‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 231 sur 262 · LIMPBIMERIB A LYON. — XV* SIÈCLE · texte numérisé non relu

LIMPBIMERIB A LYON. — XV* SIÈCLE

plupart de ces ouvriers étaient allemands, quelques-uns vinrent plus tard de Venise, très peu étaient lyonnais. Dix années après son installation dans la maison de Buyer, la typographie comptait deux fois plus d'imprimeurs à Lyon qu'il n'y en a maintenant , trois cent soixante et quatorze ans après l'arrivée , dans cette ville , de Guillaume Leroy. Le commerce des livres était bien autrement considérable alors sur le marché lyonnais qu'il ne l'est aujourd'hui. Et pourquoi? Y avait-il donc plus d'amour pour les lettres au quinzième siècle? non, sans doute : l'instruction est infiniment plus générale au dix-neuvième siècle , et la lecture consomme vingt fois plus de livres. Mais , au quinzième siècle , l'imprimerie lyonnaise alimentait une partie de l'Europe ; Lyon , ville franche , dut à ses foires le très grand débit des éditions sorties de ses presses. Les marchands étrangers achetaient et envoyaient beaucoup chez eux ; aucune ville , Venise exceptée , ne mettait en circulation une aussi forte quantité de livres : Lyon était alors ce qu'est aujourd'hui Leipsick au temps, de sa foire célèbre. On comprend dès-lors toute l'importance de ce conmierce ; il occupait plusieurs centaines d'ouvriers compositeurs, correcteurs, pressiers, fondeurs en caractères, etc. Les papeteries travaillaient avec activité et produisaient, en quantité énorme, ce papier d'une pâte si égale et si résistante qui porte une roue dentée , tantôt seule , tantôt accompagnée d'une autre figure. On connaît environ quatre cents éditions d'ouvrages , soit français , soit latins , qui sont sortis des presses lyonnaises pen dant les vingt-huit dernières années du quinzième siècle. '

t. — Voici l'indication de quelques-unes des plus rares :

Livres imprimét par Goiuaohb Lbkoi ( ches BAKTaiLkHi Birr*» ). R. Lotharii Compendinm , 1478 , in-4®. — La Légende dorée de la vie des Saints, 1476, in-fol. — Le Miroer de la vie hinnaine, 1477, in-foK— Légende des Saints nonveanlx, 1477, in-fol. — Le Mlrouer de la redempelon de lumain lignage , 1478, In-fol. — Le Llore de Baudoyn , 1478, in-ful. — Le Très plaisant liure nomma MandevIUe, 1481 , in-fol.— Le Liiire(ej finis!) des Eneïdes, eomptlle par VIrgille, 1485. — Fierabras ( ej finbi... ) , 1487* — Pierre de Provenee.

— Roman de la Rose, petit in-fol. goih. (par Martin Franc). — Le Champion des dames, in-fol. de 150 f. Par Matiibo Hess. Le Propriétaire desehoses, 1489, in-fol. — La Vie des Saints, dicte Légende dorée,

1483, in-fol. — Le Pèlerin de rie haroaine , 1485 , in-4''. — Jae. Voragine, Légende aarea , 1486, in-fol.

— Le Petit fardelet des faits , 1408, In-fol. — Le Pèlerinage de la vie humaine , 1499, in-fol. Par llATaiBo Hots et Sissa. Liber PandeeUniro medieine , 1485.

Par J*c«0B8 Mailiit. Le Songe dn Vergier, 1493, in-fol. — Recueil des histoires trojennes, 1494, in-fol.—

Publii Ovidii Nasonis MeUmorphoseos , 1498 , in-4®. Par Jb&r H&aBsca&t. Le Liure des eonnoilles, faictes à l'honneur et exhaulsement des dames, 1493, in-4®. Par PiBaai HASisciAt et BAaM&si Cmaussabd. — Le Grand blason des faulses amours, 1497, in-4^. — La

Dame des aveugles (sans date). — Doetrinal des filles. —Doctrinal des nouveauU mariés. — Doeirinal du

Dans les premières années da seizième siècle , et plus tôt peutêtre, les imprimeurs de Ljon reproduisirent, en très grande quantité, ces charmantes éditions en petit format qu^Alde avait imaginées à Venise. Ils ne s'attachèrent pas à mieux faire ni même à faire si bien, du moins quant à la correction des textes, mais ils se servirent aussi de très bon papier, et réussirent à imiter ces caractères italiques , semblables à ceux de Fécriture, que le célèbre typographe vénitien avait mis à la mode. Blessé dans ses intérêts. Aide se plaignit avec amertume des ouvriers lyonnais. Quels imprimeurs exécutaient ces contrefaçons ? étaient -ils lyonnais ou vénitiens ? on Fignore. Quelques-uns sont connus : on a nommé Jacques Myt, Jacques Maréchal , Guillaume Huyon et Barthélemi Troth. Pour qui travaillaientils ? était-ce pour le marché lyonnais? non, sans doute. Plnkerton a découvert que les éditions en petit format, dont quelques-unes sont fort remarquables ^ étaient exécutées pour le compte de la

lemps présent. — Par Pierre HAïucaii teal. Le Liare (s'ensuit) appelé les Quatre ebotes, in-4*. —

Liber D. Franeisei Petrarehe... De Viu solitaria, in -4®. — Prudentius, de Conflietn virtutun (sans date),

ln-4».

Par Piaaii LAtaoN. Biblia, 1479, in-fol. gotli. Par Nicolas Paitirrs, os Bbsshbih et Mâkc RtiiHAar. BartliolomBl Angliei de ProprieUtibus rerum. ~ BiUia

saera,148S.

Par JsAi DO Pai. Boetius , de Consolatione, 1487. — P. Terenlii Afri eomoedia VI , 1487, {n-4®. — Auelores

eiim glossa oeto libros subseriptos...» 1488. Par Jsa&i Taniasai. Traeutus de Imiutione Christi, 1480, in-4*. — De Passions Cbristi, 1489, ia-4*.—

Spéculum flnalis retribuUonis , 1489. .— Orationes Pbllippi Beroaldl, 149S, in4®.

Josse Bade était correcteur chez Trechset , dont il épousa la fille ; il professa pendant quelque temps les humaDÎtés à Ljon. Il n'^Stait pas lyonnais, et n'exerça pat la profettioo d'imprimeur.

Par FsASçois Psadis et JaAi PiTiao. Biblia eum sommariis , 1498. Par JiCQess Zacboi. Virgilius eum eommentariis , 1499, in-fol.

Je roHToie , pour une nomenclature plus complète , à l'ouvrage cité de M. Péricaud.

1. — La bibliothèque de l'Académie, h Ljon, possède un fort bel exemplaire d'une des plus recherchées de ces éditions , dont voici le litre:

Vergilins, eum Mapphei Veggii lib. XIII..., ejusdem Vergilii opuscula: caractères italiques, 309 feuillets non chiffrés , 24 vers à la page. Le volume commence par une épitre de nénédicl , philologue de Florence , à Léonard Datlio , chanoine florentin ; il finit par les Epitaphia, L'exemplaire est réglé , bien relié en rélin , et doré sur tranche : toutes les lettres majuscules sont peintes en or et couleurs.

Delandine donne k cette édition la date de 1490 , mais je ne sais d'après qitelle autorité ; il n'y a nulle part, dans le volume , d'indication à cet égard : je la crois des premières années du si-izième siècle , el postérieure au célèbre Virgile, en petit format , publié par Aide en 1501.

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maison célèbre des Giunti , imprimeurs à Venise, qui n'auraient pas dd faire à leur rival, plus célèbre encore, une concurrence si déloyale.

On retrouvera l'imprimerie lyonnaise sous l'un des règnes suivants; elle aura atteint alors son apogée, et sera représentée par des typographes du plus haut mérite. Nous verrons , de François P"" à Charles IX , les imprimeurs, presque tous protestants, apporter leur appui à la réforme : moyen puissant de propagation pour l'erreur comme pour la vérité, l'imprimerie a eu une très grande influence sur les guerres de religion dont j'aurai bientôt à esquisser l'histoire.

§ V. Les travaux publics eurent, à Lyon, peti d'activité au quinzième siècle : on continua ceux des fortifications, surtout en 1476, au temps de la prospérité de Charles, duc de Bour" gogne, et lorsque les projets ambitieux de ce dangereux voisin excitaient en France de vives alarmes. Ce fut encore aux frais des citoyens qu'on les exécuta; le clergé eut à supporter, seulement, pendant deux années le sixième de la dépense. L'abbé Jean- Baptiste Greppo pensait que le mur d'enceinte de la ville , dépuis le château de Pierre-Scise jusqu'à la porte de Saint-George, avait été élevé à cette époque : c'était le côté de la ville le plus faible. On fit, au reste, avec peu de soin cette construction importante; elle consista dans un mur sans épaulements, sans fossé extérieur , sans bastions, et seulement garni de tours de distance en distance. Ces travaux furent bientôt interrompus.

L'art chrétien n'eut point à Lyon, pendant le quinzième siècle, de grandes occasions pour se produire ; il n'éleva pas des monuments bien considérables , et cependant , à cette époque , l'architecture et la sculpture ne se montrèrent point stériles. On était arrivé à une époque de transition, et des modifications profondes s'étaient introduites dans l'architecture ogivale ; elle était parvenue à sa troisième période , c'est-à-dire à la décadence. Parées de festons , de feuillages et de dentelles en pierre , les églises ne sont plus dès-lors des symboles; elles ont perdu leur caractère religieux : on les surcharge d'ornements superflus. L'ogive, si grandiose quand elle s'élançait vers la ligne verticale, s'affaisse sous les lourds frontons dont on l'accable : cette ten-

dance de l'époque se reconnaît dans quelques-uns de nos monuments du quinzième siècle.

Deux églises nouvelles fiirent bâties à Lyon pendant le quinzième siècle , celle des Gélestins et celle des Gordeliers de rObservance; sans avoir une très grande importance comme œuvres d'art , elles réclament cependant l'attention. La première a été érigée aux firais d'Amédée VIII, preif lier duc de Savoie, qui la donna aux religieux Gélestins ; on construisit la seconde sur l'emplacement de l'ancien hôpital des Deux-Âinants , qui appartenait au noble chapitre de Saint-Jean ' , et qui était situé près de la porte de Vaise *. Mis en possession de ce terrain, les religieux de l'Observance commencèrent à déblayer le terrain en 1492. Gharles VIII, accompagné de sa femme la reine Anne de Bretagne , posa la première pierre de l'édifice , le 25 mars 1493, au temps de son second voyage h Lyon. Ronsard a très bien fixé la date de cette cérémonie :

Es faubourgs , pour les frcrcs Mineurs Il fonda un coiivenl ; [luis avec grands seigneurs , Princes , comtes , barons el bande qui frclille , S'en alla conquérir Naples cl la Sicile.

Un écrivain contemporain, le loyal Serviteur, a raconté, dans son langage rempli de charme, une visite du roi et du duc de Savoie au nouveau monastère : « Le jeudy matin se leva le duc de « Savoye , et après soy estre mis en onlre , voulut aller trouver « le roy ; mais ainçois (avant) son partemcnt, arrivèrent à son « logis lesditz seigneurs de Ligny et d'Avesnes , avecques le « maréchal de Gié qui pour lors avoit gros crédit en France, « ausquels il donna le bon jour. Et après marchèrent jusqu'au « logis du roy, qpii estoit desjà prest pour aller h la messe en ung «< couvent de GordeUers qu'il avoit fait construire à la requeste <t d'un dévot religieux appelé Jean Bourgeois, au bout d'un « faulbourg de Lyon appelé Veize, et y avoit ledit seigneur « beaucoup donné du sien ; aussi avoit &it sa bonne et loyale

I Almanach de 1755. Selon d'autres autorilés , l'emplaoemeDl appartenait tu chapitre

de Saiiit-Paul ; la oesaioo eut lieu moyennant une petite rente annuelle.

%, —Cryptes , églises el chapelles de Lyon. Almanach |H>ur 1755, p. 4S.

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