HENRI 11 A LYON. — X.VI* SIÈCLE
des fossés de la Lanterne. U contestait au consulat le droit de nommer , de sa propre autorité , des régents au collège de la Trinité.
Pendant que l'archevêque et les conseillers se faisaient cette petite guerre , Charles-Quint en commençait une autre qui devait être infiniment plus sérieuse. Cent mille impériaux envahirent la France , que défendait avec bonheur le grand duc de Guise; maïs un général ennemi non moins habile, Philibert de Savoie , gagna , à la tète des armées espagnole et anglaise , la mémorable bataille de Saint-Quentin : ce fiit en 1 559. Le maréchal de Saint- André, gouverneur de Lyon, se battit avec intrépidité, mais sa belle résistance ne le préserva point d'une dure captivité. Cette malheureuse journée eut de fatales conséquences ; elle mit quelque temps la France en péril. Peu éloigné des armées impériales , Lyon éprouvait de vives alarmes ; on y apprit bientôt que des partis ennemis faisaient des incursions jusqu'à Montluel , et que Bourg était menacé. Dans cette grave conjoncture, il n'y avait point de temps à perdre pour organiser les préparatifs de défense : on manquait de soldats; plusieurs marchands étrangers, inquiets au sujet des dispositions que montraient les ouvriers, proposèrent de faire venir une garnison de douze cents Suisses. On fit aux fortifications les réparations qui pressaient le plus, et le consulat forma des approvisionnements en blé. De bonnes mesures de police maintinrent la tranquillité publique ; une grande surveiDance eut lieu aux portes de la ville ; il y eut, enfin, une revue générale des hommes en état de prendre les armes. Toutes ces précautions devinrent heureusement inutiles ; les impériaux se retirèrent, et l'Espagne fit la paix avec la France. A cette nouvelle proclamée publiquement, Lyon éprouva une joie égale aux craintes quil a\ait éprouvées : il y eut une procession solennelle pour remercier la Providence ; tous les ordres de citoyens y assistèrent , ainsi que les officiers royaux et le seigneur de Grignan , qui remplaçait le gouverneur. ^
1. — Cette procession et les fêtes qai la saWirent soDt racontées dans l'ouvrage suivant de Benoît du Troncy : « Discours du grand Triomphe fait en la Tille de Lyon pour la paix faite et accordée entre Henri second , roj de France très cbrestien , et Philippe , roy des Espaignes , et leurs alliés, et suytte de la description du grand triomphe. ••
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DéliTrée de ses inquiétudes, la viUe eut d'autres sujets d'alarmes ; elle était toujours visitée par des épidémies très meurtrières, bien qu'on ne puisse plus leur donner le nom de peste : celle qui se montra peu de temps après la proclamation de la paix, couvrit de deuil un grand nombre de £unilles. Déjà , quelques années auparavant , une fièvre dangereuse s'était établie dans les quartiers populeux : Michel de Nostre- Dame , médecin et astrologue , se trouvait à Lyon ; il servit les malades avec zèle, et mit à leur disposition des secrets qu'il prétendait posséder. '
L'épidémie s'arrêta, mais un mal d'un autre ordre se propagea avec rapidité : Lyon avait accueilli les doctrines de Luther et de Calvin; elles se répandirent beaucoup en moins d'un quart de siècle , et, jusqu'alors tranquille et heureuse de l'esprit de concorde qui régnait parmi ses habitants , la ville eut bientôt le triste spectacle de querelles de parti que suivit le fléau de la guerre civile : elle connut bien peu d'instants de repos pendant les règnes de François II , de Charles IX et de Henri III. Mais, avant de raconter ces discordes sanglantes , j'exposerai le tableau de la marche de la civihsation à Lyon depuis le commencement du siècle , brusquement arrêtée par les guerres de rehgion.
1. — La première édition des Prophélies de Noslradamus parut h Lyon. On Ut à la fin du volume : Le présent Hure a este acJfue le TFiour de mai M, DLV, Une autre édition plu* complète fut publiée, en 1568 , par BenoU Rigaud ; il y en a plusieurs autres.