‹ Histoire de la Ville de LaonChapitre 22 sur 58 · LIVRE SIXIEME» ll · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME» ll

protestant , retentit jusques dans les pays étrangers. Vingt - quatre ans après , toute FEglise calviniste de Laon en attestait encore la vérité par une déclaration solennelle. ' Samuel Desmarets eut le bonheur de guérir de sa blessure. CTétait un homme fort savant. De nombreux ouvrages lui acquirent la réputation d'ui) des plus célèbres Théologiens du dix-septième siècle (3).

Après la mort du Connétable de Luynes, '^3©.

. , ., I • j> Entreprise

qui, sans autre mente que celui d amuser du BAron le Roi , avait succédé au pouvoir de Concini, ^ t^ Tascendant d'un génie supérieur plaça Riche- sur Laon. lieu à la tête des affaires. Un premier Ministre ne manque point d'ennemis; et Richelieu dut en avoir plus qu'un auttre ^ non pas seulement parce qu'il gouverimit avec une extrême hauteur , mais aussi parce que l'abaissement des Grands était un des piincipaux objets de sa politique. Au mois de Septembre i63o, Louis XIII tomba dan* gereusement malade à Lyop. Cet accident fît former beaucoup de projels poui* la ruine du Cardinal; et quelques gens eurent mémè^ la ténsérité de prendre les armes , sans atteudi*e l'issue de la maladie , que l'on disait sans remède. De ce nombre fut un certain liaron de Saint-Pierre, qui apparemment n'agissait point pour son propre compte. Du moins ou

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ne devine pas ce qui aurait pu lui inspirer la hardiesse de se faire chef de parti. Quoiqu'il en soit, ce gentilhomme voyant qu'il n'y avait point de garnison dans Laon » se présenta un jour avec quelques troupes > daqs le dessein de l'occuper. On l'arrêta aux portes^ sous prétexte de délibérer sur sa demande.

La réponse se faisant trop attendre^ il menaçait de mettre la ville au pillage , quand les Bourgeois, qui n'avaient voulu que gagner du temps , pour se mettre en état de défense ^ parurent en armes sur leurs remparts» Ije Baron, furieux de se voir leur dupe^ essaya d'emporter la place par un coup de main:

mais tous ses efforts furent inutiles; et dès que la nuit fui venue, il se retira à petit bruit. Lie Prévôt des Maréchaux , qui se mit à sa poursuite avec quelques soldats rassemblés à la hâte , le surprît quelques jours après dans le village de Besny, et l'amena dans les prisons de Laon. Il n'est point dit s'il porta la peine de sa folle entreprishe. Le caractère implacable de Richelieu ne permet guères d'en douter* »63y- Tout despotique qu'il était, ce Ministre, ment du daus les besoius dç l'état, paraissait préférera. domaine j^ création de nouveaux impôts, des ressources

de Laon. . ^

moins onéreuses au peuple, telles que l'aliénation d'une partie du domaine de la couronne.

jSn i635^ des Commissaixes du Conseil fuient

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chargés d'en vendre différentes portions , et le 37 Octobre, Roger de XiOngueval deCrécy se rendit adjudicataire des domaines de Laon , Crépy et Noyon , pour la modique somma de 9,i5o livres. Son titre, qui n'était qu'un engagement , fut renouvelle en 1689 ^ ^^ feveur d'Anne de Longueval , Marquise de Senneterre. Il ne faut pas croire que ces engagistes soient devenus Seigneurs de Laon, Qt que les contrats passés avec eux aient détaché cette ville du domaine de la couronne. De tels contrats n'étaient autre chose que des prêts sur gages; et la jouissance qu'ils conféraient^ perpétuellement révocable à la seule condition de rembourser le prix de l'engagement, n'était considérée que comme un simple usufruit. Elle se bornait à la perception des profits féodaux et des revenus du fonds. En un mot, le titre du fief et la justice n'étaient point sortis de la main du Roi.

Dans la guerre qui se ralluma en i635 , '^3^ entre la France et l'Espagne , Laon se vit 1652. plusieurs fois menacé par les armées enne- ^*®'! ^*^

*^ * ^ plusieurs

mies. En i636. Les Espagnols, qui avaient fois passé l'Oise, délibérèrent s'ils ne viendraient ^\^ point l'attaquer , dans un moment où uneEspagnois. violente épidémie le désolait, et où les forces «delà France étaient occupées ailleurs. En 1649 > l'Archiduc Léopold s'arrêta au pied

Ha

Il6 HISTOIRE DE LAON.

de la montagne , à la tête de quarante^jrullle liommes, et empoita le faubourg de Vaux* IVlais après avoir examiné les dehors de la place^ il fut effrayé des obstacles qu'il aurait à surmonter^ s'il eu entreprenait le siège. Lies Espagnols vinrent encore camper à la vue de JLaon , le 23 Juillet i652; et leurs dispositions^ pour en inlercepler tous les accès , firent croire que celte fois ils ne se borneraient pas à une simple reconnaissance. On le craignait d'autant plus^ qu^une tentative malheureuse du Maréchal D'£strées 9 surCoucy, venait d'affaiblir considérablement la garnison. Cependant une députatiou qui se rendit à Chambry, ou était leur quartier-général , et qui avait cliarge de leur ofirir une grosso somme pour les engager à se retirer, leur persuada de préférer un profit sûr à l'espoir d'une. conquête incertaine (4).

»65i. L'Evêqûe Philbert de Biichanteau . frère

Mort de i t^ > - .

i>hiibert et successeur de Benjamm , avait appris au lie Bri. Sart-1'Abbé, où le retenait une maladie de

hanteau.

langueur, le danger que sa ville épiscopale ' courut en i65a; et il s'y était fait transporter sur-le-champ, voulant^ disail-il, se réunir, mort ou vif, à ses en fans. Cet acte de dévouement^ que sa mort suivit de près (6), n'a rien qui étonne de la part de celui, qui, n'ayant besoin que de sa naissance pour

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