GAULOIS
prononça ces paroles, qui sont devenues Tarrèt des nations : a Malheur aux vaincus I » Intrépides dans les combats , amis du danger, et pleins.de mépris pour la mort, les Gaulois accouraient partout où il y avait de la gloire et du butin à gagner. Ils ne furent point intimidés par la présence d'Alexandre. « Je ne crains qu'une chose, dit l'un d'eux au conquérant, c'est C|ue le ciel ne tombe sur ma tête. » Tantôt vainqueurs, tantôt vaincus, ces soldats se sont mêlés à la plupart des grands événements de l'antiquité, et, partout où quelque chose de grand s'est passé, le nom de leur nation se présente. Ni les guerres continuelles , ni de longues disettes , ni d'incessantes émigrations , n'épuisaient cette population vivace. Non-seulement la Gaule suffisait aux expéditions lointaines que ses chefs avaient ordonnées, mais encore elle fournissait de soldats la plupart des princes. Ses peuples entretenaient des relations fréquentes avec la Grèce; ils tentèrent plusieurs fois d'en faire la conquête, mais ne réussirent pas à s'y maintenir. Une autre expédition plus heureuse leur assura la possession d'une province de l'Asie , qui devint la Galatie ; celle des Gaulois-Belges , dans la Grande-Bretagne , n'eut pas moins de bonheur : elle eut pour résultat la conquête d'une partie des côtes de l'Angleterre. Mais la fortune de la Gaule , longtemps aux prises avec celle de Rome , fléchit enfin et céda sans retour ; c'est en vain qu'une résistance opiniâtre prolongea cette grande lutte , il fallut succomber. Après avoir subjugué la Gaule cisalpine, les Romains franchirent les Alpes , et, bien avant César, portèrent avec succès la guerre dans le pays ennemi. Rome triompha , mais elle n'avait pas trouvé encore de plus digne adversaire.
De tous les anciens historiens des Gaulois nos pères , le plus important, c'est leur vainqueur, c'est Jules-César. Ses Commentaires sont le point de départ de nos annales; on y trouve un tableau animé et fidèle du caractère et des habitudes des nations gauloises, au temps de la conquête.
Ardents, impétueux, nés pour la guerre, mobiles dans leurs résolutions , d'un esprit inconstant , légers et avides de nouveautés : tels étaient les Gaulois. Us s'enorgueillissaient de leurs blessures , comme d'un titre de gloire ; impatients et peu discipUnables , ils attaquaient leurs ennemis et ne les comptaient pas. Rieû n'égalait l'impétuosité de leurs coups , mais ils n'avaient pas