‹ Histoire de la Ville de LaonChapitre 28 sur 58 · DU LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

DU LIVRE SIXIÈME

mandait un corps de cinq mille hommes , se mît en tête de les loger chez Thabitant : ce qu il exécuta sous les yeux du Maréchal , en les autorisant même à vivre à discrétion chez leurs hôtes. C'était encourager une pareille troupe à oser tout ce qu'elle voudrait. Elle forma l'horrible projet de piller la ville pendant la nuit. Heureusement l'avis en fut donné au Maréchal , à quatre heures du soir; et il n'eut que le temps de prendre les mesures; nécessaires pour faire avorter le complot. Qui le croirait? ce Rose ou Rosen , depuis Maréchal de France , sous les yeux, on pourrait dire sous les auspices de qui se sont commis de pareils excès , est cité cependant pour la fermeté avec laquelle il maintenait la subordination militaire.

Par ce que l'on avait à souffrir dans les villes de garnison , on peut juger de ce qui se passait dans les cantonnemens. Un citoyen de Marie en a tracé le tableau le plus effrayant , dans un journal où il rend compte de ce dont il a été témoin depuis 1650 jusqu'en 1654. Fournitures à discrétion de vivres et d'habillemexis , extorsions pécuniaires, pillages des blés , dévastations des récoltes , destruction des maisons pour en brûler le bois , viols et mauvais traitemens de toute espèce , telles étaient les vexations habituelles qui faisaient maudire la présence du soldat français autant que celle de l'ennemi. Si l'histoire doit des éloges aux armées de Louis XIV , ce n'est ^issurément pas pour leur disdpline.

(5) Philbert de Brichanteau , vouMnt que son cœur restât au milieu du peuple qu'il avait tendrement chéri , ordonna qu'il fut déposé au centre de la ville dans la Chapelle de la Trinité. Cette Chapelle , qui était située sur la place contre la grosse tour , et qui a été détruite en .même temps que la porte Moné ou Montlk , avait

été fondée en 1400 par Jean , Seigneur de Qamecy et de Prouvas , Maitre-d*hôtel du Roi et Bourgeois de Laon, Le Chapitre de S. Jean en avait Tadministralion , et il était chargé d'y dire la Messe tous les Dimanches et Fêtes.

Benjamin et Philbert de Brichanteau étaient fils d'Antoine de Brichanteau, Marquis de Beauvais-Nangis^ Colonel des Gardes françaises , et Chevalier des ordres. Leur père avait commencé , et leur frère acheva une histoire des favoris depuis Henri II jusqu'à Louis XIII. Leur mère était sœur du Cardinal de la Rochefoucauld, qui sacra Philbert.

( 6 ) La Congrégation de S. Maur prit possession en 1643 ^^ TAbbaye de S. Vincent ^ et en 1646 de celle de S. Jean.

( 7 ) Les Lettres patentes qui autorisent FétabHsr sèment des Religieuses de la Congrégation , sont de 1622. On leur avait cédé , pour le former, un hôpital stué dans la rue S. Julien ; et Nicolas . Branche » Prévôt de la cité , y avait ajouté un grand jardin. La Maison de Laon fut la mère de plusieurs autres , telles que celles de Paris , Corbeil , Rhetel , etc. , etc.

( 8 ) Philbert de Brichanteau et le Corps Municipal avaient fait, en 1645 , un traité avec la Congrégation de S. Maur , par lequel elle devait se charger du Collège, moyennant qu'oll lui en abandonnerait les revenus , avec la prébende préceptoriale , et qu'il lui serait payé une rente annuelle de mille livres. Le Lieutenant-général du bailliage en avait ordonné Texécution. Il y en eut appel et des interventions de la part du Chapitre, du Principal du Collège , et même de TUniversité de Paris ;

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