‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 249 sur 262 · TRAVAUX PUBLICS, FORTIFICATIONS. XVI* SIÈCLE · texte numérisé non relu

TRAVAUX PUBLICS, FORTIFICATIONS. XVI* SIÈCLE

raille très forte : c'étaient, dans la direction de TOuest à l'Est, les forts Saint-Jean, de Notre-Dame, de la Grenouille, de Saint- André, de la Tourette , de la porte Saint-Sébastien, d'Orléans, de la Fontaine et de Saint-Clair. Quelques ouvrages avancés ajoutèrent à ces forces.

Restait encore un côté bien important de la ville à protéger : il n'y avait pour la défense du Rhône, à son entrée dans Lyon, que quelques pans de vieilles murailles dont la garde était fort difficile , ou plutôt impossible ; des bateaux ennemis pouvaient librement parcourir le fleuve , traverser le confluent et venir s'amarrer, après avoir remonté la Saône , au rivage d'Ainay. On construisit une muraille dans toute la longueur de cette ligne , en conservant l'ancienne autant qu'il y eut possibilité de le faire.

Ces travaux coûtèrent beaucoup , et rendirent peu de service. Lyon prit un si grand développement pendant le seizième et le dix-septième siècle, qu'il étoufiait dans l'enceinte, du temps de François F"^. La muraille fortifiée fut débordée sur plusieurs points; on la détruisit sur d'autres, par exemple, le long de la rive droite du Rhône , et les servitudes militaires ne furent respectées nulle part. Mais l'enceinte bastionnée de Saint-Sébastien demeura debout. ^

Ces moyens de défense , au seizième siècle , devinrent au reste l'occasion de la création de quartiers nouveaux et de longues rues étendues de la Croix-Rousse à la partie basse de la ville. Ainsi, pour arriver au point culminant du plateau, on déblaya le côté méridional de la colline ; quelques maisons s'alignèrent inégalement sur deux files, et la rude montée de la Grand'Côte commença à être bâtie. A TEst, du côté du Rhône, on ménagea en dehors du mur d'enceinte un chemin de ha] âge qui fut l'origine du quai Saint-Clair : de nouvelles voies de communication s'ouvrirent sur plusieurs points : le Chemin-Neuf, construit au temps des guerres de religion, rendit l'accès de Saint- Just plus facile ; il fiit l'ouvrage du farouche baron des Adrets. Lyon était devenu , en quelque sorte, une place de guerre dans la première moitié du seizième siècle ; on bâtit l'arsenal vers

1. — Voyez ^ouvrage cilé de Golnitz, le savant Mémoire de l'abbé J.-B. Greppo {Mss, de V académie et j^rchives itatist. du Rh^e)i LyoD ancien et moderne , II, 492.

1536. D'autres travaux publies améliorèrent beaucoup l'état de cette ville : ainsi Ton établit des quais et des ports sur Tune et l'autre rive de la Saône ; la rue Saint-Dominique mit en conmiunication la place des Jacobins avec Bellecour, devenue une place publique. On bâtit considérablement à Ainay et dans les environs de Saint-Nizier ; l'emplacement de la Trinité se couvrit de maisons, après que le collège communal y eut été construit II y avait au-devant du palais de Roanne un jardin qui en gênait les abords; ce terrain devint une place. Une boucherie et des triperies, fort mal situées dans le voisinage immédiat de Saint- Nizier, donnaient lieu souvent à des plaintes; elles répandaient une odeur fétide dans le quartier le plus peuplé de Lyon : on les supprima. Deux boucheries furent établies , après une assez longue lutte entre le consulat et des intérêts privés , l'une sur les bords du Rhône , près de l'Hôtel-Dieu , et l'autre sur la rive gauche de la Saône , non loin des Augustins. On ignorait encore à Lyon l'art de construire des maisons confortables, et il n'y avait toujours sur la voirie que des règlements fort incomplets; mais déjà la tendance vers des dispositions meilleures conumençait à se révéler. Le four à chaux de la porte de Vaise existait dans la première moitié du seizième siècle , et était déjà un voisin fort désagréable ' ; on demanda sa translation ailleurs , mais elle ne fut pas accprdée.

On distinguait les maisons par des enseignes ou par des noms de saints ; l'usage si commode des numéros n'était pas encore connu.

Si Lyon prenait une si grande extension au seizième siècle , c'est qu'il y avait dans cette ville un puissant élément de pros-

1. — Maurice ScèTc a parlé de ce four h chaux, pour la première fois , dans sa Délie, publiée en 1544:

Comme au faulxbourg les famanUs foraaise» Rendent obteura lea cireonToiains lieux , Le feu ardent de roea ai grandi meaaiaea Par mes soupirs obtenebre les cieulx.

En ce faulxbourg celle ardente fornaise N'esleve point si hault sa forte alaine , Que mes sousptrs respandent i leur aise Leur grand'fumée en l'air qui se pourmeinc

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