‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 129 sur 262 · LYON SOUS LES ROIS MÉROVINGIENS · texte numérisé non relu

LYON SOUS LES ROIS MÉROVINGIENS

%î. Lyon sous les premiers rois méroviagient. — Childeberl, la reine Ulirogothe, Mint 8tc«rdoc ; fondation de rHÔ(el-Dieu. — Frédégonde et Branrbaot; resUuration da Monastère d'Ainaj. — S^* tarai Contran; saint Nizier; peste de Lyon en K71; inondation de 59i. — § 3. Dégénération des prinees mérovingiens ; meurtre de l'éTéqne Ennemond. — Décadence complète des lettres à Lyon au septième siècle. — % 4. Sac de Lyon en 733 par les Sarrasins.

CaaosoLOfiit. Clovis, 481-Kll. *— Partage de la France entre les quatre fils de CIotîs. Thierry à Mets, 511- 534. — Clodorair à Orléans, 511-594. - Childeber^ à PaHs, 5t 1-558. — Clouire à Soissons, 5H-5el Clotaire réunit toute la monarchie. — Partage de la France entre les quatre fils de Clotaire. — Charibert roi à Paris, mort en 567. — Contran à Orléans, 593. — Chilpéric, mari de Krédégonde, à Soiasoos, 564. — Sigebert , mari de Brunehaut , 575. — Childebert II , fils de Si^bert et héritier de Contran , 566. — Fils de Childebert il : Théodebert II, 6<3, et Thierry 11, 613. — Clotaire il , fils de Chilpéric. — Dagobertll, fils de Clotaire II, 636. — Partage de la France entre les deux fils de Dagobert : Sigebert II, roi d'Aottrasie, 656, et Clovis il, roi de Neustrie et de Bourgogne , 656. — Descendance de Qotu 11 : Cloiaire lit, 656 ; Childérie II , 670. Il réunit toute la monarchie. — Rois fainéanU : Dagobert III , 715. — Chilpéric II , fils de Childérie II , 718. — Thierry II , fils de Dagobert III , 790. — Interrègne, 786. — Childérie III . dernier roi mérovingien , 749.

S I. Lyon changea souvent de maîtres , sous les princes de la dynastie méroyingienne. L'unité du territoire et son indivisibilité n'étaient point alors une maxime fondamentale de l'Etat; lorsqu'un roi mourait , ses enfants mâles se partageaient les provinces, et se les disputaient bientôt les armes à la main. Le Lyonnais passait de l'un à l'autre; il était la propriété , tantôt du roi de Paris, tantôt du roi d'Orléans, et suivait d'ordinaire la fortune de l'ancien pays de Bourgogne.

Qoyis avait laissé quatre fils : Childebert régna à Paris, Thierry à Metz , Glotaire à Soissons , Clodomir à Orléans. On sait la destinée de ce dernier : il périt , vainqueur, dans sa lutte avec les rois de Bourgogne. Lyon faisait partie de ses états. Ce prince laissa deux fils , dont Clotilde prit grand soin; mais Childebert et Glotaire convoitaient l'héritage de leur frère , ils résolurent la mort de leurs neveux. Clotilde eut à choisir pour ces enfants entre la mort et un monastère ; un messager lui présenta, de la part de ses fils , une épée et des ciseaux , emblèmes de la destinée qui attendait ses deux enfants. Clotaire égorgea de sa main Fahié de ses neveux et refusa la vie de Tautre aux instantes prières de Childebert, attendri trop tard sur l'infortune des fils de Clodomir. Ces princes francs , qui s'appelaient les fils aines de l'Eglise , ne pratiquaient pas les maximes de leur religion, longtemps impuissante à dompter la férocité de leurs mœurs : du sang barbare coulait dans leurs veines. L'histoire de ces princes mérovingiens n'est qu'une succession dé perfidies et d'assassinats ; commis par de proches parents les uns sur les autres, sans pitié comme sans remords ; jamais aucun d'eux ne recula devant un crime qui servait sa cupidité.

Ce Childebert qui hésita un instant devant un meurtre qu'il avait conseillé , ce Childebert qui eut au plus haut degré l'humeur sanguinaire des princes de sa race , et dont l'ambition excitait sans cesse la cruauté , se présente toutefois dans l'histoire de Lyon conmie l'ami du pauvre et le bienfaiteur de l'humanité. Un de ses neveux , Théodebert , fils de Thierry, n'avait point partagé le triste sort de ses cousins; il pouvait se défendre, et savait ce qu'il devait attendre de ses oncles. Allié tantôt avec l'un, tantôt avec l'autre , selon que son intérêt l'exigeait , il se faisait craindre de tous deux. Childebert venait de temps en temps à Lyon, compris alors dans ses états; il séjourna quelque temps dans cette ville qui se trouvait sur son passage , lorsqu'il allait faire la guerre aux Yisigoths, soit du Languedoc, soit de l'Espagne.

Lyon avait alors un saint évêque , Sacerdos , qui était connu et aimé du prince mérovingien , et dont le cœur était navré à Faspect de la profonde misère de ses concitoyens. Jamais plus de calamités n'avaient assailli cette ville : la famine, des maladies contagieuses et le plus afiBreux dénûment semblaient s'être coa-

jurés pour la détruire ; elle n'avait point de commerce , point d'industrie, et les bras manquaient à la culture de ses champs. Il y avait parmi ce peuple beaucoup de malades qui périssaient abandonnés sans secours sur la voie publique. Placé sur la route du Nord au Midi , Lyon était traversé continuellement par des pèlerins et par des gens de guerre mutilés, qui n'avaient pas toujours la force d'en sortir. Touché de tant de malheurs, Sacerdos eut Fidée de proposer à Childebert et à sa femme Ultrogothe, l'un et l'autre alors à Lyon (c'était en 542), la fondation d'un asile destiné à recueillir les malades, les infirmes, et les pèlerins privés de tout secours. La bonne et pieuse Ultrogothe accueillit avec ardeur cette invitation; Childebert laissa faire. Telle a été l'origine de cet Hôtel-Dieu de Lyon , ouvert aux malades de tous les pays, et qui devait devenir un des étabUssements de ce genre les plus magnifiques. C'est à un prince franc, c'est au troisième des fils de Clovis, c'est à Childd)ert P' que Lyon est redevable du plus beau et du plus utile de ses monuments. Fondé en d&2, et bâti sur le bord dti Rhône , auprès du pont qu'a remplacé celui de la Guillotière, l'hôpital commença à recevoir de pauvres malades dès l'année 5<i6. Le titre de sa fondation fut rappelé au cinquième concile d'Orléans, que présida Sacerdos en 549 : il établit deux œuvres distinctes, cdle des malades , et celle des pèlerins. * Ultrogothe n'avait rien de la barbarie des mœurs de son

1 . — Ce concile fui général, et non proviocial ; il représenta toute la nation françaifle : cinquaote-un évèques y assistéreut en personne , et vingt-un par des délégués. Ainsi , l'Hôtel- Dieu de Lyon fut placé sous la sauvegarde de tous les évéques des Gaules. Voici le titre do concile d'Orléans qui est relatif à cet établissement :

« XV. DeXenodochio vero, quod piissimus rex Cbildebertus , vel jugalis sua UllrogoUio regina , in Lugduncnsi urbe inspirante domino condideront , cujus institutionis ordiuem , irel expenss ralionem , peteutibus ipsis , manuum noslrarum subscriptione firmavirous ; vÎMim est pro Dei contemplaiione , junctis nobis in unum , permansura auctoritate deceroere , or quidquid prxlato xenodochio, aut per supradictorum regum oblationem, aut per quorumcumque fidclium eleemosynam collatum aut couferendum est) in quibuscu roque rébus alque corporibus , nibil exinde ad se quolibet teropore autistes ecclesiae Lugdunensis revocet , aut ad jus ecclesiœ transférât, ut succedentes sibi per tcmporum ordinem saœrdotcs , non solum aut de facultate xeoodocbii ipsius , aut decoosuetudine vel institutiooe nibil minuant, sed dent operam , qualiter rei ipsius stabilitas in nullam parlem detrimentum aut dimioutionem aliquam patiatur : providentes intuitu rctributionis aeteruae, ut praepositi semper strenui ao Deum timentei decedentibus substituantar , et cura œgrotautiom ac Dumefat, Tel

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