‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 110 sur 262 · SIGISMOND. — VI* SIÈCLE · texte numérisé non relu

SIGISMOND. — VI* SIÈCLE

La Bourgogne était alors un grand royaume: Gondebaud n'avait plus rien à craindre de Clovis , qui le fit son arbitre dans ses contestations avec Alaric, et devint son ami. On vit, quelque temps après, une armée combinée de Francs et de Bourguignons mettre le siège devant Orléans. Toujours avide de gloire, Gondebaud dirigea une expédition contre Narbonne , s'empara de cette viUe et en chassa les Visigoths. Ânastase, empereur d'Orient, entretenait des relations d'amitié avec le roi de Bourgogne. Courbé sous le poids des années , Gondebaud , selon l'usage de sa famille , associa à sa couronne son fils Sigismond, déjà marié et père : cette investiture eut lieu à Genève, en 514. Deux années plus tard Gondebaud mourut , après vingt-cinq années de règne : il était arien. Des évêques chrétiens ont affirmé que le roi de Bourgogne avoua en secret ses erreurs sur la foi religieuse à l'évéque Avit; aucune autorité n'a confirmé leur témoignage: Gondebaud a gardé son secret. Ce prince , auquel ses ennemis ont reconnu de très grandes qualités , doit à lui-même ce qu'il fit de bien ; la barbarie de ses mœurs appartient à son époque ^. Meurtrier de sa famille , bourreau de ses frères , sans pitié sur le champ de bataille , dissimulé , rusé, et d'une ambition effi*énée , le fils de Gondicaire fut ce qu'étaient les princes de son temps ; il tuait pour ne pas être tué. Son code , appelé de son nom (la loi Gombette), fera vivre longtemps sa mémoire. *

$ V. Devenu roi d'un puissant royaume , Sigismond s^occupa moins des moyens de le conserver que de pratiques religieuses. Il avait été ramené à la foi chrétienne , une année avant la mort de son père , par les exhortations d'Avit , et s'était livré avec exal-

1. — Avit a dit de Gondebaud : « PrœcelleiUissimus priiiceps , cum sit ad ioveniendum igneus , profluus ad dicenduin , ita sensiis scrutatur humanos , ut semper conventibus initissimo pareal auditu. » (Epistola XL VIII.)

8. — Le premier royaume de Bourgogne a occupé beaucoup ralleotion des historiens ; des faits d'une grande importance 8*v rattachent. On peut consulter , sur le régne de Gondebaud , les ouvrages suivants :

Gbegor. Toron. , lib. II, c. xxvui , xxxii , uxiii. — Concil. Epaon. , in tom. IV, p, i04. Mascoo. Bisl. of ihe Germans, XI, 10. — Dopin. Bibl. ecclés., tome V, p. 5-10. — Paocopiro. De Betio Goth. , I. I , c. xii. — Marics (évéque d'Avenches). Cbron. , tome II , 15. — Avit. Ep. XLVIII. — Erkoo. Vil. Epiph. — Dacuir. Spicileg. , Y, 110. — Canciahi. Barbaror. leges antiquas , IV. — Agorard , io leg. Gund. — Cassiooorr , 1. I , Ep. xlvi ; I. III , Ep. ii.

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