‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 246 sur 262 · HENRI II A LYON. — XVI* SIÈCLE · texte numérisé non relu

HENRI II A LYON. — XVI* SIÈCLE

Henri II et Catherine furent charmés de Taccueil des Lyonnais; ils restèrent plusieurs jours au milieu d'eux.

Mais ces fêtes et ces entrées coûtèrent beaucoup à la ville, et, quelque satisfaction qu'eût le roi, il ne se désista pas d'une seule de ses prétentions. Ses officiers adressaient toujours de nouvelles demandes au consulat : c'était tantôt celle d'un emprunt, tantôt celle d'un don gratuit, et toujours celle d'une somme considérable pour la solde des gens de guerre. Lyon , pendant les premières années du règne de Henri , était endetté de plus de deux cent mille livres , et ne savait comment pourvoir à ses dépenses : fatigués par les exigences incessantes du fisc, les conseillers réclamaient des délais et surtout des réductions qu'ils n'obtenaient pas toujours; ils ne savaient où prendre de l'argent, et se voyaient à bout d'expédients.

Cependant l'urgence de prendre un parti était évidente : le consulat sollicita auprès du roi , pour éteindre la dette de la cité , l'autorisation d'établir un impôt de six deniers par livre sur les marchandises de toute nature qui entreraient dans la ville (les aliments exceptés). Cette demande souleva une vive opposition de la part des négociants étrangers qui habitaient Lyon , et ne reçut d'abord qu'un froid accueil à la cour. Mais Henri avait grand besoin d'argent, et lui-même traitait d'un emprunt avec la ville ; on transigea. Des banquiers et des marchands réunis firent au consulat , au prix d'un intérêt considérable , l'avance des sommes que désirait le gouvernement du roi , et Henri permit aux conseillers d'imposer le subside de six deniers par livre pour huit années seulement , et sous la clause expresse que, ce terme expiré, l'impôt serait supprimé pour toujours. Il fut encore stipulé que le roi , sous aucun prétexte , ne réclamerait une part quelconque dans le produit de cette taxe.

Toutes les difficultés n'étaient point levées, et, l'impôt accordé, il s'agissait d'établir un bon système de perception pour les sommes qu'il devait produire : il y eut, à cet effet, une assemblée des conseillers et des notables. Après une longue délibération , on décida que des commissaires seraient chargés de déterminer la valeur des loyers , tandis que les marchandises seraient conduites dans une douane pour y être pesées et taxées. Le gouvernement royal aurait voulu une contribution directe imposée à

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chacun des habitants de Lyon ; mais le consulat préférait asseoir le subside sur les marchandises. Au seizième siècle, tous les citoyens n'étaient pas égaux devant Timpôt; il y avait de nombreux privilégiés qui se disaient exempts de toute participation aux charges publiques. Au reste, ce subside de six deniers par livrç fut très impopulaire dès son origine ; il éloignait les étrangers du marché de Lyon, et fatiguait beaucoup le commerce. Cest ce que le gouvernement de Henri II avait pressenti.

L'histoire de Lyon a peu de faits de quelque importance à raconter sous le règne de ce prince : une bulle du pape Paul III sécularisa en 15'i9 la célèbre abbaye de File-Barbe, et fut confirmée deux années plus tard par une autre bulle du même pape. Ce fiit vers ce temps qu'un édit royal institua les intendants des provinces : ces hauts fonctionnaires eurent pour attributions principales , indépendamment de la police , les affaires judiciaires et financières dé chaque générahté. Trois provinces, le Lyonnais, le Forez et le Beaujolais, appartenaient à l'intendance de Lyon ; cette institution se maintint pendant plus de trois siècles. L'année suivante un tribunal supérieur, nommé le Présidial , fut installé dans la ville par un conseiller au parlement de Paris; il jugeait en dernier ressort tous les appels. Jacques d'Albon, maréchal de Saint- André, était depuis 1550 gouverneur de Lyon : il fit en cette qualité une entrée solennelle , honneur qui n'avait été encore accordé qu'aux tètes couronnées. Ce fut sans doute aussi pour imiter les princes qu'il demanda un don gratuit ; on lui promit dix mille livres. Un nouvel archevêque, le cardinal de Tournon, exigea bientôt après, comme un droit, la faveur que le gouverneur avait obtenue; il fit aussi une entrée solennelle, mais peu s'en fallut qu^une querelle de préséance ne le retint aux portes de la ville : le consulat réclamait les honneurs du pas et voulait marcher immédiatement après Tarchevèque , prétention que repoussaient le clergé et le cardinal. Après quelques jours de débat les conseillers cédèrent , mais en stipulant la réserve de leurs droits. Us avaient , dans le chef de l'Eglise de Lyon , un adversaire d'un caractère hautain et intraitable : à peine installé sur son siège , le cardinal réclama des droits seigneuriaux et la possession de propriétés qui appartenaient à la ville , entre autres celle

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