‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 169 sur 262 · TLIV* SIÈCLE. CLÉMENT V A LYON · texte numérisé non relu

TLIV* SIÈCLE. CLÉMENT V A LYON

nement, à Lyon, de Clément : il avait à sa cour de jeunes seigneurs qui croyaient tout permis à leur rang; ils ne respectaient ni la décence ni la pudeur des filles. Indignés de leurs attentats, les bourgeois menacèrent de se faire justice à eux-mêmes , si le pape ne réprimait cette jeunesse débauchée : Tarchevêque appuya leurs réclamations avec fermeté.

Philippe-le-Bel avait pris sous sa protection puissante les citoyens de Lyon; il écrivit à Bernard d'Anguissel, gardiateur qu'il avait établi , de veiller avec la plus gi'ande sollicitude à la conservation des franchises et des privilèges de la ville , et lui renouvela plusieurs fois ses instances à cet égard. De son côté , Clément V ne tarda point à tenir ses engagements ; il publia une bulle dans laquelle le droit des archevêques était nié, et celui du roi de France proclamé d'une manière solennelle : « Les comtes « du Lyonnais et du Forez, disait-il dans cet acte , tenaient leur « comté en fief des rois de France, lorsque Tun d'eux fit en « 1173, aveô l'agrément du roi, l'échange de ses domaines. c< Substituée à ces seigneurs, l'Eglise de Lyon devait évidemment »< continuer à tenir en fief des rois de France la ville de Lyon; M car celui-là possède au nom de qui on possède , et le seigneur « du fief en est le maître par son vassal. » 11 y aurait eu plus d'une remarque à faire sur cette doctrine , vraie cependant en principe ; mais la domination temporelle des archevêques était en pleine décadence , et Philippe était le plus fort. Le pape s'entremit entre le roi de France et l'archevêque pour les amener à un traité qui eut lieu en 1307, et fut entièrement à l'avantage de la commune.

Le roi rendit deux édits, qui reçurent le nom de Philippines. Dans le premier, Philippe érige en com té-bar onnie toutes les terres que possédaient l'archevêque et le chapitre , soit par leur traité avec les comtes de Lyon et du Forez , soit à tout autre titre. Le roi se désiste de toute prétention temporelle sur ces domaines et des droits de régale (revenu des sièges vacants), soit sur l'église d'Autun , soit sur le monastère de Savigny. Par le second édit , le roi de France se réserve expressément le droit d'appel en justice , celui de suzeraineté , et la faculté d'établir à Lyon ses oflficiers de justice.

Il y eut de vives réclamations de la part des citoyens : ils

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