‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 153 sur 262 · DES ARCHEVÊQUES. — X*- XI* SIÈCLES · texte numérisé non relu

DES ARCHEVÊQUES. — X*- XI* SIÈCLES

ce roi de Bourgogne, Burchard II fut appelé bien jeune à Fépiscopat ; il avait à peine douze ans. Les mœurs du temps permettaient cette profanation des dignités ecclésiastiques , qu'on accordait souvent à des enfants de haut lignage. Hugues , fils d'Herbert , comte de Vermandois , fiit nommé archevêque de Reims, bien qu'il n'eût pas encore atteint l'âge de cinq ans accomplis; et, ce qui n'est pas moins extraordinaire, cette élection £ut approuvée par le roi Raoul et par le pape Jean X. Burchard II , du moins , justifia sa promotion prématurée : il £ut un bon administrateur et un digne prêtre à une époque de corruption , jusqu'alors sans exemple parmi le clergé. L'archevêque de Lyon fit de grands et heureux efforts pour maintenir la discipline ecclésiastique ; éclairé et pieux , il protégea et dota les monastères dont le dénûment était extrême. Ceux des couvents du Lyonnais, qui avaient échappé aux ravages des Sarrasins et des Hongrois, appartenaient à des abbés laïques qui les possédaient à titre de fiefs ou de bénéfices , et qui y vivaient avec leurs femmes, leurs enfants, leurs valets et leurs chiens. Il faut le dire, à l'honneur de l'Eglise lyonnaise , sa bonne renommée grandit de tout ce qui manquait aux prêtres de quelques autres diocèses , sous le rapport des lumières et de la moralité. Ce ne sont pas des autorités suspectes qui ont révélé les scandales de ces temps , ils ont été signalés par des écrivains très religieux. L'igporance était portée au comble chez la plupart des grands dignitaires ecclésiasticjues : plusieurs arrivaient à la vieillesse , sans avoir acquis la notion la plus légère des vérités de la foi; ils ne savaient pas, à la lettre , les paroles du Symbole et de l'Oraison dominicale. Les vices de quelques-uns ne connaissaient aucun firein; ils s'abandonnaient sans retenue à tous les genres d'écarts : même absence de lumières parmi les classes inférieures ; il y eut des prêtres qui se marièrent publiquement. Les dignités ecclésiastiques étaient vénales; on les adjugeait à l'enchère. Rien n'égalait la dépravation des moines d'un grand nombre de couvents, surtout en Italie ; ceux; de la France se respectaient davantage. Le clergé de Lyon ftit une exception honorable ; son digne chef, l'archevêque Burchard II, commanda toujours par sa conduite l'estime et le respect.

L'archevêque Burchard exerça pleinement dans Lyon la domination temporelle. Ses prédécesseurs accordaient des concessions.

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