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sont attachées , et parcourt les rues de Lyon en criant : « Tout est gagné , nous n'avons plus de roi. » Malgré rabaissement du pouvoir, des scènes si scandaleuses ne demeurèrent point impunies ; le Parlement intervint : il condamna Tarchevèque , par arrêt du 5 octobre 1394 , à payer des dommages-intérêts aux V officiers du roi indûment dépossédés, et rétablit l'autorité royale, ainsi que les immunités des citoyens. Jean de Talaru n*osa pas résister; il affirma que, bien loin d'approuver l'équipée du meunier, il avait fait emprisonner cet homme.
Quelques années plus tard, un autre archevêque, Amédée de Talaru , montra aussi beaucoup de mauvais vouloir contre les citoyens : « Or, après que Messire Amédée de Talaru fut « de retour du concile de Constance, dit Rubys, et eust pris *i possession de son archevesché, comme de longue main il « avoit conçu une haine secrète contre les eschevins et les « citoyens de Lyon, à cause de ce que, lorsqu'il estoit encore « archidiacre , ils estoient intervenus avec le procureur du roi , « Bolet et les officiers de Sa Majesté, en l'instance qu'ils pour- « suivirent devant le roy contre son prédécesseur archevesque , « il leur dressa, comme l'on dict, une querelle d'Allemand , et « entreprit de leur faire quitter leurs armoiries , qui sont un lion <t d'argent, en champ de gueule, avec trois fleurs de lys en chef, « pour monstrer qu'ils sont bons françoys, et que la ville est Tune « des villes franches de ce royaume. Et de faict il fît enlever un « escusson des armoiries de la ville, gravé en pierre, que les « eschevins avoient faict poser sur la porte Saint-Marcel, au pied " de la coste de Saint-Sébastien , disant arrogamment qu'il ne <« leur appartenoit pas d'avoir armoiries. Mais les eschevins , qui « ne le redoutoient pas beaucoup , parce qu'ils se sentoient sup- « portés par le roi et par Monsieur le Dauphin , pour la ferme « loyauté qu'ils leur avoient tousjours conservée parmi les-troubles « de la France , luy respondirent hardiment que leurs armoiries « estoient plus anciennes que ks archevesques , et qu'ils les '< avoient portées en leurs bannières cl enseignes du temps des « Romains , et avant qu'il y eust aucun archevesque à Lyon. Et « cependant se pourvurent au roy, et obtinrent lettres de Sa Ma- •< jesté , par lesqueUes estoit défendu de rien attenter contre leurs « armoiries, et commandé de faire redresser celles qui avoienl
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« esté abattues. Et parce que maistre Jean Le Viste , lieutenant « du baillif de Mascon, qui pourtoit la cause deTaîchevesque, « fit refiiz d'exécuter leurs lettres , ils se portarent pour appelât lants de luy du desny de justice , et relevarent leur appel en la « Court de Parlement, qui lors se tenoit à Poitiers, parce que « Paris estoit occupé par les Angloys. Par arrest de lacjuelle le '* tout fut réparé , et les lettres du roy mises à deue exécu- " tion. » *
Pendant que Farchevèque entreprenait avec le gouvernement royal une lutte impossible , Fadministration consulaire était attaquée par les classes inférieures de la société lyonnaise. Des symptômes de ce conflit avaient apparu dès Forigine de l'institution ; ils se prononcèrent avec énergie pendant les deux premières années du quinzième siècle. Déviée de son principe, Fadministration de la ville appartenait à Faristocratie bourgeoise ; les classes moyennes et les ouvriers n'y avaient aucune part. Cependant cette jpartie de la grande famille lyonnaise supportait une portion notable des charges publiques ; elle se demandait pourquoi les conseillers de ville ne seraient pas pris aussi dans son sein: Des murmures, les classes inférieures passèrent à d'autres manifestations : à une agitation sourde succéda une insurrection ouverte : bouchers, boulangers, bateliers, tous les gens des corps de métiers s'armèrent de bâtons, se donnèrent des chefs, et se mirent en pleine révolte contre l'administration consulaire. Des gardes municipaux essayèrent de maintenir Fordre ; ils furent repoussés, menacés, battus; le peuple arracha de leurs mains les prisonniers qu'ils avaient faits. Cependant le tumulte allait croissant : les principaux des bourgeois et les riches marchands s'effrayèrent et prirent la fuite; beaucoup cherchèrent un refuge dans les châteaux fortifiés du voisinage. Maîtres un instant du terrain , les ouvriers s'écriaient que les bourgeois avaient bien assez gouverné et que leur tour était venu. Cette multitude , sans armes et sans points d'appui , ne pouvait résister longtemps aux forces dont disposaient les conseillers de ville et le gouvernement du roi ; elle céda. Le mouvement populaire fut comprimé ;. il n'avait pas réussi , on