ART CHRÉTIEN A LTON. XV*^ SIÈCLE
« espouse , Anne , duchesse de Bretaigne. Si trouva le duc de « Savoye, le roy, ainsi qu'il vouloit sortir de sa chambre, auquel « il fîst la révérence telle et si haulte que à si grant et noble « prince appartenoit ; mais le bon roy, qui filz estoit d'humilité,
« le print et l'embrassa Si montèrent sur leurs muUes et
c< allèrent ensemble, devisans le long: de la ville, jusques audit « couvent des Cordeliers, où ils ouyrent dévotement la messe. « Et quand vint l'ofirande , fiit baillé par le duc de Savoye , au « roy, Fescupour olfirir à Nostre-Seigneur, ainsi que chascun « jour ont accoustumé faire les roys de France, comme au « prince à qui on vouloit faire plus d'honneur. » '
« Le roy et la royne, envoyant grande multitude de seigneurs « et de peuple illec assemblés, affigèrent, mirent et apposèrent de « leurs propres mains la première pierre en signe de tiltre en la « fondation de l'église dudit couvent, en laquelle pierre sont « figurées et levées leurs armes, et c'est escrit au-dessus d'icelles <i armes : iesvs, haria karoï^vs viii, fvndator hvivs ECCLEsiiE
« DOHINiE NOSTRiE DE ANGELIS, ET ANNA REGINA, 1 ^l95. » JcaU Rely,
confesseur du roi et évêque d'Angers , bénit la pierre. Le F. Bourgeois fut mis en possession ; il avait avec lui dix-neuf religieux *. Anne de Bretagne, qui habita quelque temps Lyon, au cloître de Saint-Just, pendant l'expédition de Charles en Italie , visita souvent les constructions du monastère des Cordeliers de rO])servance , et en suivit les progrès avec un vif intérêt ^. L'architecture de ce monument, sans avoir rien de remarquable, n'était cependant pas dépourvue d'élégance et de mérite. Rien n'était plus gracieux que ce couvent , si pittoresquement placé sur la rive droite de la Saône , au-dessous des masses granitiques de Pierre-Scise et d'un coteau paré d'une belle végétation ; la chapelle surtout attirait les regards. Ce monastère ne fut entièrement terminé que dans la première moitié du seizième siècle.