ÉGLISE DE LYON. V* SIÈCLE
pas les talents éclatants dlrénée et de Just : il n'en est aucun qui n'ait honoré l'Eglise par ses vertus. ^
Eucher fat un des évêques éminents de ce siècle *. Né à Lyon, il appartenait à la famille patricienne des martyrs Epipode et Alexandre, et comptait parmi ses parents des sénateurs et d'autres grands dignitaires. On sait peu de chose de ses premières années ; doué d'heureuses facultés , il se distingua beaucoup dans ses études. Quelle carrière suivit-il d'abord.^ on l'ignore. Il se maria de bonne heure ; sa femme avait un grand mérite, et lui donna dix enfants, dont quelques-uns fiirent élevés chez les religieux du monastère de Lérins. Un commerce intime s'établit entre ces moines et Eucher, dont le goût pour une vie pieuse et solitaire se prononça de plus en plus. Ce temps était une époque de foi vive et de renoncement ; Eucher n'hésita point à rompre tous les liens , même de famille , qui l'attachaient au monde : il se sépara de sa femme et des trois enfants qui lui restaient, et se retira auprès de Lérins, dans une petite île nommée alors Léro. Sa fille , Consorce , fit aussi profession de la vie religieuse , et ses deux fils devinrent évêques , l'un de Genève , et l'autre de Vienne. Eucher fat élevé à l'épiscopat de Lyon en &3& : cette date n*est pas certaine; ce qui est positif, c'est qu'il assista en 444, en qualité d'évêque, au concile d'Orange. Il avait beaucoup de science ; son éloquence était vive et puissante, et il écrivait avec une grande logique et un talent remarquable. Quelques-uns de ses ouvrages nous sont demeurés ; les principaux sont deux admirables lettres , adressées l'une à Hilaire , et l'autre à Valérien. Dans la première Eucher fait une agréable description de l'île de Lérins , et loue avec chaleur la solitude ; il traite , dans la seconde, du mépris du monde et de la
1. — Une des labiés qui termioeut ce volome est une liste chronologique générale des éréques et archevêques de Lyon : on a peu de renseignements sur la vie d*un asset grand nom. bre d'entre eux ; la plupart n'ont point écrit , et quelques-uns seulement se sont mêlés avec éclat aux éTénements de leur temps , du moins pendant les huit premiers siècles de notre Eglise.
S. Y a-t-il eu deux Eucher, évêques de Lyon, à un siècle de distance? Ce point d'histoire ecclésiastique a été bien traite par les auteurs de la Gallia christiana et par Colonia , qui se sont décidés pour la négative.