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patentes qui ordonnaient la translation de la Maison de retraite à Liesse. On ne pouvait assigner, aux Ecclésiastiques invalides, une habitation plus mal-saine. Mais leur santé était ce dont on s'embarrassait le moins ; le vécitable motif de ce changement était de les employer à la desserte de la Chapelle de Liesse. Un des premiers soins du Cardinal De Rochechouart , fut de rétablir les choses dans leur premier état. Le Décret qu'il rendit à ce sujets fut confirmé par âes Lettres patentes de Février 1745.
( 17 ) Les Frères des écoles chrétiennes furent appelles à Laon en 1694. Un Curé, nommé Gudvert, leur donna sa maison ; et la Municipalité leur assigna une faible rétribution annuelle. Us remplirent si bien remploi dont ils étaient chargés , que l'on ne tarda pas à doubler leur nombre , pour les mettre en état d'ouvrir une seconde école. On doit à cet Institut d'avoir rendu l'instruction plus facile et plus populaire , par la méthode de l'enseignement simultané. On fait mieux encore aujourd'hui par celle de l'enseignement mutuel»
( 18 ) L'établissement des Sœurs Marquette est de Tannée 1685. Le succès passa les espérances de la pieuse Institutrice. La Communauté 5e vit bientôt en état , nonseulement de tenir deux écoles dans la ville , mais d'ciî ouvrir aussi dans plusieurs lieux voisins. Une association qui s'e.« formée depuis peu , sous le nom de Sœurs de la Providence , s'est proposé de remplacer les Sœurs Marquette , et reçoit du Corps Municipal la protection et l'encouragement convenables. Il ne faut pas taire qu'une vertueuse émule deFrançoise Marquette, Mademoiselle Eléonore Laurent a eu grande pan à cette nouvelle
institution , qui ne date que de 1806, et qui compte déjà huit colonies.
(19) La réunion de TAbbaye de S. Martin à Tévéché, éprouva , en Cour de Rome, des difficultés qm ne furent levées que sous Tépiscopat de La Fare. La.Bulle d'union est du 16 Juillet 1730; e^ les Lettres patentes qui en ordonnent Texécution , du mois de Mai 1731.
(20) Le Pénitencier se nommait Jean Marie L'Eleu , et le Théologal , Jean-Baptiste Cadry. C'étaient deux hommes d'un mérite distingué» surtout le second qui a beaucoup écrit. On peut voir la liste de ses ouvrages dans la Biographie universelle , où on lui a consacré un article.
( 21 ) Belsunce était le neveu du fameux Duc de Lauzun. Après la peste de Marseille , Lauzun , à Tinsçu de son neveu , avait demandé pour lui une Abbaye ; et le Régent Tavait .promise. Mais quand il nomma ensuite à des bénéfices , il oublia cette promesse. Lauzun , qui ne Tignorait pas , lui demanda s'il avait eu la ' bonté de se souvenir de son neveu. Le Prince embarrassé ne savait trop que répondre. Alors Lauzun , d'un , ton doux et respectueux , et comme pour le tirer d'embarras; Monseigneur, dit-il, il fera mieux une autre fois. Cette leçon spirituelle fit son effet. L'évéché de Laon étant venu à vaquer , le Régent y nomma Belsunce. Le refus de ce Prélat dût causer peu de regrets aux Jansénistes du diocèse de Laon , parce qu'à des vertus qu'on ne peut trop louer , il joignait la feiblesse de se laisser gouverner par les Jésuites.
( 22 ) La prodigalité de La Fare a donné lieu à l'épigramme suivante :
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» Ici gît un Prélat de prodiglie mémoire , » Qui sans cesse empruntait et jamais ne rendit. » S'il est , Seigneur , dans votre gloire , w Ce ne peut être qu'à crédit. »
Le portrait de La Fare est tiré des Mémoires de Duclos.
(23) Les exemples de proscription sont si nombreux, que rénumération en serait, fatiguante. Bornons nous à deux ou trois faits. Adrien Dagneau, Doyen de la Cathédrale , Claude UËleu , Grand-chantre , le Théologal Cadry , et plusieurs autres , moururent en exil. Entre les pères de famille qui furent arrachés de leurs foyers , nous remarquons le Cqnseiller Adrien Dejacampagne , dont le frère , Curé d'Aulnois , fut du nombre de ceux qur ne revirent point leur patrie. Les talens distingues de la Supérieure des Sœurs Marquette la s'^nalaient trop bien au zèle inexorable des persécuteurs; L'aïeule maternelle de l'Historien de Laon , réussit à la soustraire à leurs recherches , en osant lui donner un asyle dans sa maison.
(24) La prévôté de Laon a été réunie au bailliage j par Edit d'Octobre 1730; et un autre Edit de Mai 173 1 > tendit aux habitans le droit d'élire leur Maire. Bonaventure Leclerc avait alors remplacé son frère , dans l'office de Lieutenant - général , qu'il exerça jusqu'en 1766. D fut le sixième et le dernier de son nom. Claude, son bisaïeul, avait eu des lettres de Conseiller d'Etat.
(25) Sur la fin de 1589 , le parti dei Ligueurs projeta d'établir le Collège dans le prieuré de S. Nicolas-Cordelle , et de le confier aux Jésuites. Les Commissaires du Parlement avaient promis de faire autoriser la délibération
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prise à ce sujet, mais on ne put levet le$ obstacles qu'elle rencontra.
Nous avons parlé du procès auquel donna lieu une convention faite avec les Bénédictins en 1645.
A la fin du même siècle , seconde résolution prise en faveur des Jésuites , qui fut rejetée par un Arrêt rendu au Conseil d'Etat, le 14 Janvier 1698.
La même tentative renouvellée en 1716, en faveur des Oratoriens , eut la même issue.
(26) Le GarcUnal (le Rochechouart avait été chargé^ de la part de Louis XV, de faire à Ricci , Général de^ Jésuites , des propositions au moyen desquelles Tordre aurait été conservé en France. Torregiani, Ministre du Pape , consulté par le Général , répondit , comme on sait : Sint m sunt, vtl non sint, Duclos , qui rapporte ce fait dans son voyage d'Italie , et qui dit avoir vu la lettre écrue par ordre du Roi au Cardinal de Roche-» chouart , présume que ce Prélat a fait sèchement' sà commission , et que , si la lettre eût été montrée à Ricci , le goût que le Roi y témoignait pour les Jésuites , eût porté ce Général à accepter les conditions offertes,- Duclos fournit lui-même la réponse à cette observation , lorsqu'il dit que le Cardinal avait charge dt parler suivant l'esprit de la lettre , sans Li montrer. D'ailleurs , quand Ricci aurait vu la lettre , il n'en aurait pas moins consulté le Ministre du Pape ; et celui-ci qui était opiniâtre , comme tous les gens bornés , n'aurait pas donné un conseil plus politique.
(27) Le Marquis de Crussol , héritier des droits de la maison de Longueval , avait consenti que le Duc d'Orléans lui fût subrogé : cela se fit par un Arrêt du Conseil, du ai Septembre 1750, que suivit, bientôt
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après, Tunion à l'apanage, du 13 Octobre de la même année , pour laquelle il y eut des Lettres patentes du a5 Janvier 175 1, registrées dans les Cours souveraines. Les domaines de Laon , Crépy-en-Laonnois et Noyon , reçurent , depuis leur union à Tapanage d'Orléans , le titre de comté de Vermandois. Il leur est donné par des Lettres patentes du 12 Juin 1762, et du 15 Décembre 1766 , où la grosse tour de Laon est qualifiée le chef-lieu dç ce comté.
( 28 ) Louis Cotte , correspondant de l'institut et Membre de la société d'agriculture de la Seine , est celui à qui celle de Laon dut sa renaissance. Il en était Secrétaire. Nous parlons ailleurs de ce savant respectable. Nous ferons remarquer , en passant , que l'agriculture semble avoir un attrait particulier pour les Laonnots. Plusieurs en ont ùât l'objet d'une étude spéciale. Elle doit à Cotte de bonnes Leçons élémentaires , à un Laurent les premières instructions sur la culture des Arbres nains , à un Gouge une découverte importante. C'est un Laonnois (M. Beâroy ,} qui est auteur des Mémoires couronnés sur la culture de la vigne ; il l'est aussi d'Observations sur le même sujet y et sur Vart de faire le Vin. Un autre Laonnois (M. Deschartres,) a publié le Moniteur rural m Traité élémentaire de l'Agriculture en France,
(29) C'est en 1780 que les Religieux de l'Abbaye de S. Jean ont été chargés du Collège. Vingt ans auparavant, c'est-à-dire , en 1760, la mense abbatiale avait été réunie à l'Ecole militaire. Ainsi la même maison religieuse soutenait à-la-fois deux établissemens d'instruction publique, l'un par l'affectation^ d'une partie de s^ rçviemiSf loutre par la collaboration de la plupart
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de ses membres. Quel autre Monastère pût se glorifier alors d'une utilité semblable ?
A présent le Collège est établi dans cet ancien prieuré de S. Nicolas-Cordelle , qu'on a vu occupé successivement par les pauvres écoliers Clercs , par les Religieux duVal-des-Ecoliers, etparles Minimes. Huit Professeurs, payés par la ville , y sont chargés de l'enseignement sous l'autorité de l'Université. Si l'affluence des élèves est encore loin de répondre aux grands sacrifices que fait la ville , la faute en est à quelques maisons d'éducation , disséminées dans la campagne, qui arrêtent, pour ainsi dire, les sujets au passage : contrariété d'autant plus fâcheuse , que l'enseignement ne peut être que fort limité dans ces institutions parasites , et qu'il y échappe à la surveillance qui doit en garantir la régularité.
L'établissement très-nouveau d'une école gratuite de dessin donne plus de satisfaction. Il offre aux fils des artisans les moyens de se former le goût : il ouvre aux plus intelligens la carrière des beaux arts. La jeunesse qui le fréquente , appartenant à une classe toute composée d'indigènes , c'est-là peut-être qu'on peut vérifier, mieux qu'ailleurs , si les Laonnois ont dégénéré de leur ancienne aptitude à s'instruire. Il est déjà sorti de cette école quelques sujets distingués. Elle existait avant que l'Autorité Municipale se fût chargée de la dépense. Le zèle d'un jeune artiste étranger avait devancé la sollicitude des Magistrats ; et maintenant encore , par un : noble emploi de son traitement , il rivalise de générosité avec eux.
( 30 ) Nous avons fait connaître , à mesure que
l'occasion s'en est présentée , cette multitude d'établis-
semens ecclésiastiques , dont le nombreux Clergé
•doiin^t à Laon toute Tapparencç d'une ville de l'état
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pontifical. Mais de ses anciens tribunaux , nous n'avons pu indiquer encore que ceux du Bailliage et du Présidial , où siégeaient les mêmes Magistrats. C'est ici le lieu d'en compléter la notice.
Une juridiction prévôtale , dont le chef était le Prévôt ou le Lieutenant de la maréchaussée , jugeait sans appel plusieurs crimes , qui , par cette raison , étaient qualifiés cas prévôtaux. Il est difficile de fixer l'époque où cette institution prit naissance. Les premiers réglemens connus qui la concernent, datent du règne de François L*'. On l'a vue renaître temporairement , dans les Cours spéciales sous la Constitution de l'an 8 , et dans les Cours prévôtales depuis la restauration.
Les Maîtrises des eaux et forêts furent les plus anciens Tribunaux d'exception. Il en existait , dès avant le règne de Philippe-le-Long , puisqu'une Ordonnance de ce Prince , de 131S , parle des plaintes portées contre les Maîtres et leurs Lieutenans. Ces places ne se vendaient pas alors : c'est un £dit de 1544 qui les rendit vénales , en les érigeant en titre d'office. Il y a lieu de croire que l'établissement d'une Maîtrise particulière à Laon, remonte au berceau de cette espèce de juridiction. Le plus ancien monument, qui en fassQ mention , est un jugement du Démenant - général des eaux et forêts de France de 1509, par lequel les habitans de la ville et des faubourgs sont maintenus dansles droits de pêche et de chasse , dont ils jouissaient depuis l'érection de la Commune en 1128. Il y est dit qu'ils n'ont jamais été inquiétés dans l'exercice de ces droits par Us Maures des eaux et forêts de Laon,
Les Elections ne sont peut-être pas moins anciennes que les Maîtrises. Une Ordonnance du Roi Jean , de 1360 , règle les rapports des Elus avec les Généraux- ^consêilUrs à Paris. Vl paraît que leurs fonctions étaient ' ' M 4
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alors purement administratives. Quant à la juridiction cofltentieuse touchant Us aidis, gabelles, tailles et autres subventions^ on ne la leur voit formellement attribuée , pour la première fois , que par l'Ordonnance de Charles Vil de 1445. O^ "^ P^u^ douter que Laon , chef-lieu du premier Bailliage de France , n ait eu un des premiers sièges d*£]ection. Il est même remarquable que' le type de cette institution se trouve dans la Charte donnée à cette vill^ en 1332. Elle porte qu'il y aura des Elus nommés par le peuple de Laon , pour faire Tassiette et la levée des tailles, et qu'ils en compteront devant le Bailli de Vermandois, en présence des bonnes gens de la ville, L'Electioa de Laon était une des plus considérables du royaume. Son territoire était beaucoup plus étendu que n'est celui de son arrondissement actuel. Quoiqu'en 161 2 on en eût retranché quatre-vingt-sept paroisses , pour former celui de l'Election de Guise , il en comprenait encore trois cent quarante divisées en six départemens , dont les chefs-lieux étaient Laon , Marie , Neufchâtel , Ribemont, Sissonne et Vervins.
La jjiridiction du Grenier à sel de Laon datait de 3694. Ses fonctions administratives et judiciaires faisaient auparavant partie de celles dont l'Election était chargée.
Il en était de même , selon toutes les apparences , de la juridiction des Traites foraines. On ne voit pas quand elle fut éHgée.
Outre les différens sièges royaux , dont nous venons de faire Ténumération , Laon renfermait encore dans ses murs deux justices seigneuriales fort importantes, celles de la Duché-pairie et du Chapitre de l'Eglise Cathédrale.
(31) Des monumens d'une grande importance pour la ville de Laon , y feront vivre les noms de MM.
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Méchîn et Malouet. Le premier Ta ornée d'un superbe Hôtel de Préfecture , d'un des plus magnifiques Hospices de France , et d'un vaste Dépôt de mendicité, où les aliénés sont reçus et traités suivant les nouvelles méthodes. On doit au second d'avoir rendu digne de son auguste destination , la partie trop long-temps né» gligée du Palais de justice , où siège la Cour d'Assises. La translation de tous les Tribunaux , dans Tancicd ^éché 9 avait été opérée par M. Dauchy.
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