‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 230 sur 262 · L^IMPRIMERIE A LTON. — XV® SIÈCLE · texte numérisé non relu

L^IMPRIMERIE A LTON. — XV® SIÈCLE

imprimerie qui a produit des éditions fort recherchées , entre autres un Catulle , un Stace et un Pline Tancien.

Barthélemi Buyer fournissait l'argent nécessaire à l'exploitation des presses lyonnaises ; Guillaume Leroy était le typographe : il ne vint pas seul sans doute, et il dut amener nécessairement d'autres ouvriers dans son atelier. Il y avait donc , en quelque sorte , une société de fait entre Leroy el Buyer; aussi leurs noms sont- ils réunis dans les éditions qu'ils publièrent pendant dix-sept ans. Buyer s'y présente comme un capitaliste qui donne des ordres et fournit l'argent, Leroy comme l'ouvrier imprimeur ^ Il arrive quelquefois que le nom du bailleur de fonds se trouve seul dans la suscription à la fin du volume; celui de l'imprimeur ne s'y montre pas. On ne rencontre plus le nom de Barthélemi Buyer au-delà de l'année 1489.

Quel a été le premier Ij^Te imprimé à Lyon ? Il y a eu, sur ce point, des opinions variées ^; mais des témoignages irrécusables, fournis en très grande partie par M. Gostanzo Gazzera ^, démontrent que l'imprimerie, établie dans cette ville en 1472, produisit l'année suivante le Compendinm du cardinal Lothaire, qui est bien évidemment le plus ancien des ouvrages sortis des presses lyonnaises établies dans la maison de Barthélemi Buyer ^.

1 . — Voici cette suscriplioD : Lugdvniper magistrum GuiUermum regU kujtta artis impres-^ Morte experiam : honoralifis viri Barlholomei Buyerii dicte civitatis civis Jnssn et sumptibus impressiis, Aiiiii , il n'y a pas de méprise possible : Barthélemi Buyer o'était point iroprimeor» c'était un honorable homme , un riche bourgeois qui devint échevin en 1483. H n'y avait pn» égalité entre Bayer et Leroy : celui-ci o'était qu'un ouvrier salarié.

S. — Selon Gabriel Naudé , c'est le livre de Mathaeus Sylvaticus , imprimé en 1478 i c'est le Speciibtm vitœ httmanœ, de 1477, selon Gros de Boze. L'abbé Mercier de Saint-Léger et Panser voulaient que ce fût la Légende dorée de Jacques de Voragioe , publiée en 1476. Prosper Marchant indiqua le livre de Baudoyn , comte de Flandre , qui porte la date de 1 474. Il n'y a plus aujourd'hui d'incertitude à cet égard : le plus ancien des livres lyonnais est le Compendium de 1475.

3. — Gazzerv {Costanzo). Osservazioni bibliografiche. Torino , 1823 , in-S'^.

Cet ouvrage du savant bibliographe piémonlais a fourni des documents précieux à l'histoire de l'imprimerie à Lyon au quinzième siècle ; M. Breghot en a donné une analyse très exacte dans ses Lettres lyonnaises. Lyon, 1827, in-8^.

4. — Reverendissimi Lotharii diaconi cardinalis... Compendium brève féliciter incipii, quinque continens libres... Lugdimi(p.., wagittintm GttHlermttm régis,,, jussit et êumptibns Barlh. Buyerii), M. CCCC. LXXIII quiulo decimo Kal. octobris, in-4" goih. , 84 feuill. à 24 lignes , sans signatures , chiffres ni réclames.

552 XV® SIÈCLE. MARCHE DE LA aVIUSATION.

Ces questions de date ne sont nullement oiseuses ; elles ont beaucoup d'intérêt , même pour d'autres que des érudits.

Ce qui a rendu souvent leur solution difficile, c'est l'absence dans les vieux livres, non-seulement de la date, mais encore des noms de l'imprimeur et de l'éditeur. Cependant la sagacité des Panzer, des Gazzera, des Dibdin, des Mercier de Saint-Léger, des Brunet et des Péricaud, a triomphé de ces obstacles insurmontar blés en apparence : ils ont cherché des inductions dans la comparaison des caractères typographiques d'éditions sans date et sans nom d'imprimeur, avec ceux qui avaient servi à l'exécution de livres signés et datés. Quand cette ressource leur a manqué, ils ont examiné attentivement la marque qui se trouvait dans la pâte du papier. Il y avait à Lyon , au quinzième siècle, des papeteries qui avaient adopté pour signe distinctif de leurs produits une roue dentée : tout livre dans lequel on le trouverait serait donc d'impression lyonnaise , et tel est en eflFet le caractère général des nombreuses éditions qui sont sorties des presses de Guillaume Leroy et de la plupart de ses collègues. C'est à la roue dentée que M. Gazzera a reconnu l'origine du Liber.., Fracisci Peirarche de viia solUaria, ouvrage dont les caractères présentaient, au reste, une très grande ressemblance avec ceux du livre de Prudentius, De Conflictu virtutum, qui a été imprimé à Lyon. Depuis que le savant piémontais a donné cette clef aux bibliographes , l'histoire de la typographie à Lyon, au quinzième siècle^ a été beaucoup moins difficile à écrire. *

Etabli à Lyon vers l/i72, Guillaume Leroy eut bientôt des rivaux nombreux : plus de cinquante imprimeurs vinrent lui Êdre concurrence dans le court espace de vingt-huit années. Plusieurs acquirent beaucoup de célébrité par la beauté des éditions sorties de leurs presses ; Perrin Lathom> Nicolas, Philippe de Bensheim, Pierre Maréchal, Mathieu Husz et Marc Reinhart imprimèrent des livres qui sont fort recherchés aujourd'hui. La

1 . — Mercier dn Saint-Léger , qui ne connaissait pas le parti qu'on ponvait tirer de la roue dentée , a cependant recueilli une très graude quantité de cartes pour servira Tbisioire de l'origine et des progrès de Tart typographique à Lyon ; ce travail a été repris et complété par M. A. Péricaud dans l'ouvrage suivant, qui est une savante monographie :

Bibliographie lyonnaise. Lyon^ 1840; Supplément, i84t.

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