‹ Histoire de la Ville de LaonChapitre 4 sur 58 · I-IVRE CINQUIÈME* l · texte numérisé non relu

I-IVRE CINQUIÈME* l

Pendant les sept années qui suivirent les '^^ premiers Etats de Blois , les chefe du parti d'Aumaiç Catholique se bornèrent à fomenter sous **"*• **•

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main les germes de discorde^ attendant une dreLaon. conjoncture favorable pour courir aux armes, lies instigations et les promesses de TEspagne la firent naître au commencement de iô85.

On apprit tout-à-coup que plusieurs villes avaient été surprises en pleine paix ; et dans le même temps parut un manifeste, signé du Cardinal de Bourboù, sous le nom de qui se cachaient les Guises , et approuvé par plusieurs Souverains étrangers. Alors le Roi ne put douter que le but de la sainte union était de le dépouiller de son autorité. Alors aussi les Protestans ne différèrent point de se préparer à la guerre. Le Duc d'Aumale , Gouverneur de Picardie, qui n'avait pas eu de peine à faire lomberau pouvoir de laLigue toutes les places d'une province où elle avait pris naissance , essaya de la rendre aussi maîtresse de Laon , où commandait Rocourt dont il était sûr. Il y avait dans la ville un parti dont il fallait tromper la vigilance. On appellait pacifiques ou royalistes ceux qui le composaient; et c'étaient sans contredit les meilleurs citoyens. D'Aumale, voulant con* carter avec Rocourt les moyens d'entrer dans la place , s'en approcha à la tête d'un gios

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détachement. Rocourt, sous prétexle d^une reconnaissance, sortit acconifiagné seulement de douze ou quinze hommes^ se laissa prendre dans les ejjvirons de Liesse^ et revint, après avoir conféré avec l'ennemi, feignant de s'être échappé de ses mains. Cette aventure inspira quelques soupçons à un Avocat nommé Jeaa Martin. Il épia la conduite du Commandant»

pénétra ses vues, et en instruisit les royalistes. Cependant d'Aumale vint camper, le 25 Mai, sous les murs de Laon , persuadé qu'il ne tarderait pas à y être introduit., Mais on y était sur ses gardes ; et Rocourt , surveillé avec une extrême attention, ne put même Jui donner avis de ce qui se passait. Trois jours s'écoulèreni: dans une vaine attente de la part de d'Aumale , qui , ne pouvant plus enfin douter de la découverte du complot, se retira, non sans dépit de s'être inutilement flatté d'une aussi belle conquête.

ï5S9« Le respect des Laonnois pour l'autorité entre dans légitime ne sc démentit point jusqu'aux deulep'rtiae^j^^çg Etats de Blois. Cependant le nombre

la Ligue. ^ *■

des^ ligueurs s'était accru dans la ville ,• et lors de la nomination de ses députés, ils avaient intrigué , avec tant de succès, que Bodin avait été exclu., et qu'on lui avait préféré des hommes de leur parli. C'étaient Geoffroi de Billy^ Abbé de S. Vincent, le Lieutenant-

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général Defer , et le Conseiller Legras. Le Duc de Guise ^ sûr de dicter les délibérations d'une assemblée presque toute de son choix, allait sans doUte oser tout ce qu'il pouvait , lorsqu'une mort tragique Tarrêta au milieu cle ses vastes desseins. Le Roi , trop faible pour le faire juger, se défît de lui et du Cardinal son frère par un double assassinat; mesure déplorable que la nécessité justifierait, si une. telle nécessité n'était pas, pour un Roi, le pire de tous les torts. La Ligue fut étonnée de ce coup ^ sans en être abattue.

Elle retrouva, un chef habile dans Mayenne, qui remplaçait Guise comme par droit de' succession.

Les députés de liaon , qui avaient promis aux seize de faire déclarer leur ville contre le Roi , y travaillèrent à leur retour avec beaucoup d'ardeur. Rocourt était , à la vérité, revenu à de meilleurs principes. Mais il est plus Êicile dechanger d'opinion que de caractère; et celui du crédule et faible Rocourt était incapable de contenir des hommes aussi adroits et aussi entreprenans que les ligueurs. A. leur tête était TAbbé de S. Vincent , personnage ambitieux , éloquent , hardi , qui composait des livres de dévotion et prêchait la guerre civile ; qui cachait , sous un fanatisme aifeclé^.une politique artificieuse ; et

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qui avait choisi la cause où il espérait plus d avancement, prêt à la quitter, quand son intérêt lui conseillerait la désertion. Billy, tellement considéré dans la Ligue , qu'ail fût un de ses négociateurs à la conférence de Surêne; Billy, à qui Mayenne donnait une entière confiance pour tout ce qui regardait la ville, y exerçait un ascendant que personne ne balançait, pas même TEvêque.

Débours ne Tétait plus alors^ 11 avait péri , plusieurs années auparavant , victime des soins donnés à son troupeau dans une longue et cruelle épidéhiie. Son successeur , plus franc ligueur que Billy qu'il était loin d'égaler dans Tart de manier les esprits , se nommait Valentin Duglas. Il était de l'illustre maison écossaise de ce nom , dont une branche s'est établie en France sous Charles VII, dans une terre voisine de Laon.

Les factieux avaient déjà gagné les Officiers de la bourgeoisie et fait des amas d'armes dans des maisons religieuses , que Rocourt ignorait encore leurs menées. Lorsque de bons citoyens l'en avertirent , il négligea leurs avis 3 et poussa l'aveuglement jusqu'à refuser les off\es de secours que vint lui faire Cardaillac, qui commandait dans les environs douze cents hommes de pied et quatre cents chevaux. Le Prévôt Martin, qui ne partageait

point

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