SECOURS PUBLICS A LYON. XV* SIÈCLE
La ville grandissait, et le chifl&re de la population devenait de plus en plus considérable. Beaucoup d'étrangers étaient amenés dans son enceinte par les grandes foires annuelles , et dans leur nombre il s'en trouvait toujours qui se laissaient atteindre par la maladie ou par la misère. Il n'y avait plus de proportion entre Taccroissementprogressif delà population et les ressources peu considérables dont les hôpitaux disposaient à cette époque; ces établissements, quoique fort anciens déjà, étaient peu riches et avaient peine à sesuflfire. On en comptait plusieurs, groupés en quelque sorte autour de l'Hôtel-Dieu. De malheureuses conjonctures firent sentir toute Finsuffisance des secours publics à la fin du quinzième siècle : une épidémie très meurtrière frappa les habitants de Lyon avec tant de force , qu'on ne savait où coucher les malades ; en peu de jours tous les hospices furent encombrés. Une de ces maisons était servie par les moines de la Chassaigne ; dégradées par le temps et mal construites , ses murailles menaçaient ruine : hors d'état de les relever , les religieux proposèrent au consulat la cession de leur établissement ; et cette ofire fut agréée. Il y eut un traité ; la ville acheta Fhospice pour une somme minime , et le pape Sixte IV ratifia l'acte de vente. Ce fut vers ce temps que Jean de la Roche fit l'abandon du petit hôpital qu'il avait fondé près de l'église Saint-George : tous ces refuges du pauvre passèrent dans les mêmes mains , et ne formèrent plus qu'une seule institution. Cette utile innovation s'accomplit dans l'année 1478; il n'y eut plus à Lyon qu'un hôpital principal, appelé dès-lors Grand Hôtel-Dieu de Notre-Dame-de-Pitié du pont du Rhône , gouvemé par les membres du consulat , qui prirent le titre de recteurs et administrateurs du Grand Hôtel-Dieu et de Saint-Laurent-des-Vignes. Il y eut une immense amélioration dans l'organisation des secours publics. Sous la direction des échevins, l'hôpital prit un accroissement qui le mit en harmonie avec les besoins croissants de la population lyonnaise. On y construisit des salles nouvelles ; les malades n'y étaient point aussi bien qu'ils y sont aujourd'hui : il ne faut pas demander au quinzième siècle l'intelligence et la pratique des
PraDC-L^oanois , extrait sur les originaux qui sont dans tes archives de Neufville ( depuis t59d jusqu'en 1716). Lyon, 1716, in-4».