‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 111 sur 262 · YI^ SIÈCLE. — PREMIER ROYAUME DE BOURGOGNE · texte numérisé non relu

YI^ SIÈCLE. — PREMIER ROYAUME DE BOURGOGNE

tation à ses idées de piété. A peine maître du pouvoir, son premier soin fiit de restaurer le célèbre monastère de St-Âgaune , fondé, dans le Valais , en l'honneur du martyre de la légion Thébaine. Le nouveau roi de'Bourgogne agrandit beaucoup les bâtiments de Tabbaye , augmenta le nombre des religieux, et fit à ce couvent de riches dotations. La religion chrétienne fiit rétablie dans ses états, et rarianisme enfin banni : ce changement de foi ne rencontra pas de résistance , et les Bourguignons se convertirent comme avait fait leur prince. Sigismond convoqua un concile provincial à Epaone dans le Valais , et bientôt après promulgua de nouveau le code de Gondebaud, après l'avoir revu et modifié. Jusque-là son règne avait été paisible et prospère ; mais de grands malheurs domestiques l'attendaient.

Sigismond avait épousé Oltrogothe, fille de Théodoric, et princesse d'un haut mérite ; il en eut une fille et un fils nommé Sigeric, qu'Avit éleva dans la foi chrétienne. Oltrogothe mourqt , et bientôt après le roi de Bourgogne se remaria avec une jeune fiUe d'une condition inférieure, qui traita en marâtre les enfants de son mari. Sigeric un jour déplorait amèrement la mort de sa mère Oltrogothe , dont il exaltait les vertus; la reine fiirieuse jura la perte de cet enfant , et l'accusa d'un complot pour arracher à son père la couronne et la vie. Le faible Sigismond crut une femme qu'il aimait : il n'examina rien , et fit étrangler son fils. Cet événement eut lieu en 522 , sous le consulat de Symmaque et de Boèce. '

1 . ~ La mort de Sigeric est racontée d'une manière fort toachante par Grégoire de Tours ; ce naïf chroniqueur s'exprime ainsi : « Igitur mortuo Gundobado , regnum ejus Sigimundus filius ejus obtinuit , monasteriumque Agaunense solcrti cura cum domibus basilicisque aedificavit : qui, perdila priori conjuge , filia Theodorici régis Italici, de-qua filiam habebat nomine Sigiriciim, atiam duxit uxorem ; qaae ?alide contra filinm ejus , sicut nofercarum mos est , malignari ac scandalizare cœpit. Unde factum est ut una solemnitatam die , cum puer super eam Testimenta matris agnosceret , coromotuff felle dicerct ad eam : « Non euim cras digna nt hase indumenta tua terga contingerent , quae domiiiœ tuae , id est matris mec , fuisse noscuntur. » At illa, furore succensa , instigat terbis dolosis virum suum , dicens : « Hic iniquus regnum tuum possidere desiderat , teque interfecto , id usque Italiam dilatare disponit , scilicet ut regnum , quod a? us ejus Theodorious Itali» tenuit , et iste possideat. Sdt enim quod, te vivente , hsBc non polest adimplere ; et niai lu cades, ille non surget. >• His et hujuscemodi ille incitatus verbis, uxoris inique consilio utens , iniquus exstiiit parricida. N«n sopitum TÎno dormire post meridlem filium jubet : cui dormienti orarium sub coUo posiitim , ne sub menio ligatum , trabentibua ad se invicem duobos pueris , sugillatus est. Quo

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