‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 237 sur 262 · LOUIS XII A LYON. XVI® SIÈCLE · texte numérisé non relu

LOUIS XII A LYON. XVI® SIÈCLE

et sa première pensée fut de conquérir le duché de Milan '. Il entreprit cette expédition avec une armée brillante et dévouée; mais son génie n'était pas à la hauteur de celui de Jules II ou de Ferdinand-le-Catholique , et aucun de ses généraux n'eut Thabileté de Gonzalve. A la victoire inutile de Cérisoles , succédèrent la sanglante journée de Ravenne et la défaite de Guinegate : la France s'épuisait pour conserver une conquête qui lui échappait toujours.

Tel fut sommairement ce règne , que distingua , malgré de grands revers , l'union iatinle du roi et du peuple. Lyon, en particulier, montra beaucoup d'attachement à Louis XII, qui visita plusieurs fois cette ville.

Il venait de s'y rendre pour la première fois , lorsqu'on y vit arriver un nommé Jean , italien de naissance et charlatan de profession , dont les Lyonnais et la cour de Louis s'occupèrent beaucoup. Cet homme prétendait posséder des sciences merveilleuses et le secret de la transmutation des métaux. Grave , mystérieux , vêtu d'une robe blanche , il exerçait une véritable fascination , et n'exploitait nullement , dans des vues d'intérêt personnel , la vive curiosité qu'il excitait. L'or que le roi lui avait donné , il le distribua aux pauvres. Jean fît à Louis le

1. — Au commencement de ce siècle , l'an 1500 , Tusurpaleur du duché de RIilan , Louis Sforza f fut conduit à Ljon. « Il avoit une robe de camelot noir , à la mode de Lombardie , « et estoit monte sur ung petit mulet. Le prevost de l'hostel et le sénéchal de Lyon Uiy furent «* au devant et le Brent prisonnier de par le roj , puis on le mist au chasteau de Pierre- « Size ; et pour veoir le dict Ludovic y avoit graot nombre de gens par les rues par ou il « pa«sa, et estoit le roy k Lyon. » (Uer de» HijBtoires), On le conduisit peu de temps après il Loches ; son frère le cardinal Ascagne le remplaça à Pierre-Scise.

On trouve dans la même Chronique quelques petits faits relatifs à l'histoire de Lyou et qui se rapportent k cette époque : « Au dict an , le jour de saincte Aune , XXVI. jour de juillet , « trépassa & Lyon le roi d'Ivelot, et fut e.iterreà Saincte-Croix près Sainct-Jehan de Lyon ; au «* dict an , le XXVHL jour de juillet , par utig dymenche matin , tomba â Lyon la pénultième « arche du pont de Rosne vers Bechevilain, et demoura l'autre muraille et l'arche entière , et •« n'y pouToit-on passer fors que en dangier et par dessus la muraille. Et cestuy an devant « Noël , la rivière de Sonc fut gclee jusques à Mascoii , dont à cause qu'il ne venoit à Lyon « bled , iiy autre chose , le pain y fust chier. Et le jour de saint Thomas après , le Rosne m creut si fort jusques environ le diner que c'esloit merveilles , et ne le vit-on jamais en « demi-jour croistre si fort. El cestuy an , le jour de Nostrc-Dame de septembre au soir , « le feu se mist aux Celestins de Lyon ou il y eut grant dommaige, car tout le couvent cuyda « briisler ; mais en brief temps fut mieulx ediffie que jamais , et se print le feu en la chemi- « née de la cuisine. »

présent d'une épée singulière , au milieu de laquelle on voyait un miroir magique. En conférence avec les plus savants hommes qui se trouvaient à Lyon , il les étonna par ses réponses : ITiistoire ne dit rien de plus sur cet étrange personnage.

Elle a conservé le récit de la brillante réception que fit Lyon , au mois de mars 1502, à Farchiduc d'Autriche , Philippe, fils de l'empereur Maximilien et père de Charles-Quint : ce prince venait traiter de la paix compromise par les projets du roi de France sur l'Italie. Il rencontra le cardinal d'Amboise auprès de la ville , et fit son entrée accompagné du duc de Galabre et d'un brillant cortège de seigneurs. Une jeune fille bien accoutrée, dit une relation contemporaine, l'attendait à la porte du Rhône, sur un échafaud couvert d'étoffes de soie et de belles tapisseries ; elle lui présenta les clefs de la ville, après lui avoir prononcé une harangue. Auprès d'elle se trouvaient deux personnages symboUques qui représentaient, Pun Bien pubhc, et l'autre Désir ardent de paix. De tous côtés se pressait sur le passage du prince une multitude curieuse : « Les fenestres estoient perlifiées de « belles dames , et les rues tendues de soie et de riches tapis- « séries. » Au pont de la Saône, même cérémonie et même allégorie qu*au pont du Rhône; ici la belle damoiselle était la France placée entre Peuple et Bon Accord. D'autres échafauds symboliques se montrèrent encore aux regards du prince ; les personnages qui étaient placés sur celui de Saint-Jean représentaient notre Mère Eglise entre deux prophètes. Philippe, bien harangué, arriva enfin au palais archiépiscopal ; bientôt après il rendit visite à sa sœur Marguerite d'Autriche , et alla loger avec une partie de sa suite à l'abbaye d'Ainay : le roi et la reine vinrent l'y voir. Un incident fâcheux entrava les négociations pour la paix : Philippe tomba gravement malade , il Êdllit mourir. C'est à Ainay que se fit le mariage de Henri de Nassau et de Françoise de Savoie , en présence du roi et de l'archiduc ; il y eut de belles fêtes données aux princes. Louis fit un gracieux accueil à l'archiduc , et persévéra toutefois dans ses desseins sur le Milanais.

Deux années après cette inutile entrevue, la ville de Lyon vit succéder à la brillante réception qu'elle avait faite à son roi , un spectacle d'une autre nature : l'année 1 504 le lui donna. Une

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