‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 221 sur 262 · XV® SIÈCLE. ÉTAT POLITIQUE DES LYONNAIS · texte numérisé non relu

XV® SIÈCLE. ÉTAT POLITIQUE DES LYONNAIS

Prévôt des marchands , échevins , officiers de ville , bourgeois et maîtres des métiers étaient convoqués au son de la cloche, le

lioiiner aved les pièces |qui existent aa dépÀt. Le lotne premier contient les années 14f6 à

Rbcistim des naissances. — Rtsisnis des décès. — Dépôts des paroisses. — Cartes et plans de la tîHc i toutes les époques.

Je crois devoir reproduire ici , comme un document important , l'inTentaire qu*a dressé des archives de la Préfecture un homme parfaitement compétent , M. Cfaelle :

« L'Hôtel-de-Ville reçut depuis 1790 jusqn*en 1793 tous les papiers de l'ancien pouvoir administratif et ceux plus nombreux encore des corporations religieuses , multipliées dans cette province et richement dotées. Cette masse énorme de cahiers , de volumes manuscrits de tous formats', fut reléguée péle-mèle dans les greniers et les combles , et resta longtemps à la disposition des curieux et des personnes intéressées. Ou n'y mit un commencement d'ordre que pendant Tan X ; mais un plancher, s'étaut écroulé, détruisit cette ébauche de classement. LMncendie arrivé à cet hôtel en 1803 produisit de nouveau une extrême confnsion dans les archives. On les transporta depuis dans la rue Sala , et enfin , en 1819 , dans le nouvel hôtel de la Préfecture dont elles occupent l'aile occidentale. Depuis 1820 , on s*est occupe à faire cesser le désordre le plus apparent. Une quantité immense d'anciens cartons , de registres vieux ou nouveaux, ont été rangés en bloc dans les deux galeries formant le second et le troisième étage. Plus de six cents cartons ont été remplis , et disposés sous les titres qui ont paru les plus convenables.

« Cependant tous ces travaux out été insuffisants pour la confection d'un inventaire , parce qu'aucune pièce n'a pu être examinée en détail et rapportée à un classement déterminé. En outre , ce qui appartient à l'administration courante , commençant à la révolution de 89, et tout ce qui regarde les anciennes administrations et les corporations supprimées , se trouvait dispersé confusément et au hasard dans les deux galeries dont il a été parlé. Cette confusion , jointe au défaut d'inventaire , rendait les recherches très longues et même le pins souvent inutiles. La plus urgente amélioration, qui vient d'être faite , a consisté dans la séparation de l'ensemble des archives en deux parties bien distinctes. La première galerie a été affectée aux archives antérieures à 1789 , et la seconde 4 tout ce qui est postérieur i cette époque. Il reste un travail, le plus long , le plus difficile et le seul qui paisse donner aux archives l'importance dont on a pu déjà se faire une idée , et répondre aux besoins journaliers du public : c'est un catalogue ou inventaire général, qui devra suivre Texaroen spécial et la classification de chacun des objets dont se composeiu ces archives. Voici , en attendant mieux , une liste très succincte de ces objets, et seulement des principaux parmi ceoK qui se trouvent dans la première galerie :

« 1,300 cartons ( il en manque beaucoup.) — Titres du chapitre de Saint-Jean et comté de Lyon, depuis le douzième siècle jusqu'en 1780. Ils traitent (fe^ droits de chasee , dimee , directes , comptes des recettes et dépenses , limites des juridictions , acquisitions , servis , foitrs banaux , justice , fourches patibulaires , fiefs , actes de la justice , maitres d'écoles • églises , chapelles , clochers, police rurale , abbenevis , redevances navales , pêche et épave , péage f poids et mesures , dons et legs , aliénations, testaments, obéances , droits honorifiques , exemptions , privilèges , honneurs , titres de comtes , préséances , etc,

m Cette ^numération serait è peu prés la même |)0ur eu qui regarde les autres corporations.

m 27 vol. in-fol. — Inventaire général des cartons sus-désignés , fait par Lemoine , avocatarchiviste en 1766.

jour de la Saint-Thomas , dans l'église de Saint-Nizier , dont le chœur avait été préalablement tapissé et décoré par les soins du voyeur de la ville. C'est dans cette occasion que l'oraison doctorale était prononcée par un avocat , ou par un professeur que le consulat avait désigné. On invitait à la cérémonie l'archevêque , le chapitre , le gouverneur, le lieutenant du roi ; le discours

« 206 vol. in-rol. — Actes capitulaires , ou délibérations du chapitre de la] même église , depuis 1361 jusqu'à la réTolution.

« 35 vol. in-fol. — lUTentaire desdits actes.

« 158 cartons. — Titres de Vahlaye ^Àinay^ de i'ao 1106 à 1780.

« 4 vol. io-fol. — Inventaire de ces cartons.

« 8 vol. in-4°. — Actes capitulaires de cette abbaye depuis 1538 jusqu'en 1730.

« /Ihbaye de Saint- Junt. ~~ Masse de titres dans le plus grand désordre , pouvant remplir 300 caHons.

« 4 vol. in-fol. — Invculaires faits dans le dix-septiéme et le dix-huitiéme siècle.

« 58 vol. in-fol. — Actes capitulaires de Saint-Nizier, depuis 1450 jusqu'en 1778.

« 4 vol. in-fol. -* Inventaire d'autres titres disséminés ou perdus.

« 86 vol. iu-4^. — Actes capitulaires de Saint-Paul , depuis 1425 jusqu'en 1746.

« 15 vol. in-fol. —Preuves de noblesse et armoiries des aspirants i Vordre de Malte,

« 300 vol. in-fol. et in-4'*. — Visites des commandeurs.

« 1 ,500 vol. in-fol. et in-4®. ~- Terriers des commanderies du même ordre.

« 7 vol. io-fol. — Inventaires de ces terriers.

• 6 vol. in-fol. — Inventaire des titres do grand prieuré d'Auvergne (ordre de Malte). La plus grande partie de ces titres est perdue. Parmi ceux qui restent , se rencontrent quelques chartes de franchises , des transactions et registres de cens et servis en langue provençale ou des troubadours du treizièn)e et du quatorzième siècle. Ces pièces peuveut être précieuses pour la comparaison de cette langue, en divers lieux et à diverses époques.

« Les débris des archives de toutes les autres corporations religieuses du Lyonnais, Forez et Beaujolais , peuvent former environ 2,000 volumes et cartons.

« 1,500 cartes, plans topographiques , tracés de terriers de Lyon et de tousses environs.

« Dans la seconde galerie se trouvent , comme il a été dit , les archives modernes t elles se composent d'une multitude de documents de tous genres, qu'on s'imagine facilemennt devoir être fournis par une administration aussi importante que celle du département du Rh6ne. » (Rewe du Lyonnais.)

Les archives des hôpitaux sont conservées avec un soin très grand; on peut les citer comme modèle d'ordre et de bonne tenue. On trouve dans cette immense collection de dossiers et d'actes : les titres des propriétés des hôpitaux , les actes judiciaires , les registres des entrées et des sorties des malades ; ceux des décès , ceux de l'immense population des enfants trouvés et abandonnés , etc. , et les procès-verbaux des séances du conseil administratif. Beaucoup d'utiles renseignements historiques ont été fournis par les archives des hôpitaux ; Dagier y a trouvé les matériaux de son Histoire de l'Hôtel-Diea , et Mono des documents d'un grand intérêt.

Il est si important, quand on s'occupe de travaux historiques , de savoir où prendre les faits et les dates , qu'on me pardonnera peut-être cette note un peu longue , en considération de son utilité.

achevé, on lisait à haute voix la composition du syndicat, et

tout était terminé jusqu'à Tannée suivante.

Ainsi le peuple de Lyon n'avait aucune part directe à Pélection municipale : les conseillers de ville désignaient dans les corps de métiers un certain nombre d'électeurs, et ceux-ci, dirigés dans leurs opérations par les conseillers sortants, donnaient leurs voix à ceux des citoyens qu'ils en avaient jugés dignes. Il est évident que le consulat devait avoir une très grande influence sur les votes des maîtres de métiers , qui n'avaient en fait et en droit aucune initiative ; cette forme d'élection se maintint pendant longtemps : elle ne fut complètement abrogée que quatre siècles plus tard, lorsque Lyon fut dépossédé de ses droits et des privilèges que les rois de France lui avaient concédés. *

§ IL J'ai fait connaître l'état politique des habitants de Lyon au quinzième siècle ; cette étude des privilèges et des immunités dont jouissaient nos pères ne serait pas complète, si je ne parlais ici des libertés singulières dont étaient en possession de petits pays voisins , réunis sous la dénomination conmiune de Franc-Lyonnois.

Située aux portes mêmes de Lyon , cette contrée se composait du village de Cuires, de la Croix-Rousse, d'un tiers de la paroisse de Caluire , des villages de Fontaines , de RochetaiUée et de Fleurieu , d'une portion des paroisses de Genay, Civrieux et Saint - Jean - de - Thurigneux. Une autre partie du Franc- Lyonnois , moins considérable que l'autre , était formée des paroisses de Saint-Bernard et de Riottier, et d'un tiers environ de celle de Saint-Didier-de-Formans. Il existait ainsi un grand et un petit Franc-Lyonnois , qui l'un et l'autre avaient la Saône pour limite et Neuville pour chef-lieu. Ainsi plusieurs paroisses appartenaient en partie au Franc-Lyonnois, en partie à la Dombes , au Bugey , ou au comté du Lyonnais proprement dit. Considéré dans son ensemble , le Franc-Lyonnois était un pays peu fertile , très pauvre , peu conmierçant , et peuplé à

1..— RuiiYs. — Mbnestrikr. — Rrossf.tte. — Voyez surioul l'ouvrage suivant : Les Privilèges , franchises et immuoitez octroyés par les Roys très chrétiens mx consuls, eschevint, manans et h.ibitans delà ville de îjon et h leur postérité (recueillis par Claude de Rubjs). Lt/onf Antoine Cryphe, 1574, in-fol. — Lyon, Guichard JuUiiron , 1619 , 4634 , 1619 , in 4".

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