DU LIVRE SIXIÈME
(i) Regnauk Branche est le véritable fondateur des Capucins. 11 leur donna une maison et un jardin situés au Champ S. Martin. C'était le même emplacement qu'avaient d'abord occupé les Cordeliers. Ils y furent installés en 1613 ; et d'amples libéralités les eurent bientôt mis en état de se construire une Eglise et un Couvent.
Regnault Branche était fils de Nicolas , qui fut donné pour otage par la'capitulation de i ^94. De lui descendirent trois autres Nicolas Branche , qui furent successivement , et de père en fils , Présidens du présidial de Laon.
(2) La compagnie de l'arquebuse prit naissance en 1614. Sa création fut autorisée par des Lettres patentes. Ce même Regnault Branche , qui avait fondé les Capucins, eut grande part à sa formation , et en fut le premier Capitaine. Elle donna deux pnx généraux , l'un en 1618, l'autre çn 1710. Dans le principe, ses jeux, ainsi que ceux des autres compagnies, s'ouvraient par une Procession générale et par la célébration d'une Messe solennelle. Mais l'assemblée du Clergé improuva cet usage en 1660 , sur les représentations de l'Evêque de Laon, L'arquebuse de Laon subsistait encore avec éclat en 1730 , comme on peut le voir par les Lettres patentes registrées cette année , lesquelles confirment Içs privilèges accordés aux arquebusiers , qui avaient
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abattu l'oiseau pendant trois années consécutives , ainsr qu'à leurs veuves. Elle était dissoute long-temps avant la révolution ; et ce fut l'effet de la trop grande dépense, où ses jeux induisaient les Chevaliers.
(3) Depuis 1623 jusqu'en 1629 , la ville de Laon ressentit plusieurs atteintes , plus ou moins violentes , d'une maladie contagieuse , que nos mémoires qualifient de peste. Elle fut digne de ce nom , par la fureur avec laquelle elle régna dans le cours de l'année 1625. Le Service Divin cessa; et on eut beaucoup de peine à trouver un Prêtre et un Chirurgien qui voulussent se dévouer à la consolation et au traitement des malades. Le tiers de la population fut enlevé par cette épidémie»
(4) Dans cette guerre contre l'Espagne , Laon eut peut-être plus à craindre encore ceux qui devaient le défendre , que ceux qui menaçaient de l'attaquer. Quelques faits donneront une juste idée de l'indiscipline qui régnait alors dans l'armée , et feront voir qu'elle n'était guères moindre qu'au temps où Brantôme s'en plaignait si vivement. ■ .
En 1641 , le régiment de la Luzerne , après avoir exercé de grandes violences dans le faubourg de>£a\{)ic, où il était en quartier , finit par y mettre le feu»
En 1644 « la ville fut au moment d'éprouver le même sort. Deux Lieutenans du réglaient de Grancey voulurent se loger de leur autorité dans une mcu^n. Le maître refusant de les recevoir sans un billet de la Municipalité, ils le maltraitèrent pour l'y' . contraindre. Les voisins accoururent à ses cris ', et l'un d'eux , nommé Huet , exhorta les militdres à se retirer ; ce à quoi ils ne répondirent qu'en le frappant lui-même. Huet vole alors chez Im , revient avec des armes , attaque l'un des deux
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Officiers , et animé par une blessure qu'il reçoit, le tue
d'un coup de pistolet. Poursuivi par l'autre , il lui échappe,
en se réfugiant dans Tévêché. Le régiment parut d'abord
ne s'occuper que des obsèques du mort , qui se firent
avec pompe le lendemain. Dès quelles furent achevées,
if descendit en armes sur la place , se mit à en barricader
toutes les avenues , ençcepté celle qui conduit à la porte'
Lussault , et posa des corps-de-garde le long de cette
rue, comme pour s'assurer une retraite à tout événement.
L'ordre avec lequel ces dispositions se feisaient , l'air
farouche du soldat , le murmure sourd qui circulait dans
ses rangs , tout annonçait une vengeance réfléchie et
dont les effets seraient terribles. A la vue du danger ,
un même sentiment anime tous les citoyens. Le cri
d'alarme retentit de toutes parts. Des barricades sont
dressées contre celles dix régiment. On garnit de gens
armés le faite de la grosse tour , le beffroi de la porte
Mortelle, la poterne voisine de l'Hôtel-dé- Ville , et l'on
se .met en défense dans Içs maisons qui environnent la
place. Cependant des conférences s'ouvraient entre les
Chefs du régiment et les OfHciers Municipaux. Elles
durèrent quatre heures , sans que les préparatifs fussent
iriterrompus de part ni d'autre. Enfin les soldats corn-*
priieflt qu'ils n'auraient pas beau jeu avec tout un peuple
qui pouvait les accabler à la &veur des positions qu'il
occupait. Ils consentirent' à poser les armes; et peu de
jours après ils furent çnvoyés à Marie Ce fut pour le
malheur de cette ville , sur laquelle ils firent tomber le
poids de leur colèp. Dans une querelle qu'ils firent à
seshabitans, ils mh'em le* feu à l'un des faubourgs; et
vingt-cinq maisons furent la proie des flammes.
En 1650 , le Maréchal Du Plessis Praslin vint camper sous les murs de la ville , que menaçait l'ennemi déjà maître de M^rlc. Ro$e , partisan Livonién , qui corn*