Lear publicalion est due à M. Bréghot
PRIX bu BLÉ. XVI* SIÈCLE. 611
La seconde affiche , postérieure de peu de temps à la première, déterminait le poids précis que devaient peser les pains d'un, de deux , de trois , de cinq et de six deniers, selon la valeur du bicliet de froment, mesure de Lyon; le minimum est de trois gros. La troisième affiche portait la date de 1 566 : elle fixait le minimiun du prix du bichet à cinq sous, ou quatre gros; on lisait au bas de ce placard quelques vers , dont le dernier mérite d*être cité :
Bonne police est cause d^abondance*
Il n'y a rien de remarquable dans le quatrième placard.
Des ordonnances réglementaires de la boulangerie furent rendues en 1539; on peut les lire dans Paradin. Elles déterminent les qualités de pain que les boulangers devaient mettre en vente, la nature de la farine pour chacune , et enfin les prix. La taxe du pain n'importait pas moins dans le seizième siècle qu'aujourd'hui : elle occupait beaucoup la sollicitude du consulat. Il y avait assez fréquemment des disettes , soit par l'insuffisance des moyens d'approvisionnements , soit à la suite de mauvaises récoltes : celle de 1 556 laissa un long souvenir. On eut bientôt épuisé les greniers, de la ville , ceux de la Dombes et ceux de Trévoux , et l'inquiétude devint extrême. Un ordre des conseillers - échevins défendit l'exportation des blés hors de Lyon et de la banlieue ; ce ne fut point un remède pour le mal : en quelques semaines le prix d'un bichet de blé s'éleva de vingt-six sous à trente-cinq , et rien n'annonçait la fin de ce mouvement de hausse. On décida que les boulangers ne feraient plus qu'une quaUté de pain avec la farine dépouillée du gros son , et que ce pain serait vendu six deniers la livre ; on fit mieux encore : le consulat acheta de grandes quantités de blé eu Bourgogne , dans le Dauphiné et à Marseille. La disette cessa.
C'est sur le peuple qu'elle pesait, mais la bourgeoisie toutepuissante ne permettait pas aux classes inférieures de se plaindre : maîtresse de l'autorité, elle imposait silence aux langues assez hardies pour oser gémir sur la misère publique , ou pour censurer l'administration des échevins. Un notaire, Pierre Buyn, avait pris cette liberté ; sa parole énergique s'était fait entendre