‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 119 sur 262 · V* SIÈCLE. LITTÉRATURE A LYON · texte numérisé non relu

V* SIÈCLE. LITTÉRATURE A LYON

« ture, et avec quelle chaleur et quel courage ne les engageas-tu <i pas à réparer ces ruines ! » Constantius écrivit peu ; ce fut par déférence aux pressantes sollicitations de son évéque qu'il écrivit la vie de Germain, travail important pour Thistoire non-seulement ecclésiastique , mais encore profane. L'abbé du Bos lui a fait plusieurs emprunts. Le savant prêtre rendit aux lettres un autre service, en déterminant Sidoine à publier le recueil des sept premiers livres de ses lettres. '

Sidoine eut de PapianiUa au moins quatre enfants : un fils , Apollinaire , et trois filles, Severienne , Roscie et Alcime. 11 était tendrement attaché à sa femme : une des lettres de son recueil lui est adressée. Il félicite PapianiUa de l'élévation d'Ecdicius au rang de patrice : « Si je connais bien ton cœur, lui dit-il, cette <c nouvelle doit, au milieu des maux qui nous affligent, être pour « toi une grande consolation , et la crainte même d'un siège pro- »< chain ne peut t'empêcher de prendre part à la joie publique. c< Je le sais bien : les honneurs que j'ai reçus, et auxquels la loi « te faisait participer, ne t'ont jamais autant flattée que ceux dé ♦c ton frère; car, si tu es bonne épouse, tu es meiUeure sœur « encore. Je me hâte de t'annoncer, par des lettres de félicitait tion , les grands titres que ta famille , grâces au Gel , vient de « recevoir; je satisfais à l'impatience que tu éprouves, et je mé- « nage tout à la fois la modestie de ton frère. S'il ne t'annonce pas « lui-même la dignité dont il va être revêtu , tu ne peux accuser « que cette modestie et non son cœur ; pour moi , quoique je « me réjouisse beaucoup des honneurs accordés à ta famille, « honneurs que tu attendais jusqu'ici avec d'autant plus d'impa- « tience qu'ils vous étaient promis , je m'en réjouis moins ce- « pendant que de l'intimité qui règne entre ton frère et moi. « Puisse une teUe union exister toujours entre ses enfants et les « nôtres ! L'objet de mes vœux, c'est qu'imitant leurs pères qui, « d'une famille préfectorienne , ont fait, avec la faveur d'en haut, « une famiUe patricienne, nos enfants puissent, eux aussi, « rendre consulaire une famille patricienne. Roscia , notre soUi-

1. — Le prêtre Coostantius, qui était poêle, fit une inscription en vers pour la nouvelle église des Macchabées. Oo croit qu'il a écrit la vie de saint Just ; c'est l'opinion de Tillemonl et des Bénédictins.

« citude commune te salue ! Elle est ici élevée sous les yeux cf bienveillants de son aïeule et de ses tantes paternelles , ce qui <( arrire rarement à d^autres enfants , et gouvernée avec une sé- « vérité qui , sans nuire à son âge tendre encore , sert à former a son cœur. Adieu '. » Cette lettre montre Sidoine dans sa famille 5 et peint très bien Fhomme privé. Quoique marié , il s'engagea dans l'état ecclésiastique; sa femme vécut plusieurs années après qu'il eut été élevé au siège épiscopal de Clermont. Leur tendresse mutuelle ne paraît pas avoir éprouvé la moindre altération par ce changement d'état. *

Sidoine méritait d'être aimé des siens et d'avoir beaucoup d'amis; d'une humeur obligeante et douce, il était disposé toujours à dire du bien des autres et à leur en faire. Cependant, malgré la bienveillance qui faisait le fond de son caractère , il aimait la raillerie et avait la riposte prompte et piquante. Son jugement était sûr , son esprit de discernement remarquable ; personne ne possédait mieux Fart si difficile d'écouter , et ne recherchait les conseils avec plus de docilité. Un peu de vanité peut être pardonné sans doute à un poète c[ui avait fait une si grande fortune politique et littéraire : il disait lui-même que , dans un âge peu avancé, il surpassait en plusieurs genres d'écrire la plus grande partie de ceux de son âge, et même beaucoup de vieillards. De vifs chagrins fatiguèrent ses dernières années : deux prêtres de son diocèse parvinrent à le faire descendre de son siège , et il n'avait plus le même pouvoir de faire du bien à ces Arvemes qu'il avait tant aimés. Le saint évéque de Clermont mourut à un âge peu avancé, le 21 août ^89.

On a de hii des ouvrages en prose et en vers. Ses lettres , au nombre d'environ cent quarante-sept , sont distribuées en neuf livres : Sidoine publia les sept premiers ; les deux autres parurent longtemps après , par les soins de Pétronius d'Arles. Toutes sont des compositions littéraires étudiées avec soin : on y sent reflTort et le travail , et on y chercherait en vain les premières des qua-

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