‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 229 sur 262 · FOIHES DE LYON. XV® SIÈCLE. 5Û · texte numérisé non relu

FOIHES DE LYON. XV® SIÈCLE. 5Û

Charles en Italie , frappés de Fiiaportance du commerce des soieries, envoyèrent à Naples chercher quelques mûriers, et les plantèrent à Âlais en Provence , à une heue de Montélimart. Le premier de ces ar])res dont le sol français a nourri les racines , vivait encore en 4802.

J'étudierai ailleurs le développement de cette branche si féconde de la prospérité nationale , qui ne prit un certain.développement que sous Henri IV, et je n'en parle ici que pour prendre date. Au reste, l'industrie de la fabrication des étoffes de soie en France est antérieure au quinzième siècle ; il en est formellement ipiestiun dans les Registres des métiers et marchanflises, rédigés au treizième siècle, et connus sous le nom de Livre des métiers d'Etiemie Boileau ^.Mais, pendant <[ue le commerce lyonnais prenait une extension si grande au quinzième siècle, la civiUsation faisait un pas immense : Fust et Guttenberg découvraient Fimprinierie.

§ IV. L'introduction de l'imprimerie à Lyon exerça une vive influence sur la situation et sur l'avenir de cette viUe ; elle donna un élan rapide à l'intelligence, qu'elle servait d'une façon si merveilleuse. Cet art nouveau devint une ])ranche de commerce très florissante et un des éléments le plus productif de la prospérité de l'industrieuse cité ; ce ne fiit pas tout : presque tous les ouvriers qui le pratiquaient étaient étrangers, et se montrèrent , plus tard, disposés à adopter les idées de la réforme religieuse. Ainsi la typographie eut à Lyon une action conunerciale , politique et littéraire; c'est sous ce triple point de vue que je dois Tétudier.

Elle était découverte depuis près d'un quart de siècle, lorsqu'elle vint prendre une si grande place à Lyon. On connaît son origine :

fait soui scel royal , foy soil adioustee comme a lorigiiial ec quelles soient rcgislrcet ans papiers de taudiioire de vous esleus , affin que aucun oen puisse prétendre cause dignoraiice. Donne a Orléans le xxiiij de noucmbrc lan de grâce mil cccc lxvi et de nostre règne le sixiesme. Par le roy , teuesque dEurcux , les sires de la Foresl cl de Blois et autres presens. J. de la Loire. »

1. — « Titre XXXVIU : Ds» ouvrières de titsuz de soye» Titre XL : c'est Tordenance du mostier des ouvriers de draps de soye de Paris et de FéUiyane , et de bow série en Iqc , qtti qffièreni audit mestier, en li fourme qui s'ensuit. » (Dsppiifc (G.-B.). Le Livre des métiers d'Etienne Boileau. Paris, 1837, 88 et 91.

Timpression des images et des lettres gravées sur bois en donna ridée-mère; une petite image de saint Christophe, la plus ancienne des gravures authentiques, en contenait le germe ^ La fabrication des monnaies, connue depuis les temps les plus reculés , fournit le poinçon et la matrice; on faisait usage des moules depuis longtemps , ils furent employés pour la fonte des caractères ; c'est, enfin , du pressoir domestique que vint l'idée de la presse d'imprimerie. Ainsi toutes les données de la typographie existaient dans des arts décrits et pratiqués , mais il s'agissait de les en extraire et de les appliquer à l'impression en types mobiles.

C'est ce que fit Jean Gensfleich de Sulgeloch , plus connu sous le nom moins barbare de Guttenberg. Né à Mayence au commencement du quinzième siècle , cet homme de génie avait été conduit à Strasbourg par les troubles civils de son pays. Il forma en i 436 , avec André Drysehn, pour l'exploitation de ses projets en imprimerie , une association qui ne prospéra pas. Guttenbei^ revint à Mayence et se lia avec Jean Fust , orfèvre ou libraire, on ne sait bien lequel. Pierre Schœffer de Gernsheim leur vint en aide et leur fournit l'idée capitale du poinçon , parfait dès son origine. Ij'imprimerie fut inventée , et en lù57 parut l'admirable Psautier, le plus ancien des livres avec date; beaucoup d'essais typographiques l'avaient précédé.

Cet art se répandit avec une grande rapidité. Un bourgeois de Lyon, Barthélemi Buyer, conçut la pensée de l'introduire dans cette ville; il appartenait à une famille ancienne, considérée et riche, qui avait fourni un syndic dès l'année 1 290. Buyer possédait une maison sur le quai de Saône, près des Augustins : il y installa un ouvrier imprimeur nommé Guillaume Leroy, qui avait sans doute appris son art en Allemagne. Vers le même temps, un Lyonnais, Etienne Coral, établissait à Parme une

i' — L'esfftmpe de saint Clirî.sloplie a élé gravée dans la première moitié du quinzième siècle, vers Tannée 1423. Il existe au Palais des Arts une image beaucoup plus ancienne , si elle est bien authentique, puisqu'elle porte la date de 1384; elle était collée derrière un t\i:9 pbits d'un vieux livre , lorsqu'on en fit la découverte : Adamoli l'acheta , et la légua mrec sa bibliothèque à TAcadémie. On a gravé cette estampe pour le Catalogne des bibliothèques du Palais des Arts {Lyon, 1817, grand iii-i**). Celle qui a été découverte dans l'année ISi*. en B»»lgiqup, est postérieure à l'année 1381.

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