LIVRE CIMQUïfîME
qu^à son honneur; et sa conduile fut jugée irréprochable, même par le cx^nseil du Roû Il n^ trouva plus la morne justice, lorsqu'il eût fait passer deux résolutions, Tune pour déclarer le do»iiaine de la couronne inaliénable , Tautre pour rejetler la proposition de conférer à des Commissaires le droit de traiter avec le Prince, au nom des Elats II av^ait pu impunément ouvrir, sur Tarticle de la religion, un avis que la Cour ne partageait point. Mais il eut un tort irrémissible , dès que , dans les matières temporelles , il contraria les vues intéressées des cou^^tisans. Ils lai firent perdre la bienveillance de Henri : et (ce à quoi doivent s'attendre les hommes «âges, dans des temps de trouble) la nation ne sentit pas le mérite d'une disgrâce encourue pour la servir.
Depuis la paix du Catoau-Cambresis, Laon /J^S'
. . . . 9 , Invasion
croyait n'avoir rien à craindre de 1 étranger. desEspa- Sa sécurité fut troublée tout-à-coup par une s^o^s^ invasion, qui parut d^autant plus inquiétante, que n'ayanl pas été prévue , il n'y avait pas de précautions prises pour la repousser.
C'était le temps où les Pays-Bas étaient en pleine révolte contre le gouvernement Espagnol. Le Duc d'Anjou, frère de Henri III , qui visait à se former une souveraineté^ avait traité ayec eux;, et venait de conduire
12 HISTOIRE DE tiAON.
à leur secours huit mille hommes de pied et mille chevaux. La Cour de France avait fermé les yeux sur la conduite du jeune Prince , et ne voulait point passer pour y avoir donné son approbation. Don Juan d^Autriche ne l'y crût pas étrangère. Il avait des forces sur la frontière du Hainaut. Il les fit entrer ., au mois d'Août 1678 ^ sur le territoire français , où elles enlevèrent successivement les foiH:s de Ver te- Vallée , de Montcornet , de Tavaux et de Pierrepont, Grossies par la renommée , leur apparition sous les murs de Laon était attendue d'un instant à l'autre, quand on apprit qu'elles rétrogradaient. Leur retraite fut due,. nonseulement à l'arrivée de troupes françaises, mais au dépérissement de la santé de Don Juan, qui mourut le i.®' Octobre. Le platpays n'y gagna pas grand'chose. L'ennemi ne lui aurait pas fait plus de mal, que ne lui en firent ses libérateurs. Cet acte d'hostilité des Espagnols, absolument ignoré jusqu'ici, n^est rien moins que dénué d'intérêt. Il doit être recueilli par l'histoire ^ et commele prélude de la longue guerre , par laquelle l'Espagne seconda les efforts de la Ligue^ et surtout parce qu'il fait voir que l'expédition du Ducd' Anjou fournissait , au vindicatif Philippe 11 ^ un motif plausible de s'immiscer dans nos discordes civiles.