‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 222 sur 262 · DU FRANC-LY0NN018. XV® SIÈCLE · texte numérisé non relu

DU FRANC-LY0NN018. XV® SIÈCLE

peine de quatre mille habitants : on y voyait de nombreux châteaux , dont les ruines subsistent encore à Rochetaillée , à Cuires et à Genay.

Cette bande de terrain avait de grands privilèges : constituée en quelque sorte comme une république , elle était exempte des droits d'aides, de gabelle, d'octroi, en un mot, de tous les impôts établis dans le royaume. Le Franc-Lyonnois était dispensé de fournir son contingent à la milice ; il nommait de son plein pouvoir un syndic général et un procureur-syndic pour veiller à ses intérêts, et appartenait à la juridiction de la sénéchaussée de Lyon.

Gomment s'était formée cette agglomération de communes et de portions d'autres communes, et d'où lui venaient ses grands privilèges ? Les opinions ont été très partagées sur ce point. Paradin les fait remonter jusqu'au temps de l'empereur Léon , qui aurait exempté de tout impôt le territoire aux environs de la ville, dans un rayon de trois milles , à la prière de S. Nizier, archevêque de Lyon. C'est en 476 qu'il aurait fait cette concession singulière; mais cette hypothèse est insoutenable : à la fin du cinquième siècle, Lyon appartenait, non à l'empereur grec , mais aux rois de Bourgogne. Il faut remarquer, en outre , que toutes les communes, aux environs de Lyon, ne possédaient pas les immunités et privilèges qu'il est question d'expliquer : la délimitation bien connue du Franc-Lyonnois est une réfutation péremptoire de l'opinion de Paradin.

SelonLa Teyssonnière, ce pays futréuni à la couronne de France en 1515. De Miège a proposé un système en apparence assez plausible. Au temps du second royaume de Bourgogne , les seigneurs féodaux se rendaient indépendants autant qu'ils le pouvaient : chacun se faisait chez lui maître absolu. Une partie de la Bresse et de la Dombes devint le domaine des sires de Bagé ou Baugé ; l'autre , plus rapprochée de Lyon , échut aux sires de ViUars. Celle-ci , détachée de la Dombes, en possédait les privilèges.

Héritier des biens des sires de Villars, Humbert aurait cédé à l'Eglise de Lyon les terres de la rive gauche de la Saône, à la condition qu'il serait désormais afiranchi de l'hommage dû à cette Eglise depuis son aïeul Etienne , sire de Villars ; mais cette

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hypothèse ne saurait être admise : elle n'est appuyée sur aucun témoignage. De Miège aurait dû citer les autorités d'après lesquelles il établissait, d'une part, l'obligation pour Etienne, sire de Villars , de rendre hommage à l'Eglise , et , de l'autre , le marché en vertu duquel Humbert s'était aflOranchi de cet acte de vassal , au prix de cette prétendue cession de quelques terres sur la rive gauche de la Saône. Le Franc-Lyonnois , d'ailleurs , n'appartenait point exclusivement à l'archevêque. Il ne s'est point formé poUtiquement avant le quinzième siècle; on ne le trouve indiqué nulle part antérieurement à cette date. Les communes qui devaient le composer appartenaient, celles-ci aux sires de Beaujeu, celles-là aux sires de ViUars, les autres soit à l'archevêque, soit au chapitre de Lyon. Cependant le pouvoir royal tendait à s'y établir; elles étaient trop voisines de la France pour qu'une domination étrangère y fût indéfiniment soufferte. Ces communes demandèrent leur réunion au royaume; mais , en se détachant de l'eApire , elles stipulèrent des conditions et se réservèrent le maintien des privilèges dont elles jouissaient au temps où elles faisaient partie des pays de Bresse et de la Dombes. Les sires de Beaujeu et les comtes de Savoie perdaient leurs droits; on vit les panonceaux du roi de France placés sur les châteaux de Saint-Bernard et de Rochetaillée , malgré l'opposition de l'étranger. Celles des communes qui appartenaient au chapitre ou à l'archevêque suivirent la fortune de FEgUse ; l'autorité royale s'y installa de même qu'à Lyon , où elle avait mis fin à la domination temporelle des archevêques. Tiraillés et tourmentés par les officiers des sires de Beaujeu et des princes de la maison de Savoie , les habitants de l'agglomération qui prit le nom de Franc-Lyonnois respirèrent enfin sous l'autorité du roi de France; ils trouvèrent en lui un protecteur puissant, et ne perdirent aucune de leurs hbertés. Cette opinion, qui est celle de Joumel , me parait très vraisemblable. '

1. — Le Laboureur. Masures de l'Ile-Barbe , I, p. 162. — GutCBBNON. Histoire de Bresse. — De la TsYssONNiiRE. — De Miège. Mémoire sur l'origine du Franc-Lyonnois, appelé terre de l'Eglise [Mss, de VJcadémie de Lyon). — Cocuard, sur l'origine du Franc-Ljonnois ; Archifes , 1 , 20.

Recueil des titres et autres pièces authentiques concernant les prifiléges et franchises du

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