ÉTAT POLITIQUE DES LYONNAIS. XV® SIÈCLE
voter sans haine , sans passion ; il les engageait à donner leurs voix à des hommes éclairés , dévoués au bien public , affables , modérés, d'un bon jugement et de bonne conscience. Après cette allocution, le terrier de la division de Fourvière, ouïe prévôt des marchands, s'il était terrier, nommait celui qu'il croyait digne d'être échevin ; le terrier de la division de Saint-Nizier faisait même chose ; puis les corps de métiers votaient successivement, d'abord les drapiers , puis les notaires , les merciers , et on finissait par les paysans. Le secrétaire de la ville inscrivait les votes , et marquait le nombre de voix obtenu par chaque candidat; il était contrôlé, dans cette opération, par le procureur ou par le receveur. Quand tous les suffrages étaient donnés , la décision de la majorité était proclamée à haute et inteUigible voix; le secrétaire faisait connaître le nombre des voix que chacun des candidats avait obtenues , et lisait le procès-verbal , ainsi que la composition définitive du consulat pour l'année. Cette organisation du syndicat était écrite sur une grande feuille de parchemin, scellée du sceau de la viUe, et ornée des marques et cachets, soit des échevins, soit des maîtres de métiers. Ces actes authentiques sont conservés dans le précieux dépôt des archives. ^
1. — Il existe i Ljon trois grands dépôts historiques t ce sont les nrcliives de rHôteUde- Ville , les archives de la Préfecture , et celles des Hôpitaux.
Blalgré le "vif intérêt qu'elles présentent, les archives de la ville ont peut-être été négligées ; elles attendent encore quelque savant élève de l'école des chartes , qui classe convenablement cette immense collection de documents de toute nature : Paris offrirait , sous ce rapport, d'excellents modèles à suivre. L'abbé Sudan a publié quelques notes , beaucoup trop sommaires, sur ce dépôt si encombré; M. Sa^vagnier en a extrait l'analyse de quelques actes et titres historiques. Clerjon et son continuateur ont fait usage des registres consulaires , et peut-èire lenr ont-ils fait des emprunts trop nombreux. M. Péricaud a publié pour la première fois , dans ses Documents, un très grand nombre de pièces tirées des archives municipales. Voici les recueils principaux qu'on trouve aux archives de l'Hôlel-de-Ville :
RMitTRM coatoLAiftis dcpuis l'année 1416 jasqa'en 4793 , en 338 vol. in-fol.
Il y a des lacunes dans la cuileclion. Ces registres ont été continués par les procès-vei baux du conseil municipal.
RuvBit de lettres et pièces autographes écritef par des rois , priners , grands dignitaires, et relatifs à iu ▼ille de Ljon.
Ricisras où sont les syndicau , depuis Tannée 1368. In-rol.
IsTBRTAïaB des titres et papiers qui sont dans les petites archives de la ville de Lyon.
iiTaiTAïai général des titres et pièces qui sont dans les arehivet de l'Hôtel -de- Ville de Lyon. ( Privilèges des bourgeois et habitants , pièces relatives aux foires , aux corps de métiers , aux biens et possessions de lu ▼ille, aux élections des membres du consulat, etc.). 33 voK grand in-fol.
Ce précieux recueil a été fait avec un très grand soin ; il s'agirait mainienanl de le colla-