‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 174 sur 262 · ORGANISATION MUNICIPALE. XIV® SIÈCLE · texte numérisé non relu

ORGANISATION MUNICIPALE. XIV® SIÈCLE

il ayait conservé une partie de sa juridiction temporelle sur la ville , et possédait tout entière celle du château de Pierre- Scise et de ses dépendances , depuis les remparts et le mur d'enceinte (la Ghana inclusivement) jusqu'à la Tourette en suivant le chemin de la montagne, et depuis la Tourette, le long des murs de la ville, en descendant jusqu'au fossé de Pierre- Scise et à la porte de Bourgneuf exclusivement. A rarchevéque seul appartenait la police de la domesticité du château quand il ne s'agissait pas de grands crimes , tels que le rapt , le vol ou le meurtre ; il avait aussi la police de la fête des Merveilles et le droit de lever des troupes, soit à pied , soit à cheval, pour faire la guerre tant au-delà de la Saône qu'au-delà du Rhône : il était demeuré fort grand seigneur , même au point de vue temporel. Aucune restriction n'avait été apportée à sa juridiction spirituelle; elle était restée intacte et s'appliquait nonseulement aux citoyens de tous les ordres et aux officiers royaux, mais encore aux vastes diocèses dont se composait la primatie. Enfin, si l'archevêque était toujours en présenoe de deux adversaires , le gardiateur royal et le consulat , il n'avait plus à redouter les hostilités du chapitre dont la cause était devenue la sienne. Pierre-Scise était une petite forteresse tenue sur pied de guerre, et commandée par un homme d'épée. L'archevêque Guillaume de Sure avait nommé gouverneur du château le seigneur d'Yzeron , auquel il donnait par semaine cinquante sous viennois : ce commandant avait sous ses ordres douze hommes d'armes , chacun à huit florins par mois. Quoique simplifiée, la juridiction ecclésiastique fatiguait beaucoup encore les bourgeois ; elle s'était réservé la connaissance et le jugement des simples délits , mais elle avait toujours beaucoup de tendance à empiéter sur la justice séculière. Mêmes difficultés, mêmes prétentions quant aux impôts ; plusieurs étaient une sorte de monopole exigé par les officiers ecclésiastiques , et contesté par les citoyens : ainsi l'archevêque prétendait avoir le droit de lever, chaque année, depuis la fête de saint Jean-Baptiste jusqu'à celle de saint Julien ( 24 juin- 28 août), une taxe sur chaque bête chargée de blé ou de fruits qui entrait dans la ville. On payait cette taxe à la porte du pont du Rhône. Une autre contribution frappait les poids et mesures : très peu de citoyens se résignaient

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