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et par Arrêt , du 2 Janvier 1646 , il fut dit que les séculiers resteraient en possession de renseignement.
(9) L'Abbaye de Montreuil en Thiérache, fondée par l'Evêque Barthelemi, fut ruinée pendant la campagne de 1636. Les Religieuses , après s'être réfugiées d'abord à Crespy , vinrent occuper à Laon le prieuré de Chantrud , dont les Moines , dépendans de l'Abbaye de S, Martin de Tournai , avaient été chassés par représailles. Elles y restèrent jusqu'en 1652 , qu'elles obtinrent la Maladrerie dç La Neuville , sous la condition de faire un bâtiment pour les lépreux , si la lèpre venait à reparaître dains le pays> Les Laonnois avaient eu à cœur de fixer chez eux cette fameuse Image de la Ste Face» qui attirait de fort loin un grand concours de Pèlerins.
( 10 ) La peste de 1668 venait vraisemblablement d'Angleterre, malgré toutes les précautions que l'on avait prises en France pour s'en garantir. Elle se glissa , on ne sait comment , à Soissons , d'où elle se répandit i Reims et dans plusieurs autres lieux. Les mémoires de ce temps-là ne disent point quel nombre d'habitans elle moissonna dans Laon : mais on ne peut douter qu'il n'ait été considérable. Les malades étaient . renfermés ^ans les souterrains des Retranchemens. On appellait ainsi le vaste terrain qu'avait occupé le château de Caillot, et à l'entrée duquel les Casernes ont été construites. La ville fit vœu à Notre-Dame de Liesse d'une figure en argent , du poids de vingt-quatre marcs , représentant la Vierge , assise sur une chaise et tenant sur ses genotix l'Enfant Jésus. L'inscription portait : Ex voto civitatîs Lauduncnsis ob cives à peste servatos. Anno 1668» Il a été ait deux relations de la peste de Laon; l'une en vers français, par Charles Chauveau, Avocat; l'autre en
IJt' NOTES
prose latine , par François Fondeur , Curé de S. Vu le-Vieil , et Professeur d'humanités au Collège. Dqiub la peste de 1668 , Laon n'a plus éprouvé aucune épî« demie. Il serait curieux d'examiner pourquoi ces acddens, après y avoir été si fréquens , ont cessé de l'affliger.
(11) La dotation du Séminaire n'est pas le seul titre que l'Abbé de fiarillon se soit acquis à la reconnaissance d'une ville , dont il devint , après la démissioa de son bénéfice » l'un des plus respectables citoyens, n plaça de grosses sommes en âveur des pauvres. Q établit des Maîtresses d'écoles pour les jeunes filles; , et n'ayant pu faire autoriser cette institution par des Lettres patentes , il substitua , aux biens qu'il y avait consacrés , l'Hôtel-Dieu et la Cure de S.* Martin-au- Parvis. Personne aussi ne contribua plus que lui« parmi les habitans , à la fondation de l'Hôpital. Né d*une* famille distinguée dans la magistrature et les ambassade^ et pouvant prétendre aux dignités de l'Eglise , il ne voulut accepter d'autrô titre que celui de Chanoine honondre de Laon. Il poussa même l'humilité jusqu'à refuser l'ordre de la prêtrise. Il mourut à Laon , au mois de Septembre 1683 , emportant les regrets de toutes les classes de citoyens.
(12) Outre l'Hôtel-Dieu dont il a déjà été parlé , il y a eu à Laon six autres Hospices.
Le premier, qui s'appellait l'Hôpital S. Julien , était situé hors de l'enceinte de la ville , auprès de la port9 Royée. Il existait en 1208. C'est tout ce qu'on en sait.
On n'est .pas plus instruit de ce qui concerne le second, lequel subsistait encore en 1290 , et dont le bâtiment , suivant une Sentence de 1264 , était situé derrière les Cordeliers , c'est-à-dire , dans la rue de S< Jeaa-l'Abbaye.
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Le troisième , qui dépendait du Chapitre , occupait le terrain où fut bâti le Couvent de la Congrégation.
Le quatrième était la Maladrerie de La Neuville , dédiée à S. Lazare, et qu'avait fondée TEvéque Barthelemi* On voit, par une Charte de 1285, que le service intérieur en était confié à un Maître , à des Frères et à des Sœurs ; et qu'un Ecclésiastique et deux Bourgeois formaient , sous le titre de proviseurs , le Conseil d'administration. jL'^rticle 20 âe la Philippine de 1332, apprend aussi que le Roi et TEvéque avaient conjointement la supériorité de cette maison , et le droit d'instituer et de destituer les Frères et les Sœurs. La léproserie de La Neuville a été , comme nous l'avons dit , cédée aux Religieuses de Montreuil ; et ses biens furent réunis à l'Hôpital en 1695.
Le cinquième Hospice , fondé , dans le faubourg de Vaux, sous l'invocation de S. Fiacre, était déjà fort ancien en 1375. Il était principalement affecté aux malades : mais on y recevait aussi les Pèlerins. L'Evêque en avait la disposition , et y nommait comme à un bénéfice. La (Jonfrérie de Notre-Dame de la Paix, qui veillait au besoin des Pauvres , en obtint l'administration* En 1656 , il fut réuni à l'Hôpital.
Le sixième Hospice était destiné à recevoir les pestiférés. Fondé en 15 21, dans le faubourg de Leuilly, par la ville et le Chapitre de la Cathédrale , il y subsista , sous le titre de Mdlson de santé , pendant deux siècles.
L'Hôpital actuel fut desservi d'abord par des Séculières. On leur substitua les Sœurs de la Charité en lySo, L'idée en est due à M. Laurent , qui exerçait alors , avec un grand zèle , les fonctions de Receveur gratuit.
(13) Les Moines de S. Martin violèrent deux foîs> dans la personne de César D'Estrées , le respect dû à
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b prérogative épiscofole. Delà un gnnd procès oa le Clergé de France et le Chapitre de laon intervinrent pour FEvéque , et où fiit approfoncfie b madère des exemptions des Réguliers. D dura cinq ans , et fut jo^ au grand Conseil, en £iveur de D*£strées , le 28 S^ tembre 1663.
Le Docteur De Launoy publia , dans cette affinre , on ouvrage btin , sous le titre ^ExMun des prhUtg^ ic l'ordre de Prémontré. Le Prieur de Prémontré y fit une réponse injurieuse pour b personne de D*£srrées , et attentatoire à b dignité de Fépïscopat. Le Lieutenant dvil de Paris condamna certe réponse à être brûlée par b main du bourreau, et décréta de prise de corp§ Fauteur et l'imprimeur.
Jean De |aunoy , Fun des oracles de b Sorbonne ^ avait dirigé les études du Cardinal D*£strées qui lui donna un canonicat de Laon. Le Docteur^ quelque temps après , en résigna le titre , mais en conserva les honneurs. D aimait Laon et y venait souvent : il se pbisait beaucoup dans le commerce de plusieurs hommes qui soutenaient Fancienne réputadon du Chapitre. Il bissa b moidé de sa bibliothèque au Séminaire.
(14) D'Estrées avait b nomination du 'Portugal pour le cardinabt : mais le Pape refusait de reconnaître le droit de cette couronne. Louis XIV envoya D'Estrées à Rome pour le faire valoir. Il n*e$t point de subterfuges dont on ne se soit avisé , pour éluder sa poursuite. On lui offrit le chapeau , mais à condition de le tenir du Pape, li rejeta ce tempérament. On essaya de lasser sa patience , en différant b promotion des couronnes : son zèle n'en devint que plus acrif. La promotion se fit ; et au lieu d y comprendre DTstrées , Clément X se contenta de réserver un Cardinal in petto ; autre ruse