SECOND ROYAUME DE BOURGOGNE. — IX^ SIÈCLE
L'empire était en plein démembrement: tout comte se faisait, dès qu'ille pouvait, seigneur héréditaire; tout gouverneur, dès qu'il en avait la force, changeait son titre en celui de roi. Boson s'était emparé de la Provence; Bérenger se fit roi d'Italie, Çudes roi de Guyenne, et Rodolphe P' roi de la Bourgogne trans-jurane, composée de la Savoie, de la Suisse et de la Franche-Comté (888). Ainsi ces vastes états, qui avaient porté le nom collectif de Bourgogne , formèrent, à la fin du neuvième siècle, plusieurs souverainetés. Il y avait au Nord le duché de Bourgogne, renfermé entre le Rhône, le Jura et le Rhin ( c'était la Bourgogne proprement dite), et au Sud un second royaume de Bourgogne , qui se partagea lui-même entre deux états ( la Bourgogne trans-jurane et la Bourgogne cis-jurane), séparés l'un de l'autre par la chaîne des monts Jura. A la Bourgogne trans-jurane appartenaient la Provence , le Comtat, le Dauphiné , le Bugey, la Bresse , une portion de la Bourgogne et du Languedoc ; à la cis-jurane , la Franche-Comté et la Suisse, jusqu'au Rhin et à la Savoie. Chacun eut ses rois indépendants ; l'un de ces royaumes , celui que Boson avait fondé, n'eut qu'un demi-siècle d'existence ; il fut réuni alors à l'autre , et les deux états devinrent le royaume d'Arles , qui ne devait pas avoir une longue durée.
Boson mourut en 889 ; il eut pour successeur son fils Louis , surnommé depuis l'Aveugle. L'archevêque de Lyon , Aurélien , sacra et couronna en grande pompe le jeune prince , qui lui
surtout par les ouvrages d'écrivains tels que César , Sénèque , tacite , Dion et Siraboii. Tout est ruine , obscurité et confusion autour de lui; cependant des témoignages historiques d'un autre ordre viennent se mettre à sa disposition pour reconstituer le passé : ce sont les cartulaires des couvents , les obituaires des églises , les chartes concédées par les rois et par les comtes, les diplômes autographes, et les actes des donations faites à l'Eglise. Ces vieux documents , dont l'élude a été négligée pendant tant d'années , révèlent à qui sait les lire des renseignements d'une haute importance sur les faits de l'époque , sur le régime administratif et judiciaire du Lyonnais , et sur la constitution de la propriété. On ne saurait donc consulter avec trop de soin les recueils de Habillon , de Duchesne , de d'Achérj , et surtout de Dom Bouquet , mines fécondes qui n'ont pas encore été épuisées. Les Cartulaires de Cluny et du monastère de TIle-Barbe ont fourni des matériaux précieux à lliistoire de Lyon ; celui de l'aotique abbaye de Savigny, située près de l'Arbresle , dans le Lyonnais , a été consulté souvent ; l'abbé Pontius le fit dresser en 11 70 : deux copies partielles de ce carlularre se sont conservées jusqu'à nos jours ; l'une appartient à M. Coste, l'autrç Cait partie de» manuscriis^ de la bibliothèque de Lyon.