‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 112 sur 262 · SI^ISMOND. — TI® SIÈCLE · texte numérisé non relu

SI^ISMOND. — TI® SIÈCLE

Sigeric mort, Sigismond reconnut qu'il avait été trompé; il se jeta, en poussant des cris de désespoir , sur le corps inanimé de son fils. Indigné contre le roi, un Bourguignon témoin de cette scène s'écria : « Ce n'est pas lui, ô roi ! c'est toi qui mérites la pitié « et ces lamentations. » Sigismond , le cœur brisé , se retira dans son monastère de St-Âgaune, et s'imposa des jeûnes rigoureux, des prières, et tous les actes de la piété la plus austère. Cependant les chefe bourguignons regrettaient amèrement le jeune Sigeric ; ils se donnèrent à Clodomir d'Orléans : c'était prononcer la déchéance du roi. Sigismond, qui le comprit, sortit de sa retraite , vint à Lyon , et marcha contre Qodomir avec une petite armée : il fut vaincu ; un prince si peu guerrier devait l'être. Une tradition raconte que le roi détrôné s'enfuit du champ de bataille, déguisé sous un vêtement de moine , et se hâta de se réfugier dans son monastère favori f son ennemi l'y suivit. Mais il n'était pas facile de surprendre Sigismond dans une retraite à laquelle on ne pouvait parvenir qu'en gravissant un sentier taillé dans le roc : Clodomir mit le feu à l'abbaye, et attira le roi de Bourgogne dans un piège. Maître enfin de la personne de son ennemi , Clodomir l'emmena dans l'Orléanais, avec la reine de Bourgogne et ses deux fils. Peut-être le prince franc eût-il oublié Sigismond; mais Gondemar , second fils de Gondebaud , s'était déclaré roi de Bourgogne, aussitôt qu'il avait appris la captivité de son frère. Au moment de marcher contre ce nouvel adversaire , Clodomir résolut d'exterminer Sigismond et sa famille. Instruit de ce projet, un pieux abbé s'efibrça d'exciter la commisération du prince franc : il lui annonça la victoire s'il était clément , et sa défiûte s'il suivait sa barbare politique : ces représentations n'arrêtèrent point Clodomir; il fit égorger Sigismond, la reine et leurs enfants dans un village voisin d'Orléans, et les quatre cadavres frirent jetés dans un puits par son ordre (523). Us y restèrent trois années, et en furent retirés par les soins pieux d'un abbé de St-Agaune , qui les fit transporter dans son monastère. L'Eglise a

hclOt pater sero jam pœnit^s , super cadaver exaDime ruens , flere cœpit aroarissime. Ad qaem scnex quidam sic dixisse fertur : « Te , inquil , plante aniodo , qui per consilium ncqnan factus es parricida axTissimui ; nam hune qui ifinocens jugulatus est , necessartum non esl plangi. •• {ffistor, Francor,, UI, v.)

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