VI® SIÈCLE. — PREMIER ROYAUME DE BOURGOGNE
femmes, les vieillards, les ouvriers, en un mot tout ce qui ne pouvait servir à la défense. Parmi cette multitude se trouvait un homme dont le service consistait à prendre soin de Taqueduc : furieux contre Godégisèle qui Tavait chassé , cet ouvrier se rendit dans la tente de Gondebaud , et oftirit de livrer la ville aux Bourguignons. Le roi mit à sa disposition un corps de troupes qu'il conduisit jusqu'à un lieu qu'il connaissait : arrivé là , cet homme déplaça avec des leviers la pierre qui fermait l'ouverture extérieure de l'aqueduc. Des Bourguignons intrépides s'engagèrent dans le canal et parvinrent ainsi jusqu'au centre de Vienne, dont ils ouvrirent les portes à leurs compagnons. Un massacre affreux suivit immédiatement la prise de la ville : Godégisèle s'enfuit dans une église ; mais il n'y avait point d'asile sûr avec Gondebaud : Godégisèle fut égorgé sur les marches de l'autel. Son barbare frère n'eut plus de compétiteur. *
L'histoire , après cet événement , n'a plus que du bien à dire de Gondebaud ,* dont le règne fut prospère , et qui prit à cœur de rendre ses sujets heureux ^. Les Bourguignons se gouvernaient par un code de lois insufiSsantes et grossières; Gondebaud en ordonna la révision , dont il s'occupa beaucoup lui-même : il fut le législateur de sa nation. Grand nombre des lofs qu'il rendit sont remarquables par la sagesse de leurs dispositions : pour les bien juger, il faut se reporter au temps qui les vit paraître. Gondebaud connaissait parfaitement ses Bourguignons; il leur donna des lois en rapport avec leurs mœurs et avec le degré de civilisation auquel ils étaient parvenus. Pour assurer solidement l'avenir de son code, le roi de Bourgogne voulut que ce recueil de lois fut approuvé et ratifié par les principaux che& de ses états. D les réunit à Lyon : trente-deux comtes se rendirent à son ordre , et promirent d'observer et de faire respecter le code nouveau.
1 . — Ce récit est de Grégoire de Tours ( Histotna Francorum , H , xixiii ). Voyez aussi Aimoin, Hisl, Francor., 1. XIX, de Bello contra Giindehaldum ; Collect. du Chesne, I, p. 21.
2. — Carétèiie , mère de Gondebaud , avail beaucoup de mérite et de piété : elle mourut eu 506, et fut inhumée dans une église qu'elle avail fait construire ë Ljon en rbonoeur de saint Michel Archange , et dont le nom, donné à une place publique , a seul subsisté jusqu'à uos jours.