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parvenir aux honneurs de'l'Eglise, s'y éUit acquis de plus justes droits, en allant prêchec l'évangile au Canada. Sa justice, sa bonté, sa popularité, expliquent pourquoi il haïssait le despotisme ministériel , au point de n'avoir pas toujours su contenir cette haine dans des bornes raisonnables. On sait qu'en i65i, Mazarin sortit du royaume en fugitif, et que sa tête fut mise à prix. II est moins connu qu'on lança contre lui. Prince de l'Eglise, les censures ecclésiastiques. Manicamp, Gouverneur de La Fére, n'ayant point voulu souffrir qu'elles y fussent publiées , Brichanteau se préparait à y aller lui-même lever cet obstacle , lorsque le retour du Ministre l'en empêcha. Il est juste de dira, qu'une lettre de reproche est la seule vengeance que
le règne précédent, Brichanteau avait payé de trois années d'exil quelques discours libres tenus sur le compte de Richelieu. Celte modération de Mazarin toucha peu TEvêque de Laon,si Ton en juge par sa conduite dans l'affaire de celui de Léon , qui , accdsé du crime de lèze-majesté et condamné par de premiers Commissaires, fut absous par d'autres Juges, Brichanteau , quoique récusé par la Cour , avait siégé avec eux. Ce fut lui qui introduisit la réforme de S. Maur dans les
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deux Abbayes âe S. Vincent et de S. Jean (6). Ce fut lui aussi 9 qui , ne trouvant point convenable que les enfans des deux sexes fréquentassent les mêmes écoles^ appella des Religieuses de la Congrégation de Notre- Dame, vouées, par leur institut, à l'enseignement des jeunes fiHes Ty). Il avait entrepris de faire transférer le Collège en l'Abbaye de S. Jean : mais des intérêts particuliers firent alors échouer ce projet , dont l'utilité fut mieux sentie par la suite (8). Ce fut encore sous son épiscopat que les Religieuses de Montreuil, qui , depuis la ruine de leur maison, erraient d'asyle en asyle, se fixèrent dans la Maladrerie du faubourg de La Neuville (gj* '^53 Si les Laonnois n'eurent pas , dans Tannée
a Laon
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conZe *■*"«"" ^ payer à l'ennemi, les charges , que à souffrir la guerre fit peser sur eux , n'en furent pas SuL^'e. P'"s légères. Leur ville fut comme le quartier-général de l'armée pendant toute la campagne. Non-seulement le premier Ministre, mais le jeune R oi , la Reine mère et toute la Cour y séjournèrent plusieurs fois , et les principales opérations militaires furent discutées dans l'Abbaye de S. Martin , dont Mazarin était titulaire. L'armée, après avoir pris Vervins au cœur de l'hiver , vint se
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reposer à Laon. Elle n'en repartit , que pour aller secourir Stenai , dont elle fit lever le siège aux Espagnols^ après les avoir battus à Sommepy. Rhetel et Com merci tombèrent ensuite en son pouvoir. Mais la joie de ces succès fut troublée par la nouvelle que le grand Condé , qui était alors au service de TEspagne^ venait d'investir Rocroy. 11 se tint à Laon un grand conseil de guerre y auquel furent appelles tous les Généraux , et où l'on délibéra sur les moyens de dégager une placç regardée alors comme fort importante. On n'en trouva point d'autre, que de former quelque entreprise qui forçât l'ennemi de renoncer à la sienne. Le siège de Mouzon fut résolu. Mais Condé aima mieux sacrifier cette petite ville ^ que de lâcher une belle proie, qui ne pouvait lui échapper» La perte de Rocroy , dont on ne fut dédommagé qu'imparfaitement par les conquêtes successives de Mouzon et de Ste Menehould ^ fut très-nuisible à Laon et au pays Laonnois.
Cependant le théâtre des hostilités ne s^éloignait pas ; et Laon se vit à la veille d'être assiégé^ par Condé, en i655 et i656.
Mais ces alarmes étaient peu de chose en comparaison des ravages que l'ennemi faisait sans obstacle dans la campagne et jusqu'aux portes de la ville. Jjq Laonnois . était alors si
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mal gardé, que, pendant cinq ans , il suffit de la garnison de Rocroy pour y répandre la terreur. Les habitans deLaon, qui voyaient leurs faubourgs insultés , leurs vignobles dévastés j leurs subsistances interceptées, ne trouvèrent d'autre remède à leurs maux ^ que le parti de payer contribution à Tennemi; ce à quoi Louis XIV les autorisa^ dans le temps qu'il était à La Fère , à condition qu'ils traiteraient individuellement et noa pas au nom de la ville. Une convention conclue le 29 Août i656 avec le gouverneneur de Rocroy , fixa la taxe annuelle à une somme de trois cent quarante pistoles d or, ^ environ deux mille écus d'aujourd'hui , ) dont les faubourgs payèrent un quart et le Clergé un autre quart. Cet exemple fut suivi dans tous le pays ; et ^ à la honte du gouvernement français, un tribut qui accusait sa faiblesse ou sa négligence^ subsista jusqu'à la paix des Pyrénées.
1668. Laon , dont on avait fait une place d'armes
Peste.
en i665 , goûtait encore les douceurs de cette paix déjà rompue , lorsqu'au mois d'Août 1668, la peste se manifesta dans ses murs.
Un Meunier l'avait apportée de Ham ; et ses progrès furent aussi rapides qu'épouvantables. Tandis qu'une foule d'habitans se dérobait au danger par la. fuite ^ l'Ëvéque accourut
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de Paris , pour se dévouer à la consolation de son troupeau C était César D'Estrées qui « remplissait alors avec éclat un siège , qu'ii avait dû autant à son propre mérite qu'aux sei-vices de.sa maison. Sa présence donna une nouvelle activité au aèle des Magistrats, que vint seconder aussi Doiieu, Intendant de la province. Oji prit de sages précautions pour isoler les malades. Un Chirurgien habile^ un Capucin et un Hermite eurent le courage * de s'enfermer avec eux : le généreux Prélat les visitait fréquemment , et ses pieuses exhortations rouvraient à Tespérance les cœurs flétris par la douleur. D'autres soins occupaient lu sollicitude de Tlntendant. Il avait surtout à lutter contre Tinhumanité des gens de campagne^ qui repoussaient à main armée les personnes chargées de l'approvisionnement de la ville. Malgré les ordres rigoureux qu'il donna^ malgré la libéralité de D'£strées qui vendit son argenterie, et doni l'exemple fut suivi par les plus riches ciloyens, il y eut des momens où l'on fut réduit à se nourrir de la chair des animaux domestiques. Le fléafi continua ses ravages pendant plusieurs mois.
Les gelées calmèrent enfin sa fureur ; et son entière cessation fut célébrée le lo Février i66g (lo).
Ce n'était pas seulement par de belles ^ ^^^
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D'Estrdes imposait la confiance du Roi, abdiqua en
abdique* ti r» i r ■. •!
Son éloge. 1681. Il lut remplace par son neveu; et il se regarda toujours comme le patron du pays dont il cessait d^étre le Pasteur ; deux choses qui adoucirent le chagrin que causa sa démission. D'Eslrées fut compté parmi les premières têtes de FEglise et de TEtat , dans un temps où TEtat etTEglise virent s'élever, dans leur sein ^ les génies les plus puissans ; et la pourpre , dont il avait été revêtu ea 1671 ♦ Thonora peut-être moîns^ qu'elle n''ea fut honorée.
Dès le commencejnent de son épîscopat, il eut à défendre les droits de la jOrridictioa ordinaire contre les entreprises des Réguliers. Ces droits avaient été méconnus par les Reli« gieux de S. Martin ^ pour qui avaient pris fait et cause Mazarin , leur Abbé , qui ne l'aimait pas , et tout Tordre de Prémontré qu'encourageait Tappui d'qn Ministre toutpuissant. Le nombre et le crétlit de ses adversaires ne servirent qu'à aiguillonner son courage et adonner plus de lustre à son triomphe (i5). Dans l'assemblée du Clergé de 1660, où s'agitait l'obligation de signer le formulaire, il prédit les maux que devaient causer les querelles du jansénisme; et il fut à la tête de ceux qui s'élevèrent en vain contre le nouveau joug qu'on voulait imposer aux