I. — Branlôme racoote ainsi celle fêle
« La iroisieme belle chose aussy fut ceste belle nauinacbie , ou combat des galleres tout à l'antique , et pour la façon encore et enricbisscroont desdictes galleres, de leurs poopeseï proues , tant pour Tnrt de Tache qu'on appelle la charpente en levant » que pour la meouiserie , représeiilécs si bien à ranlique , ainsi qu'on voit aux anciennes antiquités romaines , que la veue ne s'm pouvoit assez contenter. Entre lesquelles dictes galleres il y en avoit deux grandes capitainesses , l'une de blanc et noir et rouge, ainsi que sont toutes les galleres... , et l'autre verle ; et un bucenlaure , où le roy entra pour en Toir le passe-temps des deux .galleres capitainesses ; et leurs fusles , esquifs, fregalles et barques estoieut de mesmes couleurs, selon qu'elles accompaignoient leurs galleres. Il ne faut demander si les flambans estandarts et banderolles manquoient en beauté et superbeté; car tout estoit de damas et taffelns , figuré selon leurs couleurs , les chiormes vestus de même , plus à l'antique à longues robes, qu'à la moderne ; les soldats aux arbaieslrieres , poupes, rambadcs, proues et coursics, tant bien eu poinct et tant bien armés d'armes si claires et reluysantes , que c'estoit très belle chose à voir , fussent de corselets , de morions , do rondelles , paYoys , targues , cymelerres, rançons , perlusannos , hallebardes , et autres armes d'ast.
« La capitainesse noire, avec ses fusles et barques, parut la première; la verte après, accompaignée de nicsme renfort. Le roy entra dans son bucenlaure , appareillé pour luy , la reyne , les dames et princes à Toir le passe-temps ; et s'eslant arresté et jette l'ancre, le signe du combat faict par trois volées de canon , la capitainesse verle, au milieu de deux autres galleres moyennes , tourne proue , suivie sur la queue des fusles , fregatles et barques tout en forme de croissant ; et soudain , à toute force do rames et vogue rancade , vint i investir l'autre capitainesse blanche , noire et rouge , grandes contre grandes , moyeanes contre moyennes , petites contre petites : Ih où s'accommança un grand combat et si furieux, qu'on eust dict que ce fust esté à bon escient , avec un grand esbahyssement du moude que l'arregardoit.
« Après ce premier, les plus foibles se descramponnerent, et reprennent la volte jusquesau second assaut; et avec force canonnades , arquebusades et coups d'armes d'ast , les moyennes des deux parts furent assaillir les grandes par poupe et par proue , lesquelles n'y gaignoient rien sinon à perdre temps , et se retirèrent tant d'une part que d'autre.
*> Au Iroisieme abord et combat , les petites viodrent de front pour s'investir et s'affcrrer l'une l'autre , et leurs capitainesses pour les secourir ; et h ceste rencontre commencèrent à ^niretirer toutes sortes d'artifices à feu , grenades, pots , lances h feu, brusians et courans h travers l'eau sans s'esteindre ; les canonnades , arquebusades et fusées no manquoient i quantité de toutes paris. Enfin , deux des noires mirent à fond l'une des vertes , et puis avec un grand cry de victoire ! le tout se relira , au grand contentement do roy et de la reyne , bien que les galleres vertes portassent ses couleurs... »» ( BRANTêns , OEtofres , édil. de 1838, 1,300.)