XV® SIÈCLE. — CHARLES VII
tinrent aucun succès K Charles VII ne se laissa point intimider par les menaces de son fils; il lui importait d'être le maître à Lyon : ses officiers réclamaient auprès de Tarchevêque les clefs du château de Pierre-Scise , et eurent beaucoup de peine à se les faire remettre. Cependant les troupes royales arrivèrent; quelques compagnies armées avaient été envoyées par le baiUi de Màcon. Il y eut une grande agitation dans la ville au sujet du logement des gens de guerre ; les bourgeois en étaient exempts, Tarchevêque ne voulait pas en être chargé. Charles VII vint à Lyon en 1^55 pour surveiller de plus près les menées de son fils; il fit un assez long séjour dans les châteaux du voisinage, surtout à Yvour et à Saint-Priest ^. Les ambassadeurs d'Espagne, de Bohême et de Hongrie vinrent l'y trouver. Chabannes s'était engagé à prendre le Dauphiné; son armée n'avait pas d'ennemis à combattre. Engagé d'abord dans les intérêts de son gendre, le comte de Savoie s'était ensuite prudemment abstenu. C'est en vain que le dauphin ordonna ime levée en masse dans son gouvernement; personne n'obéit. Le danger approchait ; Louis s'échappa par le Bugey, accompagné de six cavaliers , et se rendit à Saint-Claude en Franche-Comté , auprès du duc de Bourgogne. Charles VII vécut encore quelques années, mais dévoré par le chagrin; persuadé qu'il était entouré des émissaires de son fils et craignant d'être empoisonné par eux, le malheureux prince se laissa mourir de faim.
Pendant ce temps l'administration consulaire s'occupa des intérêts matériels de la ville de Lyon; elle réprima divers abus, fit de bons règlements de police, et répartit les tailles avec plus d'égalité. Elle augmenta dans les hôpitaux le nombre
1. — Le célèbre jurisconsulte Gu^ Pape, ou plutôt Guy de la Pape, s'entremit avec beaucoup de chaleur entre le père ei le fils , et crut un instant les avoir réconciliés. Louis , dauphin , avait employé plusieurs fois dans seè négociations Guy de la Pape et Thomassîn.
2. — « Despuis , et en l'an 14S5 , le Roy vint à Lyon , et y fit un long séjour , dn moins es environs, prenant le desduict de la chasse : pour la commodité de laquelle il se lenoit souvent au chasteau de Saint-Priest en Dauphiné , distant seulement d'une bonne lieue de la ville de Lyon , appartenant de présent à messire Philibert de la Fores t , chevalier, seigneur de la Barre , cl dudict Saint-Priest , et à madame Claude Kichard , sou épouse... » (Rcbts, Histoire de lyoriy 339.)