux · texte numérisé non relu

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mécon- Ousseiit eu à cœur de faire voir qu ils n'avaient cndlnt P^^"*^ dégénéré du zèle de leurs ancêtres pour la les fondations religieuses , rétablissement de Marfe 4'«ne Communauté de Capucins suivit de ^^ près la concession faite aux Minimes (i)« Une compagnie d Arquebusiers , qui se forma dans' le même temps , dût 3a naissance à l'amour du plaisir^ plus qu'au goût des exercices militaires (2). Ces soins paisibles furent troublés par les orages d'une Régence^ d'autant plus méprisée y qu'elle contrastait davantage avec l'administration précédente.

Un aventurier Italien gouvernait la France^ sous le nom de la veuve de Henri IV* L'indignation ne tarda pas à soulever une partie de la haute noblesse contre la Reine et son favori. La Reine effrayée signa la traité de Ste Menehould , cpnvoqpa les Etats généraux, et promit de corriger les abus.

Mais quand les Etats furent séparés, elle oublia ses promesses. Concini , devenu Maréchal, sans avoir jamais tiré Tépée, conserva

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ton pouvoir , et les grands reprirent les armes. Leur armée s'assembla à Noyon ; et comme la Cour n'avait pas encore de troupes à leur opposer , ils firent aisément déclarer en leur faveur la plus grande partie de la Picardie et de l'Isle de France. Ijc Marquis de Cœuvres, depuis Maréchal D'Estrées , leur livra Laon dont il était Gouverneur , et engagea ainsi celte ville dans une rébellion qu'elle n'approuvait pas. Après quelques hostilités ^ les deux partis conclurent, àLoudun^ une seconde paix qui dura moins encore que celle de Ste Menehould.

L'empi'isonnemetit du Prince de Condé la '^^^* fit rompre. Ceux , qui avaient jusques-là leur suivi sa fortune, craîenirent le même sort» p""^*''*^* Us se retirèrent précipitamment de la Cour, et allèrent occuper les quatre vil les de Coucy^ La Fère, Soissons et Laon. Celle - ci, dont Cœuvres était toujours Gouverneur , fut Fâsyle que se choisit le Duc de Vendôme, Les autres chefs y vinrent tenir conseil avec lui; et Cœuvres n'eut pas de peine à leur persuader d'en faire leur principale forteresse. Ce projet déplaisait fort aux Bourgeois. Pour les tenir en bride , on commença par s'assurer de la grosse tour et du palais de justice , en y disant entrer nuitamment des soldats. On renforça en même-temps la garnison ; et l'on

IIO HISTOIRE DE liAON;

»e mît à construire trois forts , l'un à la point©

de Classon , un autre au-dessus de la tour

penchée^ le troisième derrière la citadelle ;

vaste entreprise, que la brièveté de la guerre

dispensa de mettre à fin.

'^«7- Cependant on s'était mis en campagne de

de leurs part et d^autre; et les mécontens n'avaient

corps est p^ empêcher Rosoy de tomber au pouvoir

dans le du Duc de Guise qui commandait l'armée

de Vaux? ^^J^^^ j ^^ ^^^ ^^^^ ensuite prendie Château- Porcien. Guise , informé dans cette ville qu'une partie de leurs troupes était cantonnée à Vaux-sous-Laon, forma la résolution de, les y enlever. Il partit, pour cet effet, le 3i Mars 1 6 1 7 , à la tête d'un gros corps de cavalerie , fit dix lieues d'une seule traite , et arriva à deux heures après- minuit. Il eut bientôt forcé la barricade ; mais entré dans le faubourg, il trouva que la cavalerie ennemie avait gagné les vignes 5 et que les fantassins s'étaient renfermés dans l'Eglise, tous également déterminés à se bien défendre. Dès le point du jour, Cœuvres fît pointer le canon de la place r>ur les royalistes ; et quelques volées suffirent pour les forcer à la retraite. Mais ils ne s'éloignèrent qu'après avoir mis le feu au faubourg , dont quelques maisons seulement furent consumées. Après celte chaude alarme . les affaires des mécontens

lilVR^B SIXIÈME. III

conlinuèieDt à décliuer. D'un côlé, Guise iermait Tentrée du royaume aux troupe3 étrangères, qui venaient à leur secours. D'un autre côté, le Comte d'Auvergne poussait vivement le siège de Soissons, dont la conquête devait le mettre en état de tenter celle de Laon. Sur ces entrefaites la mort d'un seul homme fit tout-à-coup cesser la guerre.

Le but des Princes , en prenant les armes, avait été la ruine de Concini ; une intrigue de Cour les en délivra. 11 fut tué par ceux qui avaient ordre de se saisir de sa personne; et la nouvelle de sa mort fit rentrer tout le monde dans le devoir.

Peu après cet événement, le fanatisme «^*î* fit commettre à Laon un autre assassinat, ^e auquel des circonstances remarquables don-^ Samud nèrent beaucoup de célébrité. Tandis que rets. Samuel Desmarets, dont la famille matei^selle était de cette ville , y exerçait , avec un grand éclat, les fonctions du ministère évaiigélique , il arriva que D'Hurtebize ,, €rOUverneur de La Fère , embrassa le callio- ScisiTie /et que sa femme , après une longue . hésitation, suivit son exemple. On attribuait Fabjuration du premier au désir de conserver la place : ainsi un controversiste n'avait rien a démêler avec lui. Il n'en était pas de même |4e la seconde , dont le cliangement passait

lis filSTOIRiS JiE I«AON.

pour une afFaii*e de conscience. Desmarefs i par une lettre qu'il lui écrivil, Texhorta vivement à renlrer dans le giron de l'Eglise réformée. La nouvelle convertie lui adressa, en réijonse, un exposé des raisons qui Tavaient touchée. D^suiarets les réfuta par un écrit qu'il rendit public ; et la hardiesse de cette réfutation irrita les Jésuites , au point qu'ils menacèrent hautement de le Ëiire punir* On était dans toute la chaleur de ce démêlé , lorsque 9 le i3 Décembre 1623 , en sortant de chez Samuel Vauquet, son oncle , Desmarets fut frappé d'un coup de couteau , qui lui fît une profonde blessure à la poî^ trine. L^assassin s''esquiva , sans avoir été reconnu, et la justice mit peu d'empressement à le découvrir. Un Jésuite prêchait alors TA vent; et c'était lui qui avait converti la Dame D'Hurtebize. Il s^appellait D'Aubigny.

lie procès de Ravaillac avait rendu son nom fameux , parce qu'ayant reçu de lui , en confession, la confidence de l'horrible dessein de tuer le Roi , et ayant été appelle en témoignage devant le Parlement, il avait déclaré ne se souvenir de rien. Il était impossible qu'un tel homme échappât à de graves soupçons. On crut généralement que c'était lui qui avait aj30sté l'assassin ; et celte ac^u- . sation , dont ou fît grand bruit dans le parti

protestant.

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